Déclaration de politique générale du Premier Ministre du Sénégal : Al Aminou Lo dévoile sa feuille de route (Réforme des subventions et baisse des dépenses au centre des préoccupations) Lors

de sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Al Aminou Lo s’est employé à rassurer l’opinion face aux inquiétudes sur les finances publiques. Prônant la pédagogie, le chef du gouvernement a défendu les orientations du programme conclu avec le Fonds monétaire international, tout en affirmant que ces mesures s’inscrivent dans la continuité des engagements antérieurs de l’État.

Pour redonner des marges de manœuvre à l’économie nationale, le gouvernement mise en premier lieu sur une rationalisation stricte des dépenses. Celle-ci passe par la maîtrise de la masse salariale, l’optimisation des dépenses de fonctionnement et une meilleure efficacité des investissements publics. Dans cette dynamique de restructuration, un projet présenté en Conseil des ministres prévoit la suppression de 19 agences parapubliques ainsi que la fusion de plusieurs entités.

Le volet des subventions subira lui aussi une refonte majeure. Al Aminou Lo a annoncé une réduction graduelle de leur charge pour atteindre 1 % du PIB d’ici 2029, soit environ 250 milliards de francs CFA. Précisant qu’il s’agit de rationaliser et non de supprimer, le Premier ministre a indiqué que les aides à l’électricité et aux carburants seront désormais ciblées sur les populations les plus vulnérables plutôt que sur les produits eux-mêmes.

Face à la dégradation de la notation financière du pays et aux doutes sur sa capacité de redressement, le gouvernement entend assainir la dette publique. Pour préserver la confiance des marchés, le Sénégal privilégiera un reprofilage axé sur l’allongement des maturités et la renégociation des taux d’intérêt, écartant ainsi l’option d’une restructuration plus profonde. Cette démarche sera menée avec l’appui du FMI, de la Banque mondiale et d’autres partenaires multilatéraux.

L’énergie et les ressources naturelles constituent l’autre levier clé pour renforcer la souveraineté économique. La Senelec devrait recevoir du gaz naturel liquéfié dès janvier 2027 pour produire une électricité moins chère, tandis qu’un accord est recherché avec la Mauritanie et la compagnie BP concernant le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim.

Parallèlement, la révision du code minier est attendue avant la fin de l’année 2026, avec l’ambition de générer 600 milliards de francs CFA de recettes annuelles à l’horizon 2029. Sur le plan agricole, le gouvernement vise un accroissement significatif de l’autosuffisance d’ici 2029, ciblant notamment des taux de couverture de 100 % pour les oignons et 64 % pour le riz.

Enfin, Al Aminou Lo a rappelé que cette autonomie économique reste indissociable de la sécurité nationale, annonçant l’accélération des lois de programmation militaire et de défense pour mieux protéger les infrastructures stratégiques du pays.

Flora HOUNSOUNOU

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