Réforme de la justice au Burkina Faso : La peine de mort réintroduite ( Ouagadougou fait le choix de la fermeté juridique après 8 ans d’abolition )

Le Burkina Faso franchit un tournant majeur dans la refonte de son système judiciaire et sécuritaire. L’Assemblée législative du peuple a adopté à l’unanimité le projet de loi portant révision du Code pénal, consacrant ainsi le retour officiel de la peine capitale dans l’arsenal juridique national. Défendue par le Ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala sous l’impulsion du gouvernement de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, cette réforme met fin à huit années d’abolition légale pour les crimes de droit commun.

Le texte révisé cible en priorité les infractions jugées d’une gravité exceptionnelle pour la sûreté de l’État et la sécurité publique. La peine de mort pourra désormais être prononcée à l’encontre des auteurs et complices d’actes de terrorisme, de haute trahison, d’espionnage, de parricide, ainsi que pour l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort. Selon les autorités, le durcissement du cadre légal vise à retirer tout argument de recrutement aux groupes armés et à renforcer l’effet dissuasif de la loi face à la crise sécuritaire.

Au-delà de la réintroduction de la peine suprême, la refonte du Code pénal s’accompagne d’un renforcement global des sanctions contre la criminalité économique, notamment par des peines financières accrues en cas de corruption et de détournement de deniers publics. Avec ce vote historique, le pouvoir de transition entend marquer une fermeté absolue dans la restauration de l’ordre public et la préservation de l’intégrité nationale.

Flora HOUNSOUNOU

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