La résilience économique s’établit comme la priorité absolue des autorités financières béninoises.
En écho à la récente revalorisation de sa note souveraine à Ba3 par l’agence Moody’s, le gouvernement a dévoilé les détails d’un plan d’investissement massif de 14,5 milliards de dollars américains visant à immuniser le tissu productif national contre les aléas climatiques d’ici 2035. Cette stratégie à long terme vise à protéger les infrastructures majeures du pays et à stabiliser les performances macroéconomiques face aux cycles de sécheresse et d’inondations qui menacent régulièrement la sous-région. Ce programme de financement de grande envergure s’articule prioritairement autour de la restructuration du secteur agricole, qui demeure le premier pourvoyeur d’emplois et de devises du pays. Les fonds mobilisés serviront à moderniser les systèmes d’irrigation dans les grands bassins cotonniers et vivriers, réduisant ainsi la dépendance des producteurs nationaux vis-à-vis des caprices de la pluviométrie.
Parallèlement, des enveloppes spécifiques seront allouées à la sécurisation des infrastructures portuaires de Cotonou et à la durabilité énergétique de la zone industrielle de Glo-Djigbé, moteurs essentiels de l’attractivité béninoise. La crédibilité acquise par Cotonou sur les places financières internationales facilite la négociation de ces partenariats public-privé et la levée de fonds verts multilatéraux. En structurant ce bouclier macroéconomique, le ministère de l’Économie et des Finances entend rassurer les investisseurs étrangers sur la pérennité des investissements à l’intérieur des frontières béninoises. Le succès de cette offensive financière conditionnera la capacité du pays à maintenir sa trajectoire de croissance supérieure à 7 % tout en préservant le pouvoir d’achat des populations face aux crises environnementales futures.
Marie Immaculée VODOUNSI
