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Communauté musulmane de la ville de Porto-Novo : Jalal Dine Agnidé, Alfa Agba (Désigné comme le plus grand Alfa, il a été turbanisé le samedi 1er février à Porto-Novo)

Le samedi 1er février 2025 a eu lieu dans la majestueuse salle du Panthéon africain de Porto-Novo, la cérémonie de turbanisation de l’imam Jalal dine Agnidé au titre de Alfa Agba (plus grand Alfa) de la ville de Porto-Novo. C’était en présence de nombreux fidèles musulmans et surtout des dignitaires de la communauté musulmane de la ville aux trois noms : Ajatchê, Hogbonou et Porto-Novo. On notait remarquablement la présence du Président des sages et premier haut dignitaire musulman de Porto-Novo, Kamar dîne II, son Éminence Karim Urbain Da Silva, l’imam de la mosquée centrale de Djaguidi, Président du CCMP (Conseil de la communauté musulmane de Porto-Novo), son éminence Amadou Soubérou Landou, l’imam Gangbo, Alfa Tewssir (Alfa chargé des prêches) de la mosquée centrale de Porto-Novo et plusieurs autres Alfas et Imams.
L’Imam Jalal Dine remplace à cet important poste de Alfa Agba, l’Imam Hamidou Igbayilola décédé il y’a plus d’un an. Il faut souligner que le papa de l’Imam Jalal Dine fut aussi un grand Imam de la communauté musulmane et qu’il a été aussi à ce poste très envié de Alfa Agba. Il faut souligner aussi qu’en cas d’absence de l’Imam centrale, c’est l’Alfa Agba qui officie.
Rappelons avec insistance que pour être éligible à ce prestigieux poste, il faut non seulement disposer de la compétence coranique et islamique mais il faut aussi de l’expérience et une connaissance du milieu. L’Imam Jalal Dine Agnidé remplit bien ces critères selon des sources bien renseignées. Il est Imam de la grande mosquée Marquaz de Attakê et il est aussi dans le bureau du Conseil de la Communauté musulmane de Porto-Novo (CCMP) en tant que porte-parole. Le CCMP, disons-le, est une structure qui vise trois objectifs à savoir :
– Premièrement, participer à la diffusion des textes de loi et règlements ayant des incidences sur la vie religieuse des musulmans à Porto-Novo et au Bénin ;
– Le deuxième objectif, constituer un cadre de concertation permanent de vie en communauté ;
– Et le troisième objectif, veiller strictement à la morale et à l’éthique prônées par le saint coran et la Sounna du prophète.

La mosquée centrale de la ville de Porto-Novo.
Peu après son arrivée sur le trône en 1848, le roi Sodji devant la multiplicité des groupements de musulmans dans la ville, désigna un Imam comme chef spirituel unique de toute la communauté et lui attribua, à proximité du palais royal, un terrain pour la construction d’une mosquée pouvant regrouper les croyants musulmans.
Une première mosquée fut édifiée sur ce site vers 1880. Son voisinage dans ce centre commercial avec les compagnies anglaises John Holt et John Walkden fut une des causes de sa reconstruction sur un autre site : les employés européens de ces maisons de commerce se plaignirent au roi de la grande gêne que leur causaient les appels du muezzin et sollicitèrent le déplacement de la mosquée. Mais, la construction d’une nouvelle mosquée plus grandiose, pour répondre à l’attente des fidèles musulmans de plus en plus nombreux, était déjà envisagée par la communauté musulmane. Celle-ci ne consentait pas pour autant à détruire l’ancienne. Elle ne se résolut à sa démolition qu’à cause des travaux d’ouverture de voies projetés par les autorités coloniales dans la zone en 1910 : la mosquée était sur l’emprise de l’une de ces voies.
Ceci hâta le démarrage des travaux de construction de la nouvelle mosquée centrale sur un terrain, don d’un Afro-Brésilien, qui jouxtait le marché central par le nord.
Les influences sur l’architecture à Porto-Novo sont de deux ordres : l’influence européenne transmise à travers les villas de fonction des cadres de l’administration coloniale et, plus ancienne, typique et significative de cette époque, l’influence afro-brésilienne véhiculée par les esclaves affranchis et revenus du Brésil, et les descendants de la communauté portugaise.
Leur volonté affirmée de vivre comme leurs anciens maîtres, leur statut d’intermédiaires et d’interprètes de la puissance coloniale en ont fait des modèles pour ceux qui voulaient faire montre d’une certaine richesse.
De toutes les capitales de la traite sur la cote du Bénin, Porto-Novo est la plus influencée par l’Islam dont l’essor est associé à celui du commerce. En effet, bien que fondamentalement animiste, la population a été en contact avec l’Islam bien avant le XIXe siècle par le biais des marchands islamisés d’origine haoussa et yoruba venant du Nigéria.
Aussi son implantation comme nouvelle religion vers le milieu de ce siècle au sein de la population, grâce à l’importance grandissante de ces communautés, se fera-t-elle avec moins de heurts et de frictions avec les prêtres animistes qu’à l’heure du christianisme.
Avant l’établissement du projet définitif, une délégation fut envoyée à Lagos pour visiter la principale mosquée de cette ville. Ainsi, comme celui de Lagos, le nouvel édifice porte la marque de l’architecture brésilienne en particulier de celle des églises de San Salvador de Bahia.

Mesmin Afanou