POLITIQUE

Interpellation du Gouvernement au sujet des opérations de dragage de sable à Togbin kpevi : Le Gouvernement s’explique par la voix de José Didier Tonato

Trouvant sa source dans la loi fondamentale du 11 Décembre 1990, en ses articles 71 et 113, les membres du Gouvernement et même le président de la République peuvent se trouver interpeller par la Représentation Nationale, l’Assemblée Nationale pour des questions de préoccupations aux yeux des députés. Et le Gouvernement, face à cette interpellation, a l’obligation de venir s’expliquer devant cette Représentation en lui fournissant tous les éléments dont elle aurait besoin pour étouffer et satisfaire sa soif de compréhension d’un événement ou d’une situation donnée. C’est sur la base de cette prérogative que détient l’Assemblée Nationale qu’elle a jugé normal, d’interpeller le Gouvernement et de venir s’expliquer sur des faits dont elle a besoin de comprendre. Et ce que la Représentation Nationale ne comprendrait pas, dans le cas d’espèce, c’est la situation de dragage de sable à Togbin kpevi, dans la commune d’Abomey Calavi, avec à la clé, les énormes plaintes des populations à ce sujet.

Cette interpellation s’est déroulée ce jeudi 16 juin 2022 et c’est la voix du ministre du cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, qui a parlé au nom du Gouvernement, puisque le domaine d’explication concerné, relevant de sa compétence ministérielle. En l’espèce, le dragage de sable dans Togbin kpevi, opéré par une Entreprise, créé de sérieux désagréments et problèmes d’environnement, sur le cadre de vie des populations de cette localité. Conséquences, ils sont totalement mal à l’aise dans leur propre cadre de vie. Il s’agit entre autres des problèmes de dragage de sable au-delà du périmètre attribué par le Ministère de l’Eau et des Mines, le non-respect de la profondeur de dragage, le non-respect de la distance de sécurité de 150 mètres des maisons, la destruction progressive de mangroves, l’effondrement des murs des maisons ; l’émission de bruit à des heures tardives, la non-réalisation des ouvrages socio-communautaires et la dégradation des voies conduisant vers la localité.

LNB

Les réponses du ministre ont été subséquentes et sans équivoques, satisfaisant ainsi les attentes des députés. Avant tout propos concernant les questions à lui posées pour éclairer la lanterne des députés, il a tenu à faire un éclairage sur certains points faisant état du fait que les faits et les plaintes évoqués par les populations de ladite localité, ne relèvent pas tous de son champ d’action et à cet effet, ne sont pas à caractère environnemental. << En effet, il existe des faits qui relèvent plutôt des prérogatives du Ministère de l’Eau et des Mines, notamment le dragage de sable au-delà du périmètre attribué, le non-respect de la profondeur de dragage, le non-respect de la distance de sécurité de 150 mètres des maisons. Pour ces faits, seul ce Ministère connaît et peut vérifier les limites du périmètre attribué à l’entreprise. Il existe également des faits non avérés que les populations n’ont pas pu prouver comme l’effondrement des murs des maisons. Pour les faits restants et qui relèvent de l’environnement, l’Agence Béninoise pour l’Environnement a effectué des inspections environnementales de concert avec la Direction Départementale du Cadre de Vie et du Développement durable de l’Atlantique et du Littoral et l’Inspection Forestière de l’Atlantique et du Littoral. Lesdites inspections ont révélé ce qui suit :
la mangrove qui serait objet de destruction est sur un domaine de 19,6979 ha attribué par le Ministère de l’Eau et des Mines (MEM) à l’entreprise Grâce de Jéhovah pour exercer une activité de dragage du sable ;
aucune coupe des palétuviers n’a été observée dans la portion de la mangrove indiquée par la partie plaignante ;
le dragage du sable trop proche des îlots de palétuviers a occasionné l’affaissement de quelques pieds de palétuviers aux abords des touffes à cause du déséquilibre créé par l’extraction du sable ;
l’Entreprise Grâce de Jéhovah détient un Certificat de Conformité Environnementale (CCE) ;
la dégradation des voies dénoncées ne saurait être attribuée à l’entreprise parce que la voie principale empruntée par les camions se trouve plutôt à Togbin-Daho >>, a souligné José Didier Tonato.
Et face à toute cette problématique, << des instructions fermes ont été données à l’entreprise pour sauvegarder les mangroves car elles constituent une végétation protégée. Ainsi, mon Département ministériel prend avec une grande attention les plaintes des populations de Togbin-Kpèvi et les aspects environnementaux sont rigoureusement suivis >>, va-t-il ajouter.

Aristocrate Goussikindé

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