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LA FILIÈRE COTON AU BÉNIN: TALON MIEUX QUE SOGLO

Sans doute, il est à constater une bonne santé de l’or blanc. Les moteurs de cette croissance sont clairement identifiés. Il y a d’abord la reprise exceptionnelle de la filière coton, un secteur qui enchaîne les records depuis qu’il a été rendu aux opérateurs privés, il y a trois ans.

Cette année le Bénin est devenu le premier producteur africain de coton, devant le Mali et devant le Burkina Faso, dont la production s’est effondrée. La capitale économique du Bénin, Cotonou, n’a jamais aussi bien porté son nom. Le Bénin est le nouveau champion du coton en Afrique. Sur la campagne 2018-2019, la production béninoise dépasse largement les 700 000 tonnes de coton graine. Le petit pays ouest-africain fait mieux que l’ancien géant, le Mali (660 000 tonnes). Les producteurs maliens, pour des raisons climatiques, n’ont pas eu les rendements du passé malgré des semis prometteurs.

Cette bonne santé retrouvée de l’or blanc, qui doit beaucoup aux efforts d’apurement pour sortir de la gestion problématique des années précédentes, a également contribué aux efforts déployés pour diversifier un secteur agricole qui représente 35 % du PIB. Depuis l’arrivée de Patrice Talon à la présidence, observe l’expert du coton Gérald Estur, les autorités ont œuvré à la relance de la filière. « Pour ce qui est du Bénin, c’est la reprise en main de la filière depuis trois ans qui a permis, a contrario de ce qui se faisait avant, de payer rapidement les producteurs, de mettre en place de façon efficace des intrants très rapidement et d’avoir une filière verticale intégrée, gérée depuis le plus haut sommet de l’État, qui a créé un choc de confiance. La production, qui plafonnait autour de 350 000 tonnes, a plus que doublé en trois-quatre ans, depuis l’arrivée du nouveau régime. On sait bien que le chef de l’État est le premier opérateur de la filière du pays, un professionnel du coton. » L’investissement public affiche, lui aussi, des niveaux records.

LNB

En 2018 et en 2019, près de 895,21 milliards de F CFA (plus de 1,36 milliard d’euros) auront été engagés dans les projets inscrits au PAG, dont près de la moitié grâce au budget national, le reste étant financé par des investisseurs privés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) ou abondé par les bailleurs de fonds internationaux. Ainsi, le Bénin est passé du rang de quatrième producteur africain à celui de troisième, devant la Côte d’Ivoire, en 2016-2017. Ces résultats positifs de la filière et la hausse de l’activité d’égrenage ont contribué notamment à tirer la croissance économique du pays, qui avoisine 6 % en 2018 contre 5,7 % un an plus tôt. Fleuron de l’agriculture béninoise, la fibre blanche fournit environ 13 % du PIB et plus de 40 % des recettes d’exportation. Elle procure directement des revenus pour plus 300 000 exploitants et soutient indirectement plus de 3 millions de personnes.

On est loin des résultats des années de gloire du Président Soglo et donc même des années de satisfaction du Président Yayi. On peut bien affirmer que Talon maîtrise ce domaine et c’est mieux pour l’économie béninoise.

Par Jules BOCO

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