L’éphéméride de l’Espoir : Abdelkader El Djezairi

Né le 6 septembre 1808 près de Mascara, Abdelkader El Djezairi s’impose dès l’âge de 24 ans comme le chef incontesté de la résistance algérienne face à l’invasion française. Érudit, poète et fin stratège militaire, il parvient à unifier les tribus du territoire et pose les bases d’un État moderne et souverain, doté de sa propre monnaie, d’un système judiciaire et d’une armée régulière.

Sa ténacité contraint le commandement français à signer le traité de La Tafna en 1837, entérinant son autorité sur une vaste portion du pays. Face à l’escalade de la guerre totale menée par le général Bugeaud, l’Émir prend la décision d’effectuer une reddition honorable en 1847 afin de préserver son peuple d’un massacre généralisé.

Néanmoins retenu prisonnier en France durant quatre années, notamment au château d’Amboise, il est finalement libéré en 1852 par Napoléon III avant de choisir l’exil à Damas. C’est dans la capitale syrienne qu’il accomplit en 1860 un geste humanitaire au retentissement mondial : au plus fort de violentes émeutes interconfessionnelles, il intervient au péril de sa vie pour héberger et sauver des milliers de chrétiens menacés.

Considéré par la Croix-Rouge comme l’un des fondateurs du droit international humanitaire pour avoir encadré très tôt le droit des prisonniers de guerre, cet homme d’État et de foi s’éteint le 26 mai 1883, s’inscrivant dans l’Histoire comme un symbole universel de tolérance, de courage et de dignité.

Flora HOUNSOUNOU

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