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Développement de la sous-région ouest-africaine: Les points abordés par Soglo et Obasanjo

L’ancien chef de l’État fédéral du Nigeria, Olusegun Obasanjo et l’ancien chef de l’État du Bénin, Nicephore Soglo se sont reunis hier lundi 27 juillet 2020 à cotonou, pour échanger sur les sujets de grandes préoccupations pour le développement de l’Afrique notamment de la sous-région. À l’issue de cette rencontre, une déclaration conjointe a été rendue publique. Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

Déclaration conjointe de Cotonoudu 27 juillet 2020

Nous devons avant tout propos, avec déférence respect et compassion pour sa famille, rendre un vibrant hommage à son Excellence Benjamin MKAPA, ancien Président de Tanzanie qui nous a quitté le 24 juillet pour aller rejoindre Nelson MANDELA, l’icône de l’Afrique.

Le terrible covid-19 et l’agonie barbare de George FLOYD le 25 mai 2020 à Minneapolis aux Etats-Unis nous ont remis en mémoire l’esclavage antique et médiévale en Europe car aucun pays au monde n’a pu faire l’économie pour son développement de cet abominable et criminel fléau : l’esclavage. Il est basé sur la guerre, la violence, le commerce des armes et de la drogue.

La résonnance de ces horribles événements sur tous les opprimés, hommes, femmes et enfants est planétaire surtout auprès des africains où qu’ils se situent dans le monde.

Aussi, nous :

Olusegun OBASANJO, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria et ancien Président en exercice de la CEDEAO en 1978-1979,
Nicéphore Dieudonné SOGLO, ancien Président de la République du Bénin et Président en exercice de la CEDEAO en 1994 et 1995,

Réunis à Cotonou le 27 juillet 2020 dans le strict respect des gestes barrières préconisés par l’OMS dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, avons décidé de passer en revue les grands sujets de l’intégration de notre sous-région, la CEDEAO, aujourd’hui, en proie à de sérieux défis. Cette séance de travail participe aux mécanismes de suivi périodique des résolutions du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de gouvernements d’Afrique, créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage du vénéré Nelson MANDELA sur les ensembles régionaux du continent en général et de Afrique de l’Ouest en particulier.

Les échanges ont tourné autour de plusieurs points à l’ordre du jour à savoir :

La constitution d’un embryon de l’intégration à travers le quadrilatère Nigeria-Bénin-Togo-Ghana ;

Le salutaire échec de la tentative de démembrement de la fédération du Nigeria lors de l’effroyable guerre de sécession fait de ce pays la locomotive incontestée de la sous-région. Plusieurs généraux et intellectuels africains dont le Président OBASANJO ont été les fers de lance de cette débâcle infligée à l’ennemi. Les performances économiques actuelles du Nigéria et ses plus de 200 millions d’habitants sur un même territoire national sont la preuve et le symbole de l’importance des grands ensembles pour le développement de notre sous-région et de l’Afrique au sud du Sahara. Les conséquences néfastes de l’esclavage d’inspiration aussi bien judéo-chrétiennes qu’arabo-musulmanes ont provoqué d’énormes dégâts sur l’évolution démographique dans cette partie de l’Afrique. cela a été suivi du morcellement des anciens empires et territoires africains, par une colonisation sauvage et l’exploitation ignoble des ressources naturelles avec la complicité du néo colon et ses réseaux locaux.

La constitution d’une armée sous régionale ;

LNB

Tenant grand compte des problèmes d’insécurité récurrents sur nos territoires, il urge de mettre en place une armée sous régionale à vocation continentale pour nous garantir la maîtrise de la Défense de notre sous-région. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la sollicitation d’armées étrangères pour stabiliser nos frontières est à la base des frustrations et des soulèvements auprès de certains citoyens qui n’hésitent d’ailleurs pas à le manifester bruyamment et parfois violemment. Plusieurs événements font régulièrement échos à des collusions possibles entre ces puissances étrangères venues en aide à l’Afrique et des trafics en tous genres.

La définition des grands axes d’intégration notamment l’agriculture et l’énergie ;

Nous constatons hélas l’absence jusque-là des synergies régionales en matière d’agriculture. Chaque pays fait de son programme en faveur des producteurs sa chasse gardée parfois en concurrence avec ses voisins. Cela ne permet pas de faire face aux besoins immédiats des populations dans le domaine de l’autosuffisance alimentaire pendant que les Gouvernements apportent toute leur assistance en priorité aux cultures de rente d’exportation. D’où la concurrence déloyale que subissent nos producteurs de la part des industries alimentaires étrangères fortement subventionnées dans leurs pays d’origine. Le déversement massif sur nos territoires de produits alimentaires en provenance d’autres continents ne favorise pas l’émergence de synergie active entre nos producteurs et les besoins exprimés par nos populations.

Il en est de même de l’énergie considérée comme le maillon le plus faible de tous processus d’industrialisation et de production à grande échelle. Les solutions sous régionales préconisées jusqu’à présent, manquent d’efficience et de vision.

La renaissance culturelle de l’Afrique ;

La déliquescence de nos cultes et cultures endogènes est un grand frein à l’éducation et l’épanouissement de notre jeunesse en quête de repères. Il est inconcevable que nos élèves et étudiants soient plus outillés sur l’histoire de l’holocauste ou du génocide arménien que sur la traite négrière et la colonisation du continent. Les langues, les religions et même la monnaie d’origine étrangère continuent de régenter tous nos actes officiels pendant que nos propres identités sont reléguées au rang de réalités d’emprunt détenues par quelques initiés souvent voués à la marginalisation. L’Afrique aussi a besoin de célébration de ses repères identitaires à l’instar du 10 janvier au Bénin pour les religions d’origine africaine au même titre que les autres croyances et dogmes importées et imposées à nos aïeuls par la force, l’humiliation et le sang.

La définition d’une stratégie commune face à la pandémie du Covid-19 ;

Tout en réaffirmant une adhésion totale aux campagnes en vue de l’observance des gestes barrières et de distanciation dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19, nous recommandons une plus grande collaboration entre les Gouvernements de la CEDEAO en vue de l’élaboration de protocoles de lutte communs.

Quelques autres sujets abordés feront l’objet de propositions et de recommandations du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de gouvernements d’Afrique à l’endroit des Gouvernements afin que les sommets officiels ne suivent pas en vain.

Fait à Cotonou le 27 juillet 2020

Par Son Excellence le Président Olusegun OBASANJO Et,

Son Excellence le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO

 

 

 

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