Un officier supérieur des Forces armées béninoises (FAB) se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tempête judiciaire devant la juridiction spéciale de Porto-Novo. À l’issue de sa présentation devant le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) le jeudi 4 juin 2026, le lieutenant-colonel A. a été formellement placé sous mandat de dépôt.
Ce haut gradé, toujours en activité au sein des rangs de l’armée nationale, est officiellement poursuivi pour apologie d’actes contre la sûreté de l’État. Les faits qui lui sont reprochés et qui ont déclenché les poursuites se sont déroulés sur la plateforme de messagerie instantanée WhatsApp, au sein d’un groupe de discussion restreint.
Selon les informations initialement rapportées par le média Libre Express, l’officier supérieur aurait réagi de manière écrite à une publication qui évoquait la tentative de coup d’État déjouée contre l’ancien président Patrice Talon, survenue le 7 décembre 2025.
Le commentaire rédigé par le militaire a immédiatement été intercepté et jugé totalement inapproprié par les services de renseignement et de sécurité intérieure.
Lors de son audition approfondie, le parquet spécial de la CRIET a interprété sa réaction textuelle comme une incitation directe ou une approbation manifeste des atteintes flagrantes à l’ordre constitutionnel ainsi qu’à la stabilité des institutions républicaines.
Face à la gravité exceptionnelle des accusations qui pèsent désormais sur ce cadre de l’armée, le juge des libertés et de la détention a ordonné son incarcération immédiate. Le lieutenant-colonel A. a ainsi été conduit dans un établissement pénitentiaire où il séjournera en détention provisoire en attendant la fixation de la date et l’ouverture officielle de son procès.
Flora HOUNSOUNOU
