Tentative de coup d’Etat du 29 août au Niger : Niamey accuse le Bénin

La lune de miel diplomatique tant espérée dans la sous-région devra encore attendre. Depuis son accession au pouvoir le 24 mai dernier, le président béninois Romuald Wadagni a résolument opté pour la politique de la main tendue. Multipliant les appels au dialogue, le nouveau chef de l’État tente par un pragmatisme économique et fraternel de rebâtir les ponts brisés et de fluidifier à nouveau les échanges commerciaux entre Cotonou et Niamey. Pourtant, à cette diplomatie d’apaisement, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie du Niger oppose un repli défensif et une rhétorique de rupture.

Le dernier épisode en date s’est joué ce mardi 1er septembre 2026 sur les écrans de la télévision publique nigérienne. Lors d’une intervention sur l’ORTN, le capitaine Roger Gabriel, officier de l’armée de l’air nigérienne, a frontalement indexé le Bénin. Selon ses déclarations, Cotonou, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Tchad et de la France, serait l’un des commanditaires de la tentative de coup d’État déjouée le 29 août dernier à Niamey. Ces accusations, que de nombreux observateurs régionaux qualifient de décousues et d’infondées, s’inscrivent dans une stratégie bien connue du général Abdourahamane Tiani qui consiste à externaliser les crises internes du Niger en désignant des boucs émissaires extérieurs. Face à ces allégations, la réaction du président tchadien Mahamat Déby a d’ailleurs été cinglante, appelant à ne pas mêler le faux à la vérité.

Au Bénin, cette nouvelle charge passe mal mais ne semble pas dévier le gouvernement de sa trajectoire. Romuald Wadagni incarne cette nouvelle génération de leaders africains convaincus que l’intérêt supérieur des populations passe par la stabilité transfrontalière et le développement des infrastructures comme les routes, les ports et les corridors. En refusant de céder aux provocations, Cotonou renvoie l’image d’un État responsable face à un régime nigérien qui, en s’enfermant dans un blâme systématique, fragilise l’économie de son propre peuple et s’isole sur l’échiquier ouest-africain. L’histoire retiendra sans doute la persévérance du Bénin à vouloir bâtir des routes et des alliances, là où Niamey continue de dresser des barrières de méfiance. Pour l’heure, le courage du dialogue prôné par Cotonou se heurte encore au déni économique et idéologique d’un Niger en quête de repères.

Marie Immaculée VODOUNSI

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