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Bénin: Patrice Talon et l’opposition divisés sur le contenu du dialogue

Dans le cadre du dialogue annoncé, le chef de l’Etat Patrice Talon a échangé, ce lundi 15 juillet 2019, avec certaines formations politiques en souffrance de personnalité juridique conformément à la nouvelle charte des partis. Mais le Président de la République et l’opposition ne sont pas sur la même longueur d’onde quant au contenu du dialogue en vue.

Au Bénin, le dialogue souhaité par le chef de l’Etat, Patrice Talon se fera uniquement avec les partis politiques qui sont en règle vis-à-vis des textes. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’invitation adressée à onze (11) formations politiques dont les démarches de constitution ou de mise en conformité auprès du Ministère de l’intérieur n’avaient pas abouti. A l’exception du parti Restaurer l’Espoir (RE) de l’ancien Ministre de la défense nationale, Candide Azannaï, dix (10) partis politiques ont répondu favorablement à l’appel.

Conformément aux nouvelles lois électorales, seuls les partis de la mouvance tels que l’Union Progressiste (Up) et le Bloc Républicain (Br) ont aujourd’hui une existence légale. Selon Gilbert Kouéssi, membre du bureau politique du Parti Communiste du Bénin (Pcb) et participant à cette rencontre , «si on veut suivre la loi, aucun autre parti politique n’a d’existence légale à part les deux partis du chef de l’Etat et ceux qui sont proches de lui». C’est ce qu’il veut régler, dira-t-il, en initiant cette concertation. «Il a dit qu’il fera en sorte que tous les partis qu’il a convoqués soient légalisés puisque le dialogue qu’il veut engager se fera uniquement avec ces partis», a-t-il souligné.

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Comme ils avaient annoncé avant cette rencontre, les partis de l’opposition ont effectivement saisi l’occasion pour réitérer au chef de l’Etat, les préalables indispensables à un dialogue sincère et inclusif. Il s’agit de la reprise des élections législatives d’avril dernier marquées par l’absence de tous les partis de l’opposition ; du retour des exilés politiques ; de la libération des détenus politiques ; de la suppression des lois «crisogènes» de même que la restitution des corps des personnes décédées lors des violences postélectorales enregistrées à Cotonou et dans d’autres villes du Bénin. Mais, à en croire, Gilbert Kouéssi, le dialogue politique dont parle le Président de la République portera uniquement sur la révision de la charte des partis et du code électoral. «Nos préalables ne sont pas les problèmes du chef de l’Etat. Nous lui avons signifié notre désaccord total par rapport à ce point de vue parce que le pays est en crise», a-t-il fait savoir. Et de poursuivre : «le pays ne peut pas sortir de la crise en réunissant les partis politiques pour discuter de la charte des partis et du code électoral».

Il persiste et signe que la participation de l’opposition à un dialogue avec le pouvoir est conditionnée par la satisfaction de ces revendications.

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