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Bénin: la CADHP demande la suspension des élections municipales de mai

La Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a demandé vendredi 17 avril au gouvernement béninois de suspendre l’organisation des municipales du 17 mai. C’est un nouvel épisode du conflit qui oppose Sébastien Ajavon à l’État béninois. L’ordonnance de la CADHP irrite dans le camp Talon et au sein de l’exécutif, même s’ils n’ont pas réagi officiellement et publiquement. 

La requête (non contraignante) de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a déplu dans l’entourage du chef de l’Etat béninois qui ,selon certaines sources, s’est concerté samedi. « Ubuesque », commente un poids lourd du camp Talon. Pour le ministre porte-parole du gouvernement, Alain Oruna, « il n’appartient pas à une juridiction de s’immiscer dans le processus électoral d’un pays souverain, soucieux du respect sa constitution qui l’oblige à organiser des élections à bonne date. ». Comme excédé, le ministre conclut: « aucune institution au monde n’a jamais eu cette prétention-là, même la Cedeao qui est une institution de proximité n’est jamais allé aussi loin ».

C’est clair, les arrêts de la CADHP passent mal du côté du pouvoir.

L’avocat de l’opposant, lui, estime que « c’est la non-exécution des décisions précédentes qui a conduit à l’ordonnance de vendredi ». Pour Me Issiaka Mustafa, « son client a choisi la légalité et va poursuivre dans cette voie pour obtenir réparation sur toute la ligne ».

La décision a été notifiée vendredi mais le processus électoral pour les municipales du 17 mai se poursuit. Un autre opposant s’interroge : Patrice Talon va-t-il ignorer la décision ou va-t-il respecter le droit ?

La CADHP arbitre du conflit enrte l’exécutif et Sébastien Ajavon

Pour mémoire, en 2019, la CADHP avait donné raison à l’homme d’affaires lorsqu’il l’avait interpellée sur la violation de ses droits fondamentaux lors de sa condamnation, en octobre 2018 par contumace, à vingt ans de prison. La même Cour avait ordonné à l’État béninois de payer au requérant 36 milliards de FCFA pour le préjudice subi.

Sébastien Ajavon a ensuite introduit une nouvelle requête, se plaignant d’avoir été exclu, avec son parti l’Union sociale-démocrate, USL, des élections communales du mois de mai prochain. L’USL n’est pas légalement reconnu et le ministère de l’intérieur n’a lui pas délivré de récepissé pour les prochaines municipales. 

SOURCE: Rfi

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