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RENFORCEMENT DE CAPACITÉS : La grande floraison de partis politiques au Gabon tue la démocratie

C’est l’un des enseignements de l’atelier de formation des acteurs électoraux non-institutionnels au Gabon qui s’est achevé hier à Libreville. Ouvert le 25 octobre, cet atelier de renforcement de capacités des représentants des partis politiques et de la société civile s’est refermé sur une note de satisfaction totale après cinq jours de travaux. Ainsi, la trop grande floraison de partis politiques entraverait la démocratie dans notre pays.

Les participants ont été édifiés sur les thématiques clés du processus électoral. En mettant un accent sur le cas Gabon, les experts ont démontré qu’un grand nombre de partis politiques est nocif pour la bonne marche de la démocratie. Au Gabon, il existe environ 76 partis politiques d’après les données recueillies auprès du ministère de l’intérieur. Soit un ratio de 19 738 habitants pour un parti. C’est assez révélateur lorsqu’on sait qu’il faut 3500 signatures pour la création d’une structure de ce type.

Ceux-ci connaissent de nombreuses difficultés dans leur fonctionnement car ne disposant pas de réelles structurations. La loi qui les régis est rigide notamment pour leur mode de financement. Tous les partis ne bénéficient pas de subventions de l’Etat et malheureusement, il leur est interdit de recevoir des donations venant de l’étranger. La communication en période électorale a été également vue comme une entrave à la démocratie lorsqu’il n’y a pas un accès équitable aux médias…

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Pendant des débats qui se sont révélés houleux, les participants ont formulé de nombreuses recommandations pour améliorer le climat des élections dans notre pays. Ils ont entre autres proposé que le mode de gestion des élections soit revu de façon à privilégier la notion d’indépendance de l’organe de gestion, la réglementation de la période de pré-campagne, la levée de certaines interdictions qui empêchent les partis politiques de se déployer librement sur le terrain.

À ce propos, Dieu Donné Koumba-N’zahou du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM, opposition) a révélé que son parti ne peut se déployer sur le terrain à cause des différentes lois qui limitent la liberté de rassemblement. « Si les partis doivent vivre, c’est en menant des actions et non en se confinant dans des lieux restreints avec peu de militants » a-t-il argué. L’intégration des représentants de la société civile dans le Centre gabonais des élections (CGE) est également l’une des recommandations fortes de cet atelier car le rôle de cette composante est d’observer, sensibiliser et faire de la médiation dans le processus électoral.

Le Projet d’Appui au Dialogue Démocratique au Gabon (PADD) prévoit in fine un atelier pour la fin du mois de novembre 2019. Banse Martin, responsable administratif et financier du PADD précise à cet effet que l’occasion va être donnée au cours de cette réunion de regrouper les acteurs institutionnels et non institutionnels pour une restitution.

Source : Info241.com

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