A LA UNESOCIETE

Culture au Bénin : Une statue en hommage à la Reine Tassi Hangbé

Sur une initiative du Président de la République, Patrice Talon, une imposante statue de la Reine Tassi Hangbé est en construction dans les aloutours du palais de la Marina, à Cotonou. La Reine des Amazones sera érigée sur le site du mémorial de la reconciliation, site situé derrière la présidente de la République.

La Reine Tassi Hangbé, peu connue dans ce qu’elle a eu à faire et à laisser comme actions, dans l’histoire de la royauté au Bénin, elle a été largement effacée de l’histoire officielle du Dahomey. La plupart des connaissances ont été divulguées à travers différentes histoires orales. Elle sera désormais connue de tous, à travers cette statue d’elle.

Soeur jumelle au Roi Akaba, Tassi Hangbé fut la seule femme à avoir régné sur le Dahomey, au XVIII eme siècle. Elle a régné de 1708 à 1711, soit 3 ans de règne. Elle accède au trône après la mort de son frère Akaba. Son frère mourant, elle décide de se faire passer pour lui en prenant la tête des armées. Pour laisser un vibrant honneur à son frère jumeau, elle a pris l’initiative de poursuivre avec succès les guerres d’Akaba contre les Oyo et les Ouemenou aux côtés de femmes guerrières. Ainsi, elle a été à la source du la toute première armée et force militaire et Professionnelle des Amazones, femmes guerrières se distinguant par leur courage et leur froide détermination.

LNB

Rentrée victorieuse à Abomey, Tassi Hangbé prend les rênes du royaume en attendant la majorité du fils d’Akaba. Femme battante, elle va favoriser le développement de l’agriculture, de la chasse et encourage l’accès des femmes aux métiers réservés aux hommes en vue de promouvoir la place de cette dernière dans la société. Elle mit en place un conseil en charge de penser à des stratégies dans ce sens. Il fut notamment demandé aux femmes d’apprendre les métiers de tisserand, vannerie, forge, poterie qui autrefois, qui étaient là chose exclusive des hommes afin de leur permettre d’être capable d’agir à arme égale et de s’émanciper.
<<Nous sommes des hommes, non des femmes. Celles qui rentrent de la guerre sans avoir conquis doivent mourir. Si nous battons en retraite, notre vie est à la merci du roi >>, scandaient comme chanson de guerre, Tassi Hangbé et sa troupe de guerrière.

Hélas, son état de femme ne plaisait pas à tout le monde, ses réalisations forçant respect et admiration. Après trois ans de règne, il y eut conspiration, avec pour principal acteur, son frère Dossou, afin de l’évincer du trône à son profit. Cette reine de caractère bien particulier, n’était pas du goût de la noblesse en place. Ainsi, des complots seront élaborés et mis en exécution au sein du royaume pour conduire au meurtre de son fils, l’unique qui lui restait d’ailleurs, après que tous les aînés de ce dernier furent eux aussi décédés.
Dépassée, elle finira par cèder le pouvoir à cet frère cadet Dossou, qui prendra le nom de Agadja.
Son trône à Abomey continue à être occupé aujourd’hui par une femme, il faut le rappeler, même si cette dernière a été oubliée. Et l’érection d’une statue en hommage à Tassi Hangbé, vu son parcours et ce que cette brave et guerrière femme a été dans ce pays, ne serait qu’un début de réhabilitation de sa mémoire et de son histoire en restitution de tout ce qu’elle a eu à poser comme acte et à apporté pour le royaume de d’Abomey.

Aristocrate Goussikindé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité