Du 9 au 15 novembre 2026, Cotonou accueillera la 20e édition du Festival SICA, qui marque également le jubilé d’argent de cette plateforme de promotion des cultures africaines. Vingt-cinq ans après sa création, le rendez-vous entend célébrer la diversité artistique du continent, tout en ouvrant de nouvelles perspectives aux acteurs culturels.
Cotonou s’apprête à vivre sept jours au rythme de la diversité culturelle africaine. À quelques jours du lancement des festivités, les responsables du Festival SICA ont dévoilé, le jeudi 5 novembre 2026, les grandes lignes de cette édition anniversaire, au cours d’une conférence de presse organisée dans la salle de réunion du Conseil national de l’Organisation des artistes du Bénin (CNOA), ex Ciné-Vog.
Face aux professionnels des médias, Ali Wassi Sissy, président des Golden International SICA, était entouré de Honoré Amoussou, coordonnateur général des Trophées SICA, de Serge José Amessan, maître de cérémonie principal, et de Moustapha Ahounou, président du comité scientifique. Tous ont présenté les ambitions d’un événement placé sous le thème : « Héritage et Innovation : Perspectives et Avantages ».
Cette 20e édition ne constitue pas un rendez-vous ordinaire. Elle symbolise 25 années d’engagement en faveur de la valorisation des expressions artistiques africaines et du rapprochement des peuples par la culture.
Pour donner à ce jubilé une dimension à la hauteur de son histoire, les organisateurs annoncent la participation de 26 pays et de plus d’une centaine d’artistes issus des musiques afro-ethniques et urbaines. Des plasticiens venus de plusieurs horizons, notamment d’Afrique, d’Europe et d’Asie, sont également attendus.
Pendant une semaine, la métropole béninoise ambitionne ainsi de devenir un véritable carrefour des cultures du continent. « Pendant sept jours, Cotonou sera la capitale de l’intégration culturelle africaine », a affirmé avec fierté Ali Wassi Sissy.
Au-delà des spectacles et des distinctions, le programme fait une place importante à la formation, au partage d’expériences et à l’innovation. Ateliers, colloques, conférences et master class viendront enrichir cette édition, avec l’ambition de renforcer les compétences et les opportunités professionnelles des acteurs culturels.
Les activités artistiques débuteront dès le 6 novembre avec des résidences d’arts plastiques réunissant des créateurs africains et internationaux, dont un artiste sud-coréen.
Plusieurs disciplines seront également à l’honneur. Le styliste Lolo Andoche animera un master class consacré à la mode, tandis que le réalisateur Ignace Yèchenou interviendra sur le cinéma. L’intelligence artificielle ne sera pas en reste : un expert togolais apportera un éclairage sur son influence croissante dans la création musicale.
Un choix qui traduit la volonté des organisateurs de ne pas limiter la célébration du patrimoine à la préservation des acquis, mais de l’inscrire dans les mutations qui transforment aujourd’hui les industries culturelles et créatives.
La mémoire occupera également une place particulière dans cette célébration. Une soirée d’hommages est annoncée pour le mercredi 11 novembre, en souvenir de grandes personnalités disparues ayant contribué au rayonnement de la musique et de la culture africaines.
Jacob Desvarieux, Boncana Maïga et Joseph Kpobly figurent notamment parmi les artistes et acteurs culturels auxquels les organisateurs souhaitent rendre hommage. Une manière de rappeler que les dynamiques culturelles actuelles s’inscrivent dans un héritage façonné par plusieurs générations de créateurs.
L’ambition panafricaine des SICA se reflète dans la diversité des délégations annoncées. Afrique du Sud, Égypte, Sénégal, Zimbabwe, Guinée équatoriale, Nigéria, Cameroun, Ghana, Tchad, Togo, Congo, Turquie et Bénin figurent notamment parmi les pays représentés.
La mode aura également son espace d’expression avec le lancement de « SICA Fashion Show », un défilé international destiné à mettre en lumière les talents, les savoir-faire et la créativité des professionnels du secteur.
Revenant sur le parcours des SICA, les responsables ont insisté sur la contribution de cette plateforme à la visibilité des artistes africains, particulièrement ceux évoluant dans les registres afro-ethniques et les musiques d’inspiration traditionnelle.
Au fil des éditions, plusieurs figures de premier plan ont marqué cette scène, parmi lesquelles Angélique Kidjo, Elvis Kémayo, Monique Séka, Mory Kanté, Kaysha, Zeynab, Gnonnas Pedro, Richard Flash et Claudy Siar.
Pour les organisateurs, les SICA ne se résument pas à une cérémonie de récompenses. Les formations, les rencontres professionnelles, les masters class et les espaces de réseautage constituent autant de leviers pour accompagner les carrières et favoriser les échanges entre les acteurs culturels du continent.
Un bilan que ce jubilé entend mettre en perspective, tout en posant la question de la pérennisation des acquis et du renouvellement des mécanismes de promotion des industries culturelles africaines.
Les activités se dérouleront principalement au siège du CNOA, sur le site de l’ex-Ciné Vog, où sont annoncés ateliers, conférences, communications et vernissages. Le point d’orgue est prévu le samedi 15 novembre au Palais des Congrès de Cotonou, à l’occasion de la grande soirée de clôture et de remise des distinctions de cette 20e édition.
L’événement sera également une vitrine pour la destination Bénin. Des circuits touristiques à Ouidah et à Porto-Novo sont prévus au profit des délégations étrangères, afin de leur faire découvrir les richesses historiques, culturelles et patrimoniales du pays.
Vingt-cinq ans après ses premiers pas, le Festival SICA joue donc une nouvelle partition à Cotonou. Entre célébration du patrimoine, découverte de nouveaux talents et ouverture aux innovations, ce jubilé d’argent entend démontrer que la culture africaine ne doit pas seulement se raconter à travers son passé : elle doit aussi se donner les moyens de construire son avenir.
Mesmin AFANOU
