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Déclarations de MOUKARAM A.M. BADAROU: «Talon fait des merveilles pour le pays… l’opposition n’est pas à la hauteur…»

 

 

Les invités se bousculent aux portes de la rubrique « Sous L’Arbre à Palabre » de L’Evénement Précis. Après le député du parti Bloc Républicain, Assan Seibou, c’est son confrère de la mouvance présidentielle et membre de l’Union Progressiste, Moukaram Badarou, qui s’est prêté aux questions des journalistes, en ce début d’année. La présidentielle d’avril prochain, l’application de la loi sur le parrainage, la posture de l’Opposition après le rejet de la candidature de ses alliés à la présidentielle d’avril prochain, l’agression de l’ancien ministre Galiou Soglo, sont entre autres sujets qui ont meublé les échanges de cette rencontre à bâtons rompus avec l’ancien Préfet des départements de l’Ouémé-Plateau, dans la rubrique phare de L’Evénement Précis.

Comment vous sentez-vous à la veille de la présidentielle de 2021 ?

Je me sens très bien. Je me sens comme dans la peau d’un combattant, dans la peau d’un citoyen, d’un acteur politique, dans la peau de quelqu’un qui rêve pour son pays avec beaucoup d’hommages aux pères fondateurs de notre indépendance, de notre renouveau démocratique, et pour tout le travail qui doit être fait pour pérenniser ce qui se fait actuellement. Nous sommes à la veille d’une élection capitale. Le 11 avril, notre peuple se rendra une septième fois aux urnes pour élire celui qui présidera aux destinées de notre pays. C’est pour cette raison que ça bouge dans toutes les chapelles politiques du pays et c’est bien parce que nous sommes dans un pays de démocratie. C’est avec sérénité que nous nous préparons à notre niveau pour aborder ces échéances.

Inscrivez-vous l’agression de Galiou Soglo au rang des crimes politiques ?

Il n’y a plus de crimes politiques dans notre pays. Il faut se rendre dans certains pays pour se rendre compte de ce que c’est qu’un crime politique. Nous avons eu la chance ou la malchance de vivre dans des pays comme le Congo Brazzaville et le Congo Kinshasa et nous avons une idée très forte de ce que c’est qu’un crime politique. Même dans la période révolutionnaire nous devons nous remercier de ce qui s’est fait puisqu’on a vu pendant cette période de parti unique, ce qui s’est passé dans d’autres pays. Et depuis l’avènement du Renouveau Démocratique, nous sommes à l’abri de tout ceci. Je dis ma compassion à Galiou Soglo, à son frère Lehady et à ses parents. Ce qui est arrivé à Galiou Soglo arrive parfois à un certain nombre de nos compatriotes. Il faut attendre que la Police Républicaine et les instances légales puissent élucider ce qui s’est réellement passé. En attendant, il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui avancent des mots et phrases concernant Galiou Soglo.

L’intéressé même évoque qu’il se rendait dans sa ferme et que c’est en forçant un barrage que le drame est survenu. Pensez-vous que c’est un braquage ou une agression politique ?

Quand chacun sort et revient, Dieu seul sait ce que chacun fait. Quand vous êtes d’une qualité sociale donnée, d’un nom donné ou d’un statut donné, cela traduit beaucoup de choses au plan de la responsabilité. Et comme je le disais, la Police Républicaine s’est chargée du dossier et nous avons confiance en cette police qui arrive à bout de ses analyses judiciaires, de ses enquêtes. Je voudrais encore une fois faire confiance en notre Police Républicaine. J’avance prudemment. Il est très facile de parler d’agression politique ou d’avancer des termes forts et peut-être qu’il n’en est rien si ce n’est pas du banditisme ou de la voyoucratie ordinaire. Dans l’un et l’autre des cas, ceux qui sont assermentés et qui n’ont rien à cacher, travaillent déjà sur le dossier et vont éclairer la lanterne de chacun, d’ici à là. En attendant, c’est de souhaiter un prompt rétablissement à notre compatriote Galiou Soglo et dire toute notre compassion à sa famille.

Nous sommes à deux mois des élections du 11 avril. Pensez-vous que c’est un scrutin inclusif ?

C’est un scrutin inclusif puisque tout se fait selon les lois et règlements de la République. Nous avons assisté au dépôt de 20 dossiers de candidature et c’est déjà inclusif. On a vu des gens passer à la CENA pour faire du buzz. On parle d’une élection présidentielle, c’est-à-dire de celui qui aura l’onction non seulement populaire, mais aussi divine de présider aux destinées de notre pays. Celui-là ne devrait pas être le fruit du hasard, il doit être quelqu’un qui devrait se préparer à assumer la fonction. Certains que j’ai vu passer à la CENA pouvaient nous faire économie de cela. Il y a des endroits indiqués pour faire des réclamations politiques. Ce n’est pas le jour du dépôt des dossiers qu’il faut faire des revendications. On peut le faire au moment où la loi a été engagée. Je prends l’exemple de la loi Schengen en France ou la loi sur le pacs. Jusqu’à la veille du vote de cette loi, c’est tout l’Etat qui était ébranlé. Les sondages donnaient 51 et 49%. Dès que la loi est passée à 51%, chacun s’est mis aux pas. Si nous voulons copier, copions réellement et totalement. Une fois qu’une loi est votée, sa constitutionnalité vérifiée, promulguée par le Chef de l’Etat, elle devient une loi qui s’applique à tous. On peut se battre pour chercher à corriger la loi au niveau politique. Mais, ce n’est pas le jour du dépôt des dossiers de candidature à l’élection présidentielle qu’on viendra faire des réclamations farfelues.

N’avez-vous pas peur pour votre candidat ?

Non. On n’a pas peur. Je peux vous affirmer que le travail a été fait au peigne fin. J’appartiens à l’Union Progressiste qui répond aux nouvelles normes votées à l’Assemblée nationale qui exigent le regroupement de plusieurs partis politiques, de plusieurs mouvements et personnalités de notre pays. Nous appartenons à la mouvance présidentielle et au regard du travail qui se fait, l’aveugle est tenté de vous dire qu’il voit et le sourd, qu’il entend. Tout au moins, le sourd constate qu’il y a moins de coupure d’électricité dans sa maison. Un enfant qui va à l’école constate aujourd’hui qu’il a une année scolaire pleine. Si quelqu’un avait un problème au niveau de la justice, il constate aujourd’hui que cela ne s’aggrave pas du fait des grèves intempestives. Si aujourd’hui un parent va au Cnhu, il constate la présence des médecins, même si à ce niveau, je peux constater des poches de résistance. C’est un travail sérieux qui se fait dans le pays. Gérer un pays, ce n’est pas gérer la boutique de la maman ou de la grand-mère. C’est gérer les institutions, gérer les hommes. Au regard de tout ce qui se fait, nous avons porté notre choix sur Patrice Talon pour être candidat à sa réélection pour les 05 prochaines années à la tête de notre pays. Nous n’avons pas peur.

Sur les 20 candidatures, seulement 3 duos ont pu réunir les pièces nécessaires. N’est-ce pas une manœuvre pour empêcher l’opposition de battre le candidat Talon ?

Au regard de ce qui est, Patrice Talon lui-même a eu 118 parrains et ceux qui s’annoncent au niveau des FCBE avec près de 20 parrains. Et vous avez vu le cafouillage, le méli-mélo qu’il y a eu au sein de l’opposition. Moi j’ai été opposant une fois dans ce pays. Nous avons porté la parole de l’opposition dans ce pays et nous nous sommes battus dans ce pays au titre de l’opposition. Donc on est en mesure d’apprécier ce qui se fait aujourd’hui par nos amis de l’opposition et nous constatons qu’il y a trop de distraction, trop de complaisance et de paresse politique au niveau de ce qu’il y a aujourd’hui comme opposition dans le pays. L’opposition est un gouvernement aussi, sauf qu’elle est de l’autre côté. Vous vous préparez à venir prendre fonction. C’est-à-dire que vos avis comptent au niveau de l’économie, de l’ensemble sectoriel des affaires de l’Etat. Vous devez être présents en position de dire ce que fait le gouvernement est bien, mais il faut faire mieux. C’est ça être un opposant. Vous avez entendu certains dire qu’ils ne demanderont pas de parrainage, d’autres dire qu’on en a voulu, mais ils n’ont pas le courage de nous l’accorder. Ils ont peur. C’est du cafouillage. Quand je prends Les Démocrates, on a eu sept personnalités de ce parti dans cette activité aujourd’hui. Moïse Kérékou, Bio Sawé et son colistier, Corentin Kohoué, Irénée Agossa, Réckya Madougou et Patrick Djivo sont tous des Démocrates. Ils sont tous mes amis, on se connait. Mais ça c’est un constat. Au niveau d’un parti qui veut prendre le pouvoir, le minimum c’est la posture de plus du sérieux que ce qu’on a. Il ne faut pas prendre les Béninois pour des briques de 15.

Votre frère Joël Aïvo aussi tient le même discours. Qu’en dites-vous ?

Moi je ne veux pas parler des individualités, mais de ce qui se passe dans l’opposition. Je parle des responsables du parti les Démocrates. Joël Aïvo n’est pas du parti les Démocrates, il n’a pas de parti. Mais il est aussi de l’opposition. Je parle de cafouillage en disant ceci : quand l’opposition dit qu’il faut absolument appliquer une soi-disant décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, j’appelle ça comme ça, parce que notre pays est un pays souverain et toute décision supra doit en tenir compte. J’ai parlé tantôt de nos pères fondateurs. Quand on demande d’appliquer dans ces conditions, les décisions de la Cour africaine, ça veut dire que depuis que la Constitution révisée est là et toutes les décisions qui en sont issues, qu’est-ce qu’on en fait ? Est-ce que l’Assemblée nationale du Bénin n’est pas souveraine ? Est-ce que la révision de la Constitution n’a pas respecté les différentes étapes qu’il faut. Et quand on dit ça, vous êtes candidat en appliquant une partie de la Constitution et du Code électoral, c’est-à-dire que vous venez en duo, mais au même moment vous dites que vous contestez la Constitution. Vous dites qu’il faut installer le nouveau président le 6 avril, mais au même moment vous êtes candidat à une élection dont le corps électoral est convoqué pour le 11 avril. Puisque s’il faut installer le président le 6 avril, il faut avoir un premier et un deuxième tour éventuellement bien avant. Mais c’est de l’incohérence politique. Moi dans une opposition, je me serais arrangé pour ne pas être dans une telle posture. Etre opposant, c’est faire du sérieux et vous vous préparez à prendre la place de celui qui est en fonction. Donc vous vous préparez dans toutes ces dimensions.

Voulez-vous dire qu’il n’y a rien en face ?

Je suis tenté de le dire aujourd’hui, et croyez-moi sur parole, je vous parle avec beaucoup de conviction. Au lendemain des années 1990, nous avons eu le Président Soglo, ancien Directeur exécutif de la Banque Mondiale, premier ministre qui a fait ses preuves. Il a sorti notre pays de l’ornière. Ceux qui ont vécu 1988-1989 peuvent savoir de quoi je parle. Il prend le pouvoir en 1991, mais il avait en face le Professeur Tévoédjrè, ancien Directeur adjoint du BIT. Donc, une personnalité forte aussi. Il y avait à l’époque un journal appelé, Le Bâtisseur. Chaque jour que Dieu faisait, tout ce que faisait le Gouvernement Soglo était défait avec des propositions. Dieu merci, il y en a parmi eux qui ne sont pas encore morts. Je parle de Gratien et Alfred Pognon, Gnonlonfoun et j’en passe. Voilà ce qu’on avait au cours de la première mandature 1991-1996. Puis, vient le Président Kérékou où le Président Adrien Houngbédji devient opposant. Vous savez aussi les prouesses du Parti du Renouveau Démocratiques à l’époque. Quand vous prenez ce qui est là aujourd’hui avec tout ce que le Président Talon est en train de faire, on peut apprécier au moins ce qui se fait, puisque désormais, le coton est passé à 700 mille tonnes. On était à 350 mille tonnes. Les Burkinabè nous avaient insultés ici disant que le Bénin cultive le coton à la télévision. Aujourd’hui, nous sommes à près de 60% d’indépendance énergétique. Aujourd’hui, on n’a plus de coupure intempestive du courant. S’il n’y a pas le courant, sachez qu’ils ont un problème technique quelque part. Aujourd’hui, dans le domaine de l’agriculture, ce n’est plus que le coton. C’est aussi le riz, l’ananas etc. On a un gouvernement soudé et des formations politiques soutenant les actions du Chef de l’Etat soudées également. Mais pour faire face à ça, il faut que vous aussi vous soyez sérieux ou tout au moins que vous fassiez presque la même chose. L’opposition d’aujourd’hui n’est pas à la hauteur. Ce n’est pas une question de sentiment. J’ai plein d’amis parmi ceux que je viens de citer. Aïvo, c’est mon frère et ami, Kohoué, c’est mon frère, Irénée Agossa aussi, Réckya Madougou, c’est ma sœur. Donc pour la plupart, ce sont mes frères et amis. Mais quand il s’agit de la République, il faut plus du sérieux et d’abnégation.

Comment quelqu’un comme Aïvo peut-il arriver à ce que vous appelez de l’incohérence ?

Il n’y a qu’une seule chose. C’est le constat. J’ai fait malheureusement le constat de ce qu’il y a de l’incohérence au niveau des positions de l’opposition. Je viens de vous démontrer le pourquoi. Le pourquoi, c’est quand on respecte en partie une loi électorale. Il y a incohérence. Une loi est entière.

Est-ce que derrière ça, il n’y a pas une volonté de semer le désordre pour créer une nouvelle République ?

Vous savez, quand vous êtes avec un homme politique, soyez sur le qui-vive. En politique, l’homme politique peut vous dire que le verre est à moitié plein ou à moitié vide. Il ne leur a pas menti, mais il peut orienter le débat ou les faits autrement contre sa propre déclaration. Ces derniers temps, vous avez vu de hauts juristes, mais qui ont parlé plus politique que du droit. On a méconnu un certain nombre de personnalités. Quand on dit par exemple qu’il y aura un vide juridique à partir du 6 avril prochain, on fait la politique. On ne dit pas le droit. Ils ont parlé de vide. On n’a pas besoin d’être un juriste pour le savoir. Et en matière juridique, quand on dit qu’il y a vide juridique, c’est que rien n’est prévu. Et ça on n’a pas besoin d’être un licencié ou un docteur en droit pour le savoir. Que personne ne vienne vous influencer. Dites-lui non. Tous autant que nous sommes, nous avions dénoncé dans ce même pays le coût moral, matériel et financier de nos élections. Chaque un an et demi presque, on est en élection. Comment faire pour regrouper les élections ? C’est désormais fait. On aura une année électorale dès 2026. Pour y arriver, il fallait faire des analyses intellectuelles et politiques. C’est tout ça qui est mis ensemble dans la Constitution révisée. C’est pour ça que les prochains députés de 2023 feront trois ans. Les conseillers communaux qui sont là, ils ont 6 ans à faire. Et il est précisé désormais à quel moment on installe le nouveau Chef de l’Etat : le troisième dimanche du mois de mai. Et face à toutes ces précisions, la Constitution qui couvre notre pays dit dans sa phase transitoire que le Président en exercice reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau Président. Ça veut dire que la période est couverte. Ce qui veut dire qu’il n’y aura pas de vide. Si rien n’avait été prévu, là d’accord. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Holo a dit qu’on peut toutefois voter une loi dérogatoire sur le parrainage. Qu’en dites-vous ?

On n’en est qu’à des propositions. Le Professeur Holo était dans ce même pays quand la loi sur le parrainage a été votée à l’Assemblée nationale. Quelles étaient son opinion et sa position ? La loi a été votée et promulguée. Ce n’est pas maintenant qu’on se retrouve nez-à-nez avec son application qu’il faut rechercher des stratagèmes. Un pays, ce n’est pas un ghetto, ce n’est pas de l’amusement. On a souhaité quelque chose, une meilleure organisation du système partisan, c’est devenu une loi. Ce n’est pas à sa première application qu’il faut déjà chercher à remettre en cause. Et le parrainage c’est quoi ? Nous avons le parrainage en France, au Sénégal et en Côte d’Ivoire par exemple. Moi j’ai l’habitude de dire que le parrainage est un acte républicain. Je n’ai pas besoin d’être de votre parti avant d’avoir votre parrainage. Sinon Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ne seraient jamais candidats en France. Tant que nous allons copier des choses, prenons toutes nos responsabilités en allant les prendre. Puisque ça se fait ailleurs. Le parrainage n’est pas une invention béninoise. C’est-à-dire que vous qui souhaitez présider à notre destinée, venez au moins un peu de quelque part, que quelques-uns d’entre nous soient déjà d’accord avec votre projet et votre personnalité. On peut demander ça. Il y a le parrainage au Sénégal, en Côte d’Ivoire, je le rappelle.

Au Bénin, nous n’avons pas encore une loi qui organise le fonctionnement du parrainage, n’est-ce pas ?

La loi qui a été votée, c’est une loi. C’est dans le Code électoral. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a dit. C’est pourquoi il y a un support juridique qui dit que pour avoir le parrainage, il faut au moins 16 maires ou 16 députés ou encore 16 députés et maires. Le support juridique qui l’a institué était prévu par la loi et nos amis le savent. Le Président Talon est allé chercher les réformes constitutionnelles et politiques dans l’ensemble de toutes les premières réflexions. Kérékou avait voulu ça, même Yayi avait parlé de démocratie Nescafé, mais c’est Talon qui a réussi à passer à l’acte, au concret et désormais nous sommes en face de la réalité. On peut ne pas être d’accord avec le gouvernement, mais admettons qu’il y a mis du concret. Si une loi peut être là et qu’une partie de la population refuse de l’appliquer, je ne sais pas ce que le pays va devenir. Au jour d’aujourd’hui, certains n’ont pas voulu que le parrainage soit là, c’est leur droit citoyen, mais c’est désormais la loi et nous sommes déjà en plein le processus électoral. Tous ceux qui disent le contraire en ce moment jouent contre le pays, ils jouent avec la sécurité de nos populations.

Quand vous prenez tout à l’heure l’exemple de la Côte-d’Ivoire, vous n’êtes pas sans savoir que le parrainage citoyen tel qu’il est appliqué là-bas a exclu du jeu Mamadou Coulibaly, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte-d’Ivoire. Et si on regarde ici avec le parrainage des élus, on va assister à l’exclusion de Rékya Madougou, Joël Aïvo. Est-ce que ce n’est pas une disposition crisogène?

Vous voyez des gens, qui pendant 5 ans n’ont jamais dit un mot sur la gouvernance du pays, ni sur ce qui marche et ce qui ne marche pas dans le pays encore moins sur les soucis de nos populations. Mais 5 ans après on prend le sac pour se présenter comme candidat. Il faut se méfier de ces gens de candidatures. Chaque pays choisit son format, le format ivoirien n’est pas synonyme du format sénégalais. Et le Bénin est venu avec sa copie. « Si j’étais à votre place, je me battrais pour être candidat », Vous vous rappelez de cette phrase ? Au temps des élections législatives, Talon a presque dit à ses adversaires qu’ils s’y prennent mal. Je suis tenté de dire la même chose ici parce que si vous voulez vous présenter, venez en duo. Des gens que vous avez vus, à qui vous avez certainement accordé un certain crédit et qui ne le méritent certainement pas, mais qui se présentent en duo c’est-à-dire en respect de la loi de notre constitution et qui refusent d’aller jusqu’au bout, respectent juste une partie de la loi. On ne respecte pas une partie de la loi, mais on respecte toute la loi. Ça, c’est s’amuser avec le pays. Vous venez en duo et donc en application de la constitution révisée.

Vous êtes de l’Union Progressiste. Est-ce que vous y allez seul soutenir Patrice Talon ou vous organiser avec les autres composantes de la majorité présidentielle ?

Il n’y a pas que l’UP et le BR, mais le Président Patrice Talon est soutenu par les forces politiques de la mouvance présidentielle. Vous avez vu comment c’est soudé, c’est ça être un chef. Quand vous voyez le sérieux de l’Union Progressiste bardé de plusieurs personnalités, au niveau du Bloc Républicain, du Parti du Renouveau Démocratiques et les autres, le sérieux, la manière dont ils sont soudés et il y a le Chef de l’Etat, je vous assure que c’est très important. Et c’est face à cela que vous avez la panoplie de l’autre côté. On ne va pas remplacer dans notre pays l’ordre par le désordre. Ce n’est pas un pays mal organisé que nous voulons laisser à nos enfants. Mais il s’agit du pays du Président Maga, Apithy, Ahomadégbé et ce sont des gens qui se sont beaucoup battus pour que notre pays soit. Il faut aller dans les cachots de nos rois, le combat qu’ils ont mené à l’époque pour qu’on ait l’indépendance et le Renouveau démocratique, ce n’est pas ça que nous allons saboter à travers ce que j’observe. Patrice Talon, humainement et au-delà de ce qui est humainement possible, je pense qu’il gouverne le pays avec beaucoup d’ardeur.

Comment avez-vous vécu la décision du PRD de se maintenir dans l’arène après tous les coups que vous lui avez donnés aux élections communales, en le soupçonnant de ne pas être de la mouvance ?

J’aime la cohérence dans tout ce que je fais. C’est le minimum qu’on puisse demander à un homme ou à une formation politique. Le PRD est au moins resté cohérent dans son choix. Le PRD nous a dit depuis Ifangni qu’il serait désormais de la mouvance présidentielle. Le PRD soutient donc le Président Patrice Talon, jusqu’à la veille du scrutin, le PRD n’avait jamais fait une analyse contraire et n’a pas pris une position officielle contraire. Un autre choix du PRD donnerait le sentiment d’une certaine incohérence, donc il est resté cohérent en choisissant le candidat Patrice Talon. Il peut ne pas être content sur un certain nombre de points, soit. Je peux vous dire tout mon bonheur de constater que le PRD est resté cohérent, c’est-à-dire qu’ils appartiennent à la mouvance présidentielle et ils ont choisi comme candidat le leader de la mouvance.

Vos collègues ont reconnu que le PRD a reçu des coups parce que c’est vous qui étiez sur le terrain donc comment vous vous êtes senti sur le terrain ?

Il y a des faits politiques qui parfois vous arrangent parfois non. Mais qu’est-ce qu’on peut attendre d’un homme et d’un homme politique, si ce n’est que la parole. Au niveau de l’Union Progressiste (UP), nous travaillons déjà dans les villages, quartiers, villes et hameaux. Nous sensibilisons à divers niveaux. Pendant que les autres n’ont pas fini de résoudre le problème de leur candidat, nous, nous avons fini avec ça. C’est le terrain qui commande et nous, nous sommes déjà sur le terrain. Moi particulièrement au niveau de l’Ouémé à Porto-Novo, dans ma circonscription, je travaille et à beaucoup d’autres endroits.

Quel est le sentiment des Porto-noviens ?

Ils sont aujourd’hui très heureux. Je suis un fils de Porto-Novo du premier arrondissement en plus. Je sais ce qu’il y a dans cette ville depuis des moments et je vois ce qui est en train de changer. Nous ne sommes qu’à la première phase des trois phases prévues au titre d’asphaltage. Donc vous comprenez que Talon n’est pas à laisser partir. Avec les réalisations de Talon à Porto-Novo, vous vous perdez parfois bien que vous soyez de la ville et dans la ville. Vous êtes surpris du changement de la ville. Et je peux vous assurer que beaucoup de choses vont changer encore. C’est le lieu de lui dire encore une fois merci. Il a fait sa tournée dans les 77 communes du Bénin en voiture, ce que j’encourage parce qu’il faut être sur le terrain pour en connaître le prix de santé, le prix mental. Et c’est ce qu’il a fait à travers sa tournée. A sa descente à Porto-Novo, il a dit qu’il souhaite longue vie à chacun de nous, c’est-à-dire les trois prochaines années au moins, pour que nous puissions vivre les choses qui vont changer, c’est-à-dire ses réalisations.

D’aucuns estiment que Talon a instauré un régime de terreur dans le pays avec la CRIET

J’ai eu la chance d’avoir été préfet de département, et nous envions des pays du fait que ces pays sont basés sur des principes, et sont gouvernés par des lois. Vous allez en Chine, en France, ou aux Etats Unis, on les envie du fait de ce que des principes gouvernent ces pays-là, du fait que les lois gouvernent ces pays et que l’autorité de l’Etat est en place. J’ai rarement l’habitude de citer certains hommes politiques. Quand le président Houngbédji dit que le pays était un Etat fragilisé, un Etat banalisé, un Etat descendu de son piédestal, il ne pouvait pas mieux dire et moi, je peux vous confirmer que c’était vrai. Il fallait restaurer l’autorité de l’Etat dans le pays. Le directeur de cabinet qui manque de respect au ministre, le ministre qui manque de respect au Chef de l’Etat, de simples journalistes manquent de respect au Chef de l’Etat et ainsi de suite. Pour vous dire que l’autorité de l’Etat était en souffrance. La preuve, Gérard Agognon et toute son équipe de l’Evénement Précis, vous êtes ici, vous travaillez de façon professionnelle. Personne n’est jamais venu vous chercher et vous n’avez jamais été inquiété ? C’est ce que je dis à des amis. Si vous faites bien votre travail, personne ne viendra vous prendre. Travaillez sur les dossiers. Fouillez. Je fouille, je fouille et je sors les faiblesses de la chose. Personne ne peut vous incriminer. Si vous en connaissez un, dites-moi.

Joël Aïvo a dit que nous sommes dans un régime de dictature, parce qu’il n’y a pas la liberté.

Pas vrai. Pour la simple raison qu’il a fait sa tournée itinérante et il n’a jamais été inquiété. Dans un régime de dictature, ce n’est pas faisable. Dans un régime de terreur, il ne peut pas faire ça. Nous avons la possibilité des lectures et avec le peu d’âges que j’ai, nous avons la chance de voir ce que c’est que la dictature. Il dit ça parce qu’il a été empêché à certains endroits. Mais vous convenez avec moi que pour tenir des réunions, il y a des conditions à remplir. Il a fait près de 50 communes, avait-il dit. Donc s’il y a des endroits où il y a eu des ratés, il peut s’en prendre à ses équipes qui lui préparent le terrain pour son arrivée. Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe au niveau de la gestion du pays. Que vous ne soyez pas d’accord, on le comprend, mais on ne peut pas demander à tout le monde d’être d’accord avec le président Talon. C’est des choses qu’il faut concéder, mais dans la justesse des choses. Dire ce qu’il y a. C’est-à-dire que vous pouvez faire bien, mais moi je viens avec mon background pour fouiller, chercher les cheveux et sortir des choses que personne n’avait vues. Je donne un exemple, quand Tévoédjrè officiait en tant qu’opposant dans ce pays, et que l’épouse du président Soglo avait des difficultés sanitaires et qu’elle devrait être évacuée, Tévoédjrè avait dit ceci : « J’ai suivi le dossier, j’ai fouillé, fouillé et je suis allé prendre le pan qui m’intéresse. Lequel ? C’est-à-dire que c’est le ministre Vieyra, alors ministre d’Etat chargé de la défense, c’est lui qui vient en, je me suis alors attaqué à eux. Depuis quand la défense concerne la santé ? Deux, il est le beau-frère du Chef de l’Etat. Je me suis attaqué à ces deux pans-là pour dénoncer le dossier. » Il a tellement dénoncé qu’à un moment donné, le président Soglo était dérangé. Voilà le rôle d’une opposition et quand vous faites ça, personne ne vous interpelle. Plein de gens le font aujourd’hui. Je connais plein de journalistes sur Sikka TV qui le font et bien d’autres dans les journaux, mais ils n’ont jamais été interpellés. L’essentiel, c’est que vous dites ce qu’il y a. Mais quand vous vous mettez à insulter un chef d’Etat, quand vous vous mettez à porter atteinte à la sûreté de l’Etat, vous serez inquiété. Aucun Etat n’accepte cela et aucun régime de terreur ne s’est encore installé au Bénin. Quand les gens le disent puis après ils rentrent chez eux, c’est qu’il n’y a pas un régime de terreur. Puisqu’il a dit ça et il est parti à la maison. Allez dire ça en Corée du Nord. Allez dire ça dans les pays où il y a vraiment de dictature et on verra. Allez dire ça au Congo de Mobutu de l’époque ou de Sékou Touré de l’époque. Vous finissez de le dire, mais vous ne rentrerez pas à la maison. C’est ça un régime de terreur. Il ne faut pas qu’on s’amuse avec les vrais débats. Je suis très heureux et il était temps. Je suis tenté de vous dire que Talon ne fait pas encore autant qu’il le faut sur le sujet. L’autorité de l’Etat doit être restauré et totalement.

C’est à combien de pourcentage actuellement selon vous ?

LNB

Le peu qui est fait est acceptable. Nous avons aujourd’hui les mentalités qui bougent du fait de la rigueur installée, c’est une bonne chose. C’est vrai que si tu veux éduquer un enfant, il faut y aller doucement. C’est ce qui se passe et je le concède. Donc, on est à un niveau relativement bas, mais il faut aller un peu plus. Je vous donne un exemple. Prenez vos voitures, prenez vos motos et allez sur nos carrefours voir ce qui se passe. On est dans un pays où le respect du code de la route n’est pas encore total. On est des hommes et non des animaux. Est-ce qu’on a besoin de conduire comme on le fait dans la ville ? Ce n’est pas encore fait. Mon frère et ami le Préfet Toboula, le travail qu’il a fait, vous voyez comment les bonnes dames reviennent déjà occuper les trottoirs ? Donc nous sommes à un niveau loin de ce que veut le président Talon, mais il fait avec. C’est l’eau et le sang qui coulent dans ses veines. Ce n’est pas qu’il n’entend pas ni ne voit ce qui se passe ou ce que les gens disent. Si nous sommes dans un pays apaisé, vivable avec des capacités de développement que nous allons laisser à nos enfants, il faut restaurer l’autorité de l’Etat. Quand j’arrive dans un ministère, le patron à ce niveau, c’est le ministre. Moi j’ai entendu un directeur de société sous tutelle du ministère dire à côté de son ministre : « Je rendrai compte au Chef de l’Etat ». Et le ministre était là. Vous trouvez que c’est normal ? Il était temps. Le pays est vaste oui, mais il doit y avoir un couvercle. Ce n’est pas un régime de terreur si ce n’est de respecter les lois, de restaurer l’autorité de l’Etat. Je ne pense pas. Je vous assure, j’ai un grand souhait. Que Dieu donne la santé à Patrice Talon et lui permette d’avancer un peu sur le plan de la restauration de l’autorité de l’Etat.

En dehors de la restauration de l’autorité de l’Etat, sur quels autres chantiers vous estimez que le chef de l’Etat a réussi ?

Nelson Mandela avait déjà dit : « Si vous voulez assassiner un pays, ne prenez pas les armes. Prenez leur éducation, leur culture. » Et, ce n’est pas faux. C’est pour ça que sur ce chantier, le Chef de l’Etat a pris tout son temps. Il a fallu près de deux ans avant qu’on accouche le Conseil national de l’éducation. Allez voir ce qui se passe à leur niveau. Désormais, nos enfants vont à l’école toute l’année scolaire. Alors qu’avant, presque trois ou quatre mois, on en arrive à des grèves et finalement, on est obligé de sauver l’année. L’année suivante, on sauve, l’année qui suit, on sauve et finalement, les enfants ont un CEP sauvé, ils ont le BEPC sauvé et le BAC sauvé. Quel pays construit- on comme ça ? Aujourd’hui, c’est quelque chose de réglé. Les enfants du privé comme du public vont à l’école toute l’année. Ce qui n’était pas le cas avec les cours publics, car c’est seulement ceux dont les parents ont un peu de moyen qui vont à l’école toute l’année avec les cours privés.

Dans le domaine de la santé, c’est la même chose. Ceux qui ont les moyens peuvent aller dans les cliniques dans les zones urbaines. Mais nos parents qui viennent de Kétou, de Zagnanado, de Cana, de Nikki ou de Ségbana, même avec l’argent en poche, quand ils viennent au CNHU, le médecin a ses « klébés » qui vont leur dire : « Il n’est pas là hein, est-ce que vous n’allez pas carrément aller dans sa clinique ? Il ne viendra plus ici aujourd’hui apparemment ». Désormais, ce problème est réglé aussi. La justice, il y en a qui font un mois de plus en prison parce que la justice est en grève. Il y avait tellement de choses qui se passaient qu’on a fini par s’habituer au désordre. On ne voyait pas la gravité de ce qui se passait. Ça fait trois secteurs. J’ai parlé de la santé, de la justice et de l’éducation. Trois secteurs essentiels dans un pays, qui étaient malmenés.

Aujourd’hui, tout se passe normalement. Nos pays, leur lendemain meilleur dépend de l’agriculture comme l’avait dit le président Houphouët-Boigny. Je vous ai dit tantôt que Soglo avait fait un travail merveilleux. On tournait autour de 400.000 tonnes de coton de 1991 à 1996. Yayi a mis tous ses efforts dans le panier, mais on tutoyait les 350.000 tonnes. Mais aujourd’hui, le paradigme a changé, c’est-à-dire que les choses sont reparties dans les mains du secteur privé et c’est ça l’essentiel du succès du coton aujourd’hui. C’est-à-dire que les gens sont mieux motivés à travailler. Nous sommes à 700.000 tonnes. Nous sommes devenus premiers. Le riz, nous sommes à 600.000 tonnes et le gouvernement a pour ambition d’aller vers le million.

La sécurité, mes chers amis. Acceptons que, quelque chose a changé. Vous êtes à moto ou à véhicule, reconnaissez que les policiers ne vous gênent plus comme avant. Il ne faut pas avoir peur de dire certaines choses. Avant, presque à tous les carrefours, il y avait un policier. C’est-à-dire que quand son épouse a envie de prendre un poulet, il prend son sifflet et va à un carrefour puis commence par arrêter les gens. Ce n’est plus ça aujourd’hui. J’ai dit quelque chose aux bonnes dames de Dantokpa il y a quelques jours. J’ai dit : « Nous sommes en période de fin d’année et il n’y a pas eu un seul braquage dans la zone de Dantokpa ni de Missèbo. C’est une réussite et donc, la sécurité est de mise. » Il n’y a pas la sécurité ou l’insécurité zéro, mais on peut constater l’effort qui est fait.

On peut parler de l’énergie. Le ministre Houssou m’a dit que depuis 1960, tous les fils conducteurs du courant électrique n’ont jamais été changés. Avec ça, comment peut-on avoir le courant électrique en continu. On devait au Nigéria et on n’arrivait pas à rembourser et ils nous coupaient régulièrement. Le gouvernement a tout payé. Désormais, c’est le Nigéria qui appelle le Bénin pour proposer de lui vendre le courant électrique. Vous avez vu tout le bruit qu’il y a eu autour de Maria Gléta. Nous sommes désormais à 60% d’indépendance énergétique et nous clignotons en direction de l’indépendance totale. L’autre mérite que Talon a, est de savoir mettre celui qu’il faut à la place qu’il faut. Vous savez d’où est venu le ministre de l’énergie, de l’EDF en France. Il est venu avec une somme d’expérience et les résultats sont au rendez-vous. Vous voyez, je suis en train de citer les mérites du gouvernement Talon et il faut que je vous parle aussi des réformes politiques. Vous voyez un cadre politique, il est nommé, deux voire trois semaines après, il a un parti politique. Pour bouffer les sous de la cellule de communication du ministère, il crée deux ou trois journaux. Il dope les frais de communication du ministère. Parce qu’il met beaucoup et il prend ça par-derrière. Avec ça, les journaux professionnels comme le vôtre sont asphyxiés parce qu’il va vouloir travailler avec les journaux qu’il a fait créer. Le jour où il est enlevé du gouvernement, il abandonne les journaux et ceux qui les dirigent deviennent des mercenaires. Voilà les dirigeants auxquels on avait eu droit. Aujourd’hui, cette pratique aussi est du passé.

Au niveau du secteur des infrastructures : A l’heure où on parle, le nombre de stades, on le sait. Le nombre de marchés, on le sait et les infrastructures routières. Comme l’autre le disait, la route du développement passe par le développement de la route. Regardez l’épaisseur des pavés, des goudrons qui se font depuis quelques années et dès que c’est fini, vous avez les trottoirs qui suivent et les lampadaires solaires qui accompagnent pour l’éclairage la nuit. Je peux vous dire que ce n’est pas les sous qui ne sortaient pas avant, mais le travail complet n’est pas fait.

Le prix démocratique payé par le Bénin dans le but de ces réformes avec les massacres de 2019, à Savè, Tchaourou, Cotonou etc. La Résistance est revenue sur tout ça dans un communiqué pour mettre en garde. Vous ne pensez pas que le gouvernement en a fait un peu trop ?

Vous savez, les gens s’amusent avec des jeux de mots. On s’amuse avec les mots. Vous savez ce qu’on appelle massacre ? D’abord nous sommes dans une démocratie et on parle de Résistance. C’est des mots mal choisis. Les combats se mènent avec les mots qu’il faut, les attitudes qu’il faut, les habitudes qu’il faut, les pensées qu’il faut. Nous, nous avons eu la chance malgré notre âge de suivre les acteurs politiques du continent. Je veux parler de Ben Bella, de Laurent Gbagbo, je veux parler d’Abdoulaye Wade, … Je veux parler des pays occidentaux, je veux parler des pays de l’Asie….. Je peux continuer la liste…Nous les avons vus travailler politiquement. On le dit avec beaucoup de conviction. C’est vrai qu’autant que nous sommes aujourd’hui, on lit moins, on apprend moins, on se lève seulement et on parle. Non. Allez vérifier la lutte menée par ces gens et comment ils l’ont menée pour arriver pour certains au pouvoir. Pour d’autres mourir dans l’honneur comme Etienne Tchissékédi au Congo Démocratique qui s’est battu jusqu’à sa mort. Et comme la nature, je vous l’ai dit tout à l’heure ne vend rien à crédit, c’est son fils qui préside aujourd’hui les destinées du pays. La nature ne fait rien au hasard, rien. Je ne vois pas de résistance quand c’est un jeu démocratique. On dit d’être rationnel, on dit d’être avisé, vous refusez tout ça, vous pensez qu’il y a une résistance dans un pays, vous connaissez ce qu’on appelle résistance ? Les mots sont utilisés abusivement, pas de massacre. Il n’y a pas eu de massacre. Parce que s’il y avait eu de massacre on ne parlerait pas que de dame Amoussou. Paix à son âme.

La Résistance demande que les auteurs et commanditaires de ces actes soient jugés.

La justice est saisie et elle fait son travail. Mais quand il veut y avoir atteinte à la souveraineté de l’État, l’État réplique. Il n’y a pas de demi-mesure. Si vous voulez mener de luttes politiques, vous menez de lutte politique. Mais si vous voulez jouer à la résistance, si voulez attenter à l’État, l’État répond. Moi je suis en train de faire une recherche aussi pour passer le doctorat en science politique qui m’amène à me rendre compte du coût social difficile payé par les Français pour que la France soit. Cela n’a jamais été une tasse de thé, le développement d’un pays. Il y a du travail à faire. Au jour d’aujourd’hui, qu’est-ce qu’on demande à nos compatriotes ? Celui qui n’est pas d’accord avec Talon, qu’il se prépare, qu’il mobilise. Ce n’est pas ce que moi je vois là, pour vous dire la vérité. On pense que quand on a fini de boire son café, quand on a aligné des mots forts, on pense que le gouvernement est défait. C’est faux. Quand on a fini de prendre sa bière ou de panaché, on fait des déclarations et on pense que le gouvernement est défait, mais est-ce qu’on a besoin de dire ça ? Quand j’ai fini de faire ça, cela me donne quoi ? Je dois constater que depuis que Patrice Talon est là, je suis tenté de dire que tout lui réussit.

Et qu’est-ce qui ne lui a pas réussi ?

C’est une grosse question. Et je reviendrai un peu à ce que j’ai dit. Je ne parle pas en tant que tel d’échec. C’est-à-dire quoi ? L’autorité de l’Etat, ce n’est pas encore complet dans le pays. L’irrespect d’un certain nombre de choses, d’un certain nombre de faits administratifs ; l’irrespect d’un certain nombre de comportements sociaux, c’est encore là. Il vient de faire cinq ans, cela ne peut pas changer du jour au lendemain. Sinon pour la plupart de ce qu’il touche, ça lui marche et il faut le lui souhaiter davantage. Les paradigmes d’un certain nombre de choses ont changé. Quand le pays s’ajuste, il y a un certain nombre de secteurs qu’il faut actualiser. Chacun doit actualiser un certain nombre de choses à son niveau pour pouvoir aller dans les normes qu’il devrait aller pour le bon et pour le mieux. Donc je suis tenté de vous dire qu’en moyenne tout ce à quoi il touche lui marche.

Que doit faire le prochain Président du Bénin pour réussir son mandat ?

Un : continuer à travailler sur le chantier de la restauration de l’autorité de l’Etat. Deux : continuer par aider le secteur privé à actualiser ses données, à s’arrimer au nouveau paradigme. Au niveau du secteur public, il y a beaucoup de plis aujourd’hui du fait que les paradigmes ont changé et chacun veut continuer à opérer comme avant. Du coup c’est difficile. C’est-à-dire de travailler à ce que les gens réussissent à travers la sensibilisation, d’une manière ou d’une autre pour que les gens s’adaptent aux nouveaux paradigmes et que le secteur privé soit plus vivant et plus producteur. L’économie d’un pays, c’est d’abord le secteur privé. C’est ce que l’expérience démontre depuis un bon moment. Ce qu’il doit faire, c’est continuer ce qui se fait déjà au niveau de l’agriculture. Nous devons réussir. Vous imaginez que les tomates et les oignons que l’on mange ici nous viennent du Burkina-Faso ! Nous, on a assez de terres arables. Tout simplement parce que le faux ayant pris le dessus, chacun veut aller dans le faux et les terres sont délaissées. C’est le lieu de rendre hommage ici à Dossouhoui Gaston. Il n’y a pas à avoir peur des mots. C’est l’un des meilleurs agronomes que nous avons dans le pays. Et c’est lui que Talon a dépêché pour faire renaître l’agriculture et nous avons des résultats. C’est de continuer par faire ce qui se fait pour que quand on dit que nous sommes à six cent mille tonnes de riz, que désormais on passe à un million et un million cinq cent mille tonnes. Au niveau de l’ananas, si on travaille un peu là aussi, il faut qu’on en produise beaucoup plus. Le coton en est à 700 mille tonnes, pourquoi ne pas aller à un million, cela ne doit pas être impossible. Bref, faire de l’agriculture, un des centres pour le socle majeur du développement de notre pays. Continuer sur le plan de la sécurité. Il y a un fait évident, c’est que Talon venant du secteur privé, ayant peut-être eu le temps de tout voir ou tout pratiquer presque, est intervenu dans tous les domaines. Il n’y a pas de domaine qui n’ait pas été touché. Il a presque touché à tout. C’est pour cela que ça a été très lourd au départ. J’ai entendu parler de gouvernement maquette. Les gens s’en moquaient. Pour les gens, cela ne donnerait rien, c’était comme un rêveur qu’on est allé jeter au palais de la Marina. Aujourd’hui, il faut faire un tour au Palais de la Marina. Vous aurez envie d’y travailler. Aujourd’hui, le travail qui se fait est largement au-dessus de la moyenne. Il ne faut pas faire la langue de bois ici, le prochain que moi je souhaite, c’est Patrice Talon. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai dit que TALON 2 s’impose. A juste titre. C’est-à-dire que pour moi, on ne peut pas avoir fait tout ce que j’ai dit plus haut et dire maintenant qu’on va faire un saut dans l’inconnu. On est envoûté ?

Et vous faites quoi concrètement de façon personnelle ?

J’avais déjà dit tantôt que sur le terrain nous travaillons. Nous nous approchons de l’échéance électorale. Nous nous rapprochons de nos parents, nous allons vers nos collectivités, nous allons vers des amis, nous allons vers des populations à la base pour expliquer. Parce qu’il y a beaucoup de vendeurs de vent. Il y a beaucoup de vendeurs d’illusions qui veulent montrer que le pays ne va pas, il n’y a pas ci, il n’y a pas ça. Mais pourtant, la dame voit, le monsieur il voit. Il faut que nous allions porter le message de ce qui se fait. Il faut que nous allions expliquer le pourquoi de certaines difficultés parce qu’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs. Non, le déguerpissement, beaucoup ne savent pas qu’il était utile pour les fibres optiques à mettre pour renforcer la capacité de l’internet. Aujourd’hui, si vous voulez avoir votre casier judiciaire, si vous êtes né à Djougou ou à Abomey là-bas et vous êtes à Cotonou ici, vous tapez sur votre téléphone et vous avez votre casier judiciaire. Je l’ai vérifié, chapeau ! C’est pareil pour le BAC. Il fallait aller forcément à la DOB : tapez votre téléphone et vous avez vos résultats ou vos attestations du Bac. Il fallait qu’il y ait un débit de l’internet qui facilite des recherches à chacun de nous. Aujourd’hui, c’est ce qui facilite la communication. Mais à l’heure où on cassait, c’était seulement du bruit sans savoir qu’il y avait des objectifs à atteindre. A quoi cela peut servir à Talon de faire du mal à une bonne dame qui a installé son commerce quelque part ? Non ! Mais pour les besoins de la République, pour faciliter le développement de ce pays, pour faciliter la vie tout simplement, il était utile.

Le travail que vous faites sur le terrain, êtes-vous convaincu que si l’élection est inclusive Talon va gagner ?

D’abord l’élection l’est déjà au titre de l’inclusivité de la chose. Deuxième chose, de tout ce que je viens de citer, moi je ne vais pas dire que dans la vie par votre compétence, par votre aura, lorsque vous avez le minimum de chance, les choses vous marchent. Je suis tenté de dire que c’est le cas de Talon parce qu’en face il n’y a pas grand-chose et il n’y a que du maïs, comme le dit mon ami Blé Goudé. Vous voyez ce qui se passe aujourd’hui, même si tu es opposant, si tu n’es pas convaincu dans les propos de ce que tu veux dire à une dame ou à un homme contre Patrice Talon, ils ne te croiront pas. Puisqu’il passe désormais très bien sur une voie. Que d’heureuse surprise aujourd’hui dans nos communes au plan des infrastructures. Ce qui se passe à Cotonou se passe à Porto-Novo et ce n’est pas que dans ces deux communes-là. Cela se passe à Lokossa, cela se passe à Abomey, cela se passe partout. J’ai quelqu’un qui est revenu de Parakou hier. Et pour vous dire la vérité, il est quelqu’un qui n’aime pas trop le gouvernement qui est là. Et il est venu me faire des aveux. Maintenant il veut nuancer ça en disant : « Mais est-ce que c’est Talon qui a fait ça ou c’est Yayi Boni qui faisait ça? »

Pour vous qui avez manœuvré dans l’ancien régime, on sait que c’est le gouvernement Yayi qui était votre premier soutien…

Yayi a fait ce qu’il a pu pour le pays, Nicéphore Soglo a fait ce qu’il a pu pour le pays et Patrice Talon, aujourd’hui, est en train de faire des merveilles pour le pays.

Yayi a posé toutes les pierres

Oui, oui, moi je ne sais pas mentir. J’aime dire ce qui est. Il avait des premières pierres qui étaient les dernières pierres. Bien sûr, il en a fait à Porto-Novo, un peu partout. C’est vrai que la volonté ne manquait pas. Mais toujours est-il qu’aujourd’hui, je n’ai vu Talon poser une seule première pierre, mais pourtant, vous avez des réalisations. Vous avez vu Maria Gléta, vous avez vu tout ce qui allait se faire avant au titre de délégation ministérielle, présidentielle. Même le jour de mise en service, Patrice Talon n’y était pas.

Ils ont dit qu’à la table ronde de Paris, les bailleurs de fonds avaient déjà mobilisé les fonds.

C’est trop facile de dire ces choses-là. Les preuves sont à différents niveaux. Vous allez dire même le coton qui est passé à 700 mille tonnes là que c’est Yayi qui avait déjà fait ça ? Vous allez dire que le palais qui est rénové là que c’est Yayi qui avait fait ça ? L’épaisseur des pavés, non, chacun fait ce qu’il peut au regard de ses propres compétences, de son naturel, de sa vision.

Le Bénin est énormément endetté à cause de ces chantiers

Vous savez le Président Houphouët-Boigny qui est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect parce qu’ayant construit la Côte-d’Ivoire, le Président Houphouët Boigny a dit ceci : « Tous les pays africains qui ne vont pas s’endetter pour se développer, le regretteront ». Aujourd’hui nous avons un taux minimal au niveau de la sous-région, c’est 70%. Le Bénin en est encore très loin. Nous sommes autour de 45-50%. De quel endettement parle-t-on ? L’endettement si c’est pour construire les fondements d’un développement durable, il vaut mieux le faire. Moi je suis un économiste financier. Par exemple pourquoi nous militons pour la micro finance ? C’est parce ça contribue de beaucoup pour aider les gagne petits. Pendant qu’on faisait le projet de société d’un candidat de taille, certains camarades s’opposaient et je leur ai dit ceci : « Mais arrêtez, vous ne savez rien. Moi j’ai une structure de micro finance. La dame qui vend la bouillie vend le sceau à 5000 FCFA. Cette dame qui achète du maïs à crédit pour faire cette bouillie que moi j’achète à 5000F, si je prête dix mille à cette dame, je l’ai rendue indépendante. »

Vous qui aviez fait le Parti du Renouveau Démocratiquesqu’on accusait d’avoir introduit l’argent dans la politique et qui êtes maintenant dans l’Union Progressiste qui veut enlever l’argent de la politique, quand vous allez animer les meetings, cela ne se sanctionne plus… ?

Moi j’épouse sérieusement ce qui se fait aujourd’hui. Parce que j’ai été victime moi-même de ce que vous venez de dire là. Moi j’ai été le numéro 2 du Parti du Renouveau Démocratique. Je sais ce qui m’a été dit pour être sur une liste. Vous voyez, on ne peut pas marchander les postes politiques au sein d’une formation politique. Le militantisme que vous avez, cela veut dire quoi ? Tout le temps que vous mettez, le background…Tout le travail que vous faites là, ça a un coût pour chaque militant, pour chaque intellectuel. Jadis, c’était une époque où on causait sérieusement avec lui. Si c’est dans ce cas quand on vous dit que vous serez candidat, vous devez déposer d’abord de l’argent. Qu’est-ce que cela a produit après dans le pays ? Cela a produit beaucoup de zozo qui se sont retrouvés en position et aucun pays ne peut avoir de l’avenir si ceux qui doivent être en position ne le sont pas. Le Professeur Holo dont j’ai parlé tout à l’heure, il était dans une formation politique, Vice-Président. En lieu et place de lui qui aurait pu nous aider à l’Assemblée nationale, on a vu des bonnes dames de Tokpa qui ne nous ont rien apporté. Vous l’avez au PRD et dans certains partis du pays. On ne peut pas continuer comme ça. Vous avez vu avec les réformes politiques. Vous pensez que si les choses étaient comme elles étaient, si les Séverin Adjovi, Houngbédji, Fagbohoun…autant qu’ils sont là, des mammouths qu’on avait installés dans le pays, qui étaient très difficiles à déloger, étaient encore là, vous pensez que Houétchenou allait être maire de Ouidah ? Ou Yankoty allait être maire de Porto-Novo ? Vous pensez que Dina allait être maire de Pobè ?

Mais, ce sont des nominations…

Ce que vous appelez nomination nous a permis une alternance. Je connais Houétchenou. Il est jeune, très ambitieux et très engagé. Je connais également Charlemagne Yankoty. Ils ont des capacités qu’ils vont mettre en œuvre. Avec ça, il y a une sorte de renouvellement de la classe politique au niveau local. C’est important pour un pays où en lieu et place avant, c’est celui qui amenait l’argent qui passait. Et que celui-là, une fois en place, ne cherche d’abord qu’à se rembourser.

Et ce faisant le panier de la ménagère ne souffrait pas. Aujourd’hui, il est pauvre ce panier….

(Rire). J’ai été très heureux quand le Chef de l’État a répondu à cette question lors de sa tournée. Il disait : « Est-ce que quelqu’un est allé arracher l’argent de la bonne dame qui vend au marché ? Est-ce que quelqu’un a travaillé et n’a pas eu son salaire ? ». Il faut que nous avouions qu’à un moment donné, le pouvoir d’achat qui était dans nos mains était du leurre. C’était du vol à différents niveaux. C’est-à-dire que le monsieur est fonctionnaire, mais par la corruption avait déjà 3 ou 4 fois son salaire avant la fin du mois.

De l’argent trouvé gratuitement et ça joue sur le reste. Mais aujourd’hui, ces choses sont en train d’être rétablies. Chacun vivra à la sueur de son front. C’est ce que la bible nous a enseigné. Chacun doit vivre de ce qu’il produit comme effort. Ce n’est que comme ça qu’on peut construire le pays.

Que diriez-vous pour conclure cet entretien ?

En guise de conclusion, je voudrais dire que nous abordons une échéance électorale majeure qui est l’élection du président de la république. Je voudrais souhaiter vivement que notre peuple ne se trompe pas, qu’il ne se laisse pas impressionner par les vendeurs de vent. Qu’il ne se laisse pas impressionner par ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Oui. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent. La preuve, on ne peut pas appliquer une loi à moitié. On ne peut pas dire qu’on conteste la constitution ou le code électoral et se présenter avec son vice-président. Il n’y avait jamais eu de vice-président. Et donc, tous ceux qui sont venus avec un vice-président l’ont fait en respect du nouveau code et de la constitution révisée. On ne peut pas dire qu’il y a vide juridique, qu’il faut installer le nouveau président le 6 avril et répondre à la candidature dont le corps électoral est convoqué pour plus tard.

C’est des choses qui ne sont pas digestes pour moi. C’est pourquoi je dis à notre peuple de ne pas se tromper dans les jours à venir et de rester derrière celui qui a réussi à nous discipliner.

Je me rappelle quand le contrôleur général de police, Louis Philippe Houndégnon voulait faire adopter le port de casque ici à Cotonou. Ça a été très difficile. Le préfet Placide Azandé a été taxé de tous les noms. Pourtant, il était en respect aux instructions du ministre de l’intérieur. Je vous fais grâce de tout ce qui s’était passé. Mais si Philippe Houndégnon n’avait pas eu les 48h supplémentaires qu’il avait demandé, on n’aurait pas le résultat qu’on voit là avec des motocyclistes qui ont leur casque systématiquement. Ils portent le casque pour leur santé et non pour la santé du Chef de l’État. Donc, il y a l’autorité de l’État qu’il faut affirmer davantage dans le pays. C’est à cause de tout ça que nous souhaitons que les Béninois ne se trompent pas. Pour finir, je veux souhaiter la paix du cœur à chacun.

Dans un pays qui est en période de réformes utiles pour son devenir, il ne peut pas manquer quelques grincements de dents, de souffrances. Avant qu’on ne se mette à table pour manger, il faut savoir que les dames ont souffert à la cuisine. Nous traverserons ces difficultés et je peux vous assurer que le bout du tunnel est proche. Parce que l’allure de la courbe est très bonne. Nous tutoyons un taux de croissance de 6%. Le gouvernement veut aller à un taux de croissance à deux chiffres. L’ambition est telle que celui qui la porte doit être encouragé. Et que vive la République. Je vous remercie.

Carte d’identité: Attaché aux valeurs

Parler de Moukaram Badarou, c’est parler d’une vie de militantisme permanent. Déjà en 1987, alors qu’il était élève en classe de 1ère il a été élu secrétaire à l’information de l’Association des élèves et étudiants au Congo (AEEBC), association que le jeune garçon intègre moins d’un an après son arrivée au Congo Brazzaville. Né en 1969, Moukaram Badarou fait ses études primaires et une partie du secondaire à Porto-Novo. Il débarque à Brazzaville sur l’instigation de ses parents qui voulaient lui assurer un meilleur destin. Mais le jeune se bat seul. 1991, Moukaram devient président de l’Association des Élèves et Étudiants Béninois au Zaïre (AEEBZ) et membre de la section PRD du Congo. Il est même le représentant du parti à la Commission électorale lors des élections présidentielles du Bénin au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). De là date son appartenance au Parti de maitre Adrien Houngbédji. Quand il rentre au pays en 1997 nanti d’une maîtrise en Science économique de l’Université Marien N’GOUABI de Brazzaville, il est déjà membre à part entière du parti. En 2005, il obtient un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) à l’Université d’Abomey-Calavi, Option Finances et Contrôle de Gestion. En 2017, il décroche un master en communication et relation internationale l’IUP. De la section PRD de son quartier Sadognon à Porto-Novo puis à Cotonou, il est propulsé secrétaire à la communication de 2004 à 2006. Secrétaire général du parti dès 2006, il fait partie de la vague des jeunes qui bénéficient de la confiance du président Houngbédji. A la création de l’Union Fait la Nation, il est fait Directeur exécutif chargé de l’image et de la communication de ce regroupement d’opposition. Mais, un an plus tard, en juin 2011, patatra, il jette l’éponge. Moukaram Badarou quitte le navire PRD. Interrogé sur cet épisode obscur de son parcours, il affirme : « Un secrétaire général du parti ne peut pas être suppléant sur une liste électorale. Et pourtant, je l’ai été en 2007 et j’ai dit au président du parti que je ne partage pas cela. Mais quand il a récidivé, quatre ans plus tard, il faut que moi je sois un enfant bâtard pour l’accepter de nouveau. Mon père, de là où il pourrait se retrouver dans sa tombe, ne devrait pas être content de moi. Même dans une bande dessinée politique, vous ne lirez pas ça. » Dans la foulée de sa démission, il réactive le mouvement Conscience citoyenne créé en 2005 et le transforme en parti politique en mai 2013. Ce parti lutte pour l’enracinement des valeurs dans la vie politique béninoise. « Je suis resté un homme attaché à son pays et à des valeurs. J’ai très mal aujourd’hui de ce que nous sommes devenus », dit-il pour regretter le règne de l’argent au sein de la société et de la politique en particulier. En août 2013, Moukaram Badarou est nommé préfet de l’Ouémé-Plateau, poste qu’il occupe jusqu’au mois de mai 2013. Aujourd’hui membre de l’Union Progressiste, il entend poursuivre cette lutte pour les valeurs. Car, à l’entendre, un pays qui perd ses valeurs morales a presque tout perdu.

Intimité: Monogame pour toujours

Bien qu’étant issu d’une famille polygame, Moukaram Badarou est resté monogame depuis toujours et compte le demeurer. Marié et père de quatre enfants, il a connu son épouse alors qu’il était encore étudiant. « Il n’y a rien en termes de promotion et d’argent qui fera qu’une autre aura plus de valeurs que ma femme », dit-il. Pour compter parmi ses amis, il faudra être sincère et loyal comme lui. A table, l’homme adore le riz accompagné d’une sauce simple au poisson. Sa boisson préférée reste l’eau. Car, depuis qu’il a effectué son pèlerinage en terre sainte, il ne touche plus du tout à l‛alcool.

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