Au Sénégal, la tension politique et économique franchit un nouveau palier avec la prise de parole musclée d’Ousmane Sonko. Le président de l’Assemblée nationale et leader du parti PASTEF a qualifié de « pas acceptable » le projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) présenté par le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 19 octobre à Dakar, le patron de la majorité parlementaire a menacé de rejeter purement et simplement le texte. Il dénonce des arbitrages budgétaires qu’il estime néfastes pour les populations, en particulier la réduction préconisée des subventions aux produits pétroliers qui risquerait de provoquer une envolée des prix à la pompe.
Ousmane Sonko fustige également une nette baisse des crédits alloués aux investissements publics et aux secteurs sociaux essentiels tels que l’éducation ou la solidarité nationale. Selon lui, ces coupes budgétaires visent avant tout à dégager des marges financières pour rembourser la dette, au détriment direct du pouvoir d’achat des ménages déjà éprouvés par la conjoncture. Face à ce qu’il perçoit comme une dérive, le leader de PASTEF demande une révision en profondeur des priorités budgétaires et conditionne le vote des députés de sa majorité à l’intégration d’amendements substantiels.
Cette prise de position ferme met en lumière les vives divergences qui opposent désormais la majorité parlementaire à l’exécutif sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Alors que le gouvernement cherche à assainir les finances publiques sous la contrainte des engagements internationaux, la menace d’un blocage à l’Assemblée nationale ouvre une période d’incertitude institutionnelle. Ousmane Sonko s’est toutefois dit ouvert à un dialogue franc, tout en avertissant que son parti ne cautionnera aucun texte maintenant ces mesures d’austérité.
Flora HOUNSOUNOU
