Majoritaires à la Chambre Haute, la droite et le centre droit ont indiqué qu’ils donneraient leur feu vert vendredi aux mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat.
Emmanuel Macron a décrété lors de son allocution l’état d’urgence économique et sociale ? Encore faut-il que les mesures de pouvoir d’achat présentées ce mercredi en Conseil des ministres soient adoptées dans la foulée. A l’Assemblée nationale, l’issue du vote prévu ce jeudi, ne fait aucun doute. Mais au Sénat, c’est la droite majoritaire qui détient la clef.
Risque de bloquer
La droite peut-elle s’opposer et bloquer, au risque de passer aux yeux de l’opinion et de ses propres électeurs pour ceux qui retardent la mise en place de ces mesures de pouvoir d’achat ? Au Sénat, la majorité a tranché. Président du groupe LR, Bruno Retailleau a proposé mardi à ses troupes de voter la loi d’urgence économique et sociale. Et de voter conforme. « Ces mesures d’apaisement, elles étaient absolument nécessaires », a-t-il soutenu sur LCI, tout en estimant qu’elles ne « vont pas soigner définitivement le malade », car elles sont « faites avec un chèque en bois », selon lui.
Même son de cloche du côté du groupe Union centriste. Son président, Hervé Marseille, prend plaisir à souligner au passage, s’agissant de l’annulation de la hausse des taxes sur les carburants dans le projet de loi de Finances, qu’il est « satisfait que le gouvernement ait enfin repris ce que préconisait le Sénat ». Son groupe doit aussi voter conforme vendredi les mesures d’urgence. « Pour l’essentiel, nous les avons réclamées, sourit-il : la clémence pour les retraités odieusement rackettés, la défiscalisation des heures supplémentaires supprimée par François Hollande, on y a toujours été favorables !… On ne va pas s’amuser à s’y opposer, même si on peut discuter de la méthode. Il faudra bien qu’on fasse les additions. »
Piège du pouvoir d’achat
Malgré les réserves, difficile donc pour la droite de bloquer ces mesures. L’équation n’est pas plus facile pour les groupes issus de partis de gouvernement. Ainsi, le PS devrait s’abstenir – difficile, pour lui, de voter contre des mesures pouvoir d’achat – même si, souligne Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat, elles sont «insuffisantes et déséquilibrées . »
A l’Assemblée, Christian Jacob, patron des députés LR, a lui aussi indiqué que son groupe voterait ces mesures. Mais « à condition que les engagements du président de la République soient tenus ». De quoi permettre encore des évolutions au sein du groupe où l’on critique, entre autres, l’application de la CSG aux heures supplémentaires.
Quant aux partis situés aux extrémités de l’Hémicycle, ils doivent sans surprise voter contre le texte, même si, indique-t-on du côté de La France insoumise, ils pourraient ne pas le faire sur tous les articles. Le piège du pouvoir d’achat.
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