Le paysage institutionnel béninois connaît un tournant historique majeur en ce milieu d’année deux mille vingt-six. À l’issue d’une séance particulièrement dense du Conseil des ministres, les projecteurs se braquent simultanément sur le renouvellement des instances républicaines et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles de la fin de l’année deux mille vingt-cinq, marquant l’avènement notable d’un système parlementaire bicaméral dans le pays.
Au cœur des décisions entérinées par l’exécutif figure l’officialisation de la composition du Conseil Économique et Social, une institution profondément rénovée pour sa nouvelle mandature. Ce sont au total cent dix-sept personnalités qui ont été nommées pour siéger au sein de cette assemblée consultative. La structure de ce nouveau conseil repose sur un maillage territorial et sectoriel rigoureux, combinant cent huit représentants issus des douze départements du pays et neuf membres choisis à l’échelle nationale. Parmi les figures de proue désignées pour porter la voix des forces vives de la nation, on note la présence de personnalités politiques de premier plan telles que Kokou Lucien Houngnibo, Valentin Aditi Houdé, Guy Mitokpè et Isidore Gnonlonfoun au niveau départemental. Sur le plan national, la liste consacre des leaders du monde économique, culturel et étatique à l’instar d’Arnauld Akakpo, représentant la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, d’Hermann Imali Djetta pour le secteur agricole, de Stanislas Dégbo pour les arts, ainsi que de hauts dignitaires comme Pascal Essou et Razack Amouda Issifou.
Parallèlement à cette réorganisation, l’attention se porte sur la concrétisation de la haute chambre législative avec l’installation progressive du Sénat béninois. Cette nouvelle institution, forte de vingt-cinq membres, se distingue par l’intégration de plein droit des figures ayant marqué l’histoire politique et juridique contemporaine du Bénin. Le collège des sénateurs réunit ainsi les anciens présidents de la République, notamment Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, ce dernier ayant récemment passé le témoin à la magistrature suprême. Ils siègent aux côtés des anciens présidents de l’Assemblée nationale que sont Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Idji Kolawolé et Mathurin Nago.
Pour parfaire l’équilibre républicain et apporter une expertise juridique incontournable à cette seconde chambre, les anciens présidents de la Cour constitutionnelle ont également été appelés à siéger. Les éminents juristes Robert Dossou, Théodore Holo, Razaki Amouda Issifou, ainsi que Joseph Djogbénou, qui préside par ailleurs l’Assemblée nationale pour la dixième législature, complètent ce cercle de hauts magistrats, sans oublier l’hommage historique rendu à la mémoire de Conceptia Denis Ouinsou. Complété par des désignations stratégiques de l’exécutif et du parlement, ce Sénat naissant s’apprête à redéfinir l’équilibre des pouvoirs et le contrôle législatif au Bénin, ouvrant une ère de stabilité renforcée pour les institutions de la République.
Flora HOUNSOUNOU
