Décentralisation, salubrité publique,assainissement et gestion de cadre de vie : Les Maires et Préfets rappelés à leurs obligations

La question de la salubrité urbaine et de la préservation du cadre de vie se hisse au cœur des priorités de l’agenda gouvernemental. À l’occasion de ses récentes séances de travail avec les soixante-dix-sept maires et les douze préfets des départements du Bénin au Palais de la Marina, le président de la République, Romuald Wadagni, a adressé une mise en demeure politique claire aux exécutifs communaux concernant l’état de propreté de leurs territoires respectifs.

Cette interpellation directe de la haute autorité de l’État découle du constat de disparités persistantes entre les municipalités dans le traitement des insalubrités, la gestion des déchets ménagers et la tenue des espaces publics. Si les investissements étatiques massifs ont permis de doter les grandes agglomérations d’infrastructures modernes de collecte et de pavage, la gouvernance de proximité pêche encore par un manque de suivi rigoureux et d’initiatives locales pérennes. Le chef de l’État a ainsi invité les élus locaux à faire preuve d’exemplarité personnelle et administrative en faisant de la propreté un indicateur clé de leur gestion.

Dans le prolongement de cette orientation, le gouvernement a précisé les modalités opérationnelles qui doivent guider l’action des municipalités. Romuald Wadagni a annoncé qu’il effectuerait lui-même des visites inopinées sur le terrain dans l’ensemble des départements afin de vérifier le maintien de l’ordre public écologique. Toutefois, l’exécutif demande fermement aux maires de banished les méthodes coercitives ou brutales lors des opérations de libération des domaines publics, pour privilégier la sensibilisation, la pédagogie et la concertation préalable avec les usagers et commerçants.

Les enjeux sous-jacents dépassent le cadre de la simple esthétique urbaine. Sur le plan sanitaire, un cadre de vie assaini constitue le premier levier de prévention contre les maladies vectorielles et les épidémies saisonnières, réduisant ainsi les dépenses de santé des ménages les plus vulnérables. Sur le plan économique et touristique, la propreté des communes conditionne directement l’attractivité des territoires et la valorisation des investissements réalisés par l’État central.

En liant l’assainissement local au déploiement des nouveaux pôles de développement territorial, le gouvernement entend responsabiliser définitivement la chaîne de commandement municipal. Il s’agit d’instaurer une culture de la redevabilité où la qualité de vie offerte aux citoyens devient le critère premier d’évaluation de la performance des autorités locales.

Marie-Immaculée VODOUNSI

Quitter la version mobile