A LA UNEANNONCESBéninCOMMUNIQUEEducationPOLITIQUESOCIETE

LA SCOLARITÉ DES FILLES AU BÉNIN : LA GENERALISATION DE LA GRATUITE

Dans le cadre de l’analyse des grandes réformes sociales en cours au Bénin, la mesure gouvernementale décrétant la gratuité de la scolarité pour les filles dans l’enseignement général et technique suscite de grandes vagues d’optimisme au sein de la société civile. Prévue pour entrer en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire 2026-2027, cette décision est accueillie comme le couronnement de plusieurs années de plaidoyer intensif pour corriger les disparités de genre et garantir l’égalité des chances au sein du système éducatif.

Auparavant limitée à une expérimentation dans 20 communes ciblées comme défavorisées, l’extension de cette mesure à l’échelle nationale s’apprête à transformer le quotidien de centaines de milliers de familles béninoises. Rien que pour le sous-secteur de l’enseignement général, ce sont plus de 332 000 filles qui seront directement impactées par cette exonération, s’ajoutant aux milliers d’autres inscrites dans les filières techniques. Cette décision hautement sociale apporte un soulagement financier direct aux parents indigents, pour qui le paiement des frais de scolarité (parfois fixés à 15 000 FCFA) constituait un motif d’abandon précoce. En maintenant les filles à l’école, l’État dresse également une barrière solide contre les fléaux sociaux tels que les mariages précoces et les vulnérabilités de toutes formes.

Sur le plan stratégique, cette gratuité totale vise à briser le plafond de verre qui limite l’accès des femmes aux études supérieures. Actuellement, le taux d’achèvement des filles au second cycle du secondaire stagne entre 18 % et 20 %. En fluidifiant la transition de la seconde à la terminale, le pays s’assure de voir émerger, d’ici les cinq prochaines années, une vague sans précédent de femmes diplômées de licences et de masters. Mieux formées et hautement qualifiées, ces futures cadres pourront ainsi s’aligner à compétences égales avec les hommes pour occuper des postes décisionnels et sensibles, indispensables au développement durable de la nation.

Cependant, la réussite de ce pari historique repose désormais sur la capacité des structures étatiques à relever d’importants défis logistiques et institutionnels. L’afflux massif attendu dans les Collèges d’Enseignement Général (CEG) fait peser un risque réel d’effectifs pléthoriques dans les salles de classe, en particulier du second cycle. Pour y faire face, le gouvernement devra veiller au versement rigoureux et à bonne date des subventions compensatoires pour garantir le fonctionnement des établissements. De plus, un plan d’urgence s’impose pour la construction de nouvelles infrastructures scolaires, parallèlement à l’accélération du recrutement et de la formation d’enseignants qualifiés via le renforcement du dispositif des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME).

Marie Immaculée VODOUNSI

Articles Liés

Programme international « Convergence initiative » : Le Nigéria annonce son adhésion

Dans le cadre de ses efforts pour moderniser son agriculture tout en...

Restitution culturelle au Bénin : Le retour de 35 biens et archives de France

Le gouvernement béninois franchit une nouvelle étape décisive dans sa politique de...

17eme session du Forum ministériel panafricain du CAFRAD à Rabat : De nouvelles perspectives pour le Bénin

Le Bénin réaffirme son engagement en faveur de l’innovation et de la...

Demande d’extradition de Kemi Seba en Afrique du Sud : Un Nouveau report pour le 11 août

C’est un feuilleton juridico-politique qui continue de tenir le continent en haleine....