Premier bilan de l’ère pétrolière au Sénégal : Le PIB bondit de 6,5 % en 2025 L’a

L’année 2025 marque un tournant décisif pour l’économie sénégalaise. Selon les derniers comptes nationaux provisoires publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Produit Intérieur Brut (PIB) du pays s’est apprécié de 6,5 %, contre 6,3 % en 2024, franchissant le cap des 25 767,3 milliards de francs CFA. Cette accélération s’explique en premier lieu par l’entrée en phase de croisière du gisement pétrolier de Sangomar et le lancement officiel des opérations gazières sur le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

C’est le secteur secondaire qui s’impose comme le principal moteur de cette dynamique économique. Avec une envolée spectaculaire de 15,9 %, il génère à lui seul 4,1 points de la croissance globale. Cette performance inégalée repose massivement sur les activités extractives, en bonds de 62,5 %, ainsi que sur l’industrie du raffinage et de la cokéfaction, en hausse de 49,4 %. Les exportations globales de biens et de services profitent pleinement de cette rente hydrocarbure en bondissant de 30,7 % pour atteindre 7 081,3 milliards de FCFA, tirées principalement par les ventes de biens à l’étranger (+36,5 %).

Cependant, cette dynamique sectorielle masque un essoufflement notable du reste du tissu économique. Hors hydrocarbures, la progression du PIB ralentit à 2,4 % (contre 3,3 % un an plus tôt), et tombe même à 2,0 % lorsqu’on en exclut également l’agriculture. Le secteur tertiaire enregistre un freinage brutal, passant de 6,1 % de croissance en 2024 à seulement 2,8 % en 2025, lourdement impacté par une baisse de 17,5 % dans les services spécialisés et scientifiques. Le secteur primaire conserve quant à lui une trajectoire solide (+5,5 %), portée par les bons résultats de l’agriculture (+7,4 %) et de l’élevage (+5,3 %).

L’autre signal d’attention réside du côté de la demande intérieure. Si la consommation finale conserve son rôle de soutien avec une hausse de 4,2 %, soutenue par les ménages (+4,0 %) et l’État (+4,9 %), l’investissement global (FBCF) subit un net coup de frein en se repliant de 13,0 %. Ce désengagement est particulièrement marqué au niveau des investissements publics, qui chutent de 36,9 %, tandis que l’investissement privé recule de 6,5 %. Malgré ce tassement de l’effort d’équipement, le pétrole et le gaz s’affirment désormais comme les nouveaux piliers structurels de l’économie nationale.

Flora HOUNSOUNOU

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