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L’Espagne, l’Irlande et la Noverge reconnaissent à leur tour : L’Etat de la Palestine (146 pays sur les 193 de l’ONU reconnaissent l’Etat de Palestine)

Combien de pays reconnaissent désormais l’existence d’un Etat palestinien ? Avec l’annonce de l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, 146 des 193 pays membres de l’Organisation des Nations unies reconnaissent désormais officiellement l’Etat de Palestine.
Il faut souligner que le Vatican, qui n’est pas membre de l’ONU, a également reconnu l’Etat de Palestine en 2015.
L’Espagne et l’Irlande, membres de l’Union européenne (UE), ainsi que la Norvège ont annoncé le mercredi 22 mai 2024, reconnaître officiellement l’Etat de Palestine. Cette décision intervient en pleine guerre meurtrière dans la bande de Gaza, lancée par Israël en représailles à l’attaque du Hamas le 07 octobre 2024, et alors que l’UE reste très divisée sur le sujet. Ces trois pays cherchent surtout à relancer le processus de paix sur la base d’une solution à deux Etats.
L’Espagne, l’Irlande et la Norvège décident donc de reconnaître ensemble la Palestine comme un Etat.
Avant la Suède en 2014, les rares pays de l’UE à avoir reconnu un Etat palestinien, principalement des Etats de l’ancien bloc soviétique, l’avaient fait avant leur adhésion à l’Union. La Slovénie pourrait prochainement rejoindre la liste puisque le gouvernement veut faire adopter au Parlement un décret en ce sens d’ici au 13 juin 2024 selon des sources bien renseignées.
Depuis la création de l’Etat d’Israël, en 1948, les différents mouvements politiques palestiniens ont fait de la création d’un Etat palestinien indépendant l’une de leurs principales revendications. En 1988, la proclamation unilatérale de l’indépendance de la Palestine par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) mène 82 Etats à reconnaître officiellement ce « nouveau pays ». Parmi eux, une majorité de pays d’Afrique et du Moyen-Orient et une partie de ce qui était alors le bloc soviétique.
De nombreux autres pays ont suivi progressivement le mouvement, notamment en Amérique du Sud au début des années 2010 (Brésil, Argentine, Pérou, Uruguay…). Dans le contexte de la guerre menée par Israël à Gaza, qui a fait plus de 35 000 morts, sept pays ont reconnu l’Etat palestinien depuis le début de l’année 2024.
L’Autorité palestinienne se prévaut maintenant de la reconnaissance de la Palestine comme Etat indépendant par 146 pays, soit près de 75 % des 193 Etats membres de l’Organisation des Nations unies (ONU). Pour le moment, aucun pays occidental du G20 n’a franchi le pas.
De nombreux pays, comme la France ou le Royaume-Uni, entretiennent des relations diplomatiques avec l’Autorité palestinienne, bien qu’ils n’aient pas fait le choix de reconnaître l’Etat en tant que tel. En novembre 2012, la Palestine a été admise comme Etat observateur non membre de l’ONU. Ce statut lui confère le droit d’assister à la plupart des réunions et d’en consulter la documentation, mais ne lui permet pas de voter, de proposer des résolutions ni de postuler à des offices onusiens.
Ces derniers mois, la France a rappelé à l’ONU être favorable à l’admission de la Palestine comme membre de plein droit, tandis qu’Emmanuel Macron affirmait en février que « la reconnaissance d’un Etat palestinien n’est pas un tabou pour la France ».
La communauté diplomatique plaide depuis des années pour la reconnaissance mutuelle par les Israéliens et les Palestiniens de deux Etats. Mais la menace d’aboutir à une telle solution sans la volonté d’Israël apparaît comme une pression diplomatique supplémentaire.
Emmanuel Macron a apporté, vendredi 16 février 2024, le soutien français aux partisans d’une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien, assurant que ce n’était plus « un tabou », malgré les mises en garde d’Israël face à cette perspective qui s’esquisse chez certains alliés occidentaux.
En recevant à l’Elysée le roi Abdallah II de Jordanie, le président français a aussi alerté sur le « désastre humanitaire sans précédent » et le « tournant » que provoquerait une offensive israélienne contre la ville palestinienne de Rafah, où près d’un million et demi de Palestiniens sont piégés à la frontière avec l’Egypte.
Depuis l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, le 07 octobre 2023, et le conflit qu’elle a provoqué à la faveur des représailles israéliennes massives à Gaza, Paris affirme que seule la « solution à deux Etats », israélien et palestinien, peut sortir la région de l’ornière. Et se réjouit que cette idée ancienne, en sourdine pendant des années, ait été remise clairement à l’ordre du jour par les Etats-Unis.

Reconnaissance mutuelle de deux Etats
Il faut lui donner « un élan décisif et irréversible », a martelé vendredi le président français. Mais il a franchi, pour la première fois, un pas diplomatique notable en menaçant d’une autorisation unilatérale en l’absence de volonté israélienne d’aboutir à une telle solution par des négociations. « La reconnaissance d’un Etat palestinien n’est pas un tabou pour la France », a ainsi prévenu Emmanuel Macron.
Lire aussi la chronique : Article réservé à nos abonnés Palestine-Israël : la brève histoire de la solution à deux Etats

« Nous le devons aux Palestiniens, dont les aspirations ont été trop longtemps piétinées. Nous le devons aux Israéliens qui ont vécu le plus grand massacre antisémite de notre siècle. Nous le devons à une région qui aspire à échapper aux promoteurs de chaos et aux semeurs de revanche », a-t-il ajouté.

La communauté diplomatique plaide depuis des années pour la reconnaissance mutuelle par les Israéliens et les Palestiniens de deux Etats vivant en paix côte à côte. Après avoir été au cœur des négociations menées sous l’égide des Etats-Unis à la fin des années 1990 et au début des années 2000, cette perspective est au point mort depuis des années.
Une « récompense au terrorisme »
Près de 140 pays ont reconnu unilatéralement un Etat palestinien, mais aucune grande puissance occidentale ou membre du G7 ne l’a fait. Une reconnaissance française ou européenne, voire américaine, aurait surtout un poids diplomatique : sans paix ni négociations, un tel Etat serait difficilement viable.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Israël-Palestine : les Européens font bloc pour défendre l’idée d’une solution à deux Etats

Mais en brandir la menace apparaît comme un moyen de pression supplémentaire sur Israël. S’agit-il d’une stratégie coordonnée ? Les déclarations d’Emmanuel Macron interviennent alors que plusieurs signes en faveur d’une possible reconnaissance occidentale se sont manifestés récemment.
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Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a d’ailleurs rejeté jeudi toute reconnaissance internationale d’un Etat palestinien hors négociations israélo-palestiniennes, affirmant qu’une telle initiative « offrirait une énorme récompense au terrorisme ».
Parmi les dirigeants européens les plus sensibles à la cause palestinienne, l’Espagnol Pedro Sanchez a estimé dès novembre que reconnaître un Etat palestinien était « dans l’intérêt de l’Europe », sans écarter une décision unilatérale. Plusieurs pays européens ont déjà franchi ce pas, comme la Hongrie, la Pologne ou la Roumanie. Mais la plupart l’ont fait avant d’entrer dans l’Union européenne.
Possible reconnaissance américaine
Fin janvier, le chef de la diplomatie britannique, David Cameron, a lui aussi évoqué la nécessité d’examiner, avec les alliés du Royaume-Uni, « la question de la reconnaissance d’un Etat palestinien, y compris aux Nations unies », qui pourrait contribuer « à rendre ce processus irréversible ». Londres a toutefois dû assurer que sa position n’avait pas varié.
Surtout, des médias américains ont rapporté ces toutes dernières semaines qu’une reconnaissance d’un l’Etat palestinien n’était pas exclue par Washington. Le site d’informations Axios a écrit que le Secrétaire d’Etat, Antony Blinken, avait demandé à ses services de lui présenter les options sur une possible reconnaissance américaine et internationale après la guerre à Gaza.
Le chef de la diplomatie américaine a plaidé publiquement la semaine dernière à Tel-Aviv pour la définition d’un « chemin concret, irréversible et sur la base d’un calendrier, vers un Etat palestinien vivant en paix et en sécurité à côté d’Israël ».
De tout ceci, il faut espérer que la France, les autres pays de l’Union Européenne et les États Unis franchissent de cette reconnaissance de l’Etat palestinien. Ce ne serait que justice.

Mick de BADAR
(Sources internet

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