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L’opposition coincée dans la glace du parrainage

Présidentielles de 2021 au Bénin

L’opposition coincée dans la glace du parrainage

A l’évocation du mot ‘’Parrainage’’, l’opposition béninoise panique comme une troupe surprise par les raids d’un drone. Ce comportement est démonstratif de la peur d’expérimenter une nouveauté. En réalité, cette disposition de l’actuel code électoral n’a rien d’incendiaire pour notre démocratie comme l’affirment certains. Résultant d’une réforme du système partisan, le parrainage est un principe, un peu comme les primaires dans de nombreuses démocraties du monde. Si ce n’est plus à discuter en France, au Sénégal et ailleurs, au Bénin c’est le dernier feuilleton en vogue dans l’opposition.

Portée dans son élan par certaines organisations de la société civile, l’opposition a investi le terrain en cette veille d’élection en brandissant ce qu’elle qualifie de cocktail «essentiellement crisogène  et potentiellement déclencheur de violences lors de la présidentielle de 2021». Cette définition lunatique du parrainage, est de nature a volontairement réchauffé l’environnement politique au Bénin. Ils espèrent donc pour les prochaines présidentielles, « la suppression urgente du parrainage. »

Le défaut de « consensus national », à qui la faute ?

LNB

Tout le monde est coupable. D’abord et surtout, l’opposition. Elle a pendant trop longtemps ignorer son rôle en démocratie. Elle ne s’est pas remaniée pour voir venir le danger. Les tristes événements des dernières législatives portent les gênes de ce divorce. Devant le dur pépin de la réalité, l’opposition n’a pensé qu’aux intérêts personnels à divers niveaux, oubliant l’essentiel : la présidentielle de 2021. Rattrapée par la pieuvre, elle clame l’absence de consensus populaire pour couvrir ses péchés. En vérité, c’est peut-être bien tard maintenant car encres et salives auraient dus couler plus tôt à ce propos. Et un vrai débat de société aurait donc précédé l’adoption de cette loi. Décoiffés et supplantés par la mouvance, les partis politiques de l’opposition sont atteints de calvitie précoce cherchent aujourd’hui, casquette pour leurs têtes dans ce timing serré des prochaines élections présidentielles.

Maintenant que le vin est tiré, il faut le boire jusqu’à la lie. Partant du principe que nous voulons des élections sans érection de violence, l’opposition doit se conformer en tous points aux nouvelles dispositions électorales. Depuis la promulgation de la loi, les potentiels candidats à l’élection présidentielle de 2021 savent désormais qu’ils devront se faire parrainer par des élus. L’opposition doit  négocier auprès notamment de l’Union Progressiste (UP) et du Bloc Républicain (BR), un accord de parrainage. Ce faisant, elle pourrait décrocher le précieux sésame auprès des 83 députés issus des législatives d’avril 2019 et des 77 maires désignés et installés à la suite des élections communales de mai 2020.

Malgré son cri d’alarme, l’opposition a les poings et les pieds liés dans la glace du parrainage.

 

Charles Christel ADOMASSE

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