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Encadrement des funérailles et cérémonies ruineuses au Bénin : Mgr Clet Fèliho relance le débat

L’appel lancé par l’évêque de Kandi à la tribune de l’Assemblée nationale résonne comme un électrochoc face aux dérives financières qui entourent les obsèques dans notre société. Dans une correspondance adressée à la représentation nationale, le prélat alerte sur le poids étouffant que ces manifestations font peser sur les ménages et appelle à une prise de conscience collective pour protéger les familles. Cette prise de parole épiscopale remet en lumière une réalité sociologique préoccupante où le souci d’honorer la mémoire des défunts bascule fréquemment dans la surenchère et l’ostentation.

Le diagnostic posé aujourd’hui par l’homme d’Église rappelle l’initiative parlementaire entreprise il y a près d’une décennie par le député Nazaire Sado. Dès deux mille dix-sept, une proposition de loi avait été formulée pour mettre un terme au cercle vicieux de l’endettement familial. L’élu s’inquiétait alors de voir des sommes considérables englouties dans les festivités mortuaires au détriment des dépenses de santé indispensables à la survie des malades. Il proposait un encadrement financier strict, en fixant un plafond maximal de cinq cent mille francs CFA pour les cérémonies diverses et funéraires, et de six cent mille francs CFA pour les mariages. Le texte prévoyait également l’interdiction de la consommation d’alcool lors des rassemblements, la fin des réjouissances fastueuses sur la voie publique et la limitation du séjour des corps à la morgue à huit jours au maximum.

Pour dissuader les récalcitrants de céder à l’ostentation, le projet fixait des amendes allant de cent mille à un million de francs CFA, assorties parfois de peines de prison allant d’un à six mois. Malgré la rigueur de ces propositions, le texte est resté sans suite législative pendant que la pression sociale continuait d’asphyxier les ménages. L’intervention récente de l’évêque de Kandi démontre que l’urgence demeure intacte et qu’il devient impératif de concilier le respect dû aux traditions ancestrales avec la préservation des conditions de vie des citoyens. Il ne s’agit pas de supprimer les rites qui accompagnent le grand voyage, mais de libérer les vivants du carcan du m’as-tu-vu et des exigences financières suffocantes.

Marie-Immaculée VODOUNS

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