Vote à l’ONU pour une meilleure représentation géographique plus des continents : Réaction de Trump au sujet des USA

La cartographie mondiale s’invite une fois de plus sur le terrain géopolitique avec une intensité remarquable. Le 04 septembre dernier, l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution historique intitulée Correct the Map. Portée par la diplomatie togolaise avec l’appui massif du Groupe africain et de l’Union africaine, cette initiative vise à promouvoir une représentation géographique plus fidèle et proportionnelle des continents. L’enjeu est de corriger la célèbre projection de Mercator, un modèle conçu au seizième siècle pour la navigation qui déforme considérablement le monde en gonflant la taille des zones polaires au détriment des régions équatoriales. À cause de cet outil ancien, l’Afrique apparaît souvent d’une superficie similaire à celle du Groenland alors qu’elle est en réalité quatorze fois plus vaste. Le texte onusien, adopté par cent soixante-quatre voix pour, six abstentions et un seul vote contre émanant des États-Unis, encourage l’adoption de la projection Equal Earth dans l’éducation, la recherche, les médias et les outils numériques pour rétablir la vérité cartographique.

C’est précisément dans le sillage de cette décision internationale que le dirigeant américain a choisi d’intervenir. Deux jours seulement après l’adoption du texte à l’ONU, Donald Trump a réagi sur son réseau Truth Social en diffusant une carte largement remaniée au profit de son pays. Sur ce visuel publié sans aucun commentaire textuel, les couleurs et les insignes américains recouvrent une bande de territoires bien plus vaste que les frontières officielles de la nation. L’image englobe ainsi le Canada, le Mexique, le Groenland, l’île de Cuba, mais aussi des territoires caribéens sous souveraineté française comme la Guadeloupe et la Martinique.

Bien que cette publication n’ait pas de valeur juridique, elle fait écho aux déclarations passées du chef d’État concernant la volonté d’expansion territoriale américaine, notamment à l’égard du Groenland. Cet échange par cartes interposées met en lumière une réalité fondamentale de la scène internationale : les représentations géographiques ne sont pas de simples outils techniques neutres. Alors que l’Afrique cherche à corriger les biais historiques pour faire reconnaître ses véritables dimensions dans l’opinion mondiale, la réaction américaine illustre la manière dont les cartes peuvent être détournées pour véhiculer des ambitions politiques et symboliques.

Marie-Immaculée VODOUNS

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