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Anniversaire de décès du père de l’indépendance de la Guinée : Sékou Touré, 40 ans après (Qu’est ce qui est resté de son héritage ? l’homme de NON au Gle de Gaulle doit être réhabilité en Afrique)

26 mars 1984-26 mars 2024 : Exactement 40 ans que le Président Ahmed Sékou Touré n’est plus et la question sur toutes les lèvres dans son pays, la Guinée mais aussi dans plusieurs pays africain, qu’est ce qui est resté de l’héritage du ce grand combattant pour l’indépendance des pays africains.
Le 26 mars 1984, à la surprise générale, le Premier Ministre, Dr Lansana Béavogui, d’une voix brisée par le choc, annonce sur les antennes de la Voix de la Révolution guinéenne, le décès brutal du Responsable Suprême de la Révolution, le Président Ahmed Sékou Touré dans une Clinique de Cleveland aux États-Unis d’Amérique.
Le 30 mars de la même année, les Guinéens en présence de nombreux grands dirigeants africains et mondiaux de l’époque, rendent hommage et accompagnent à sa dernière demeure l’un des dirigeants les plus prestigieux et influents de l’histoire contemporaine.
Le 03 avril 1984, l’armée guinéenne, dans toutes ses composantes regroupées dans un Comité Militaire de Redressement National, s’empare du pouvoir et provoque une grande effervescence avec des scènes de liesses indescriptibles aux antipodes de la mobilisation endeuillée observée quelques jours auparavant lors des obsèques dignes du combat de Sékou Touré et d’un Grand Homme d’Etat.
Quarante (40) ans après, que reste-t-il de l’image du premier Président Guinéen ? L’homme de tous les combats avant les indépendances des pays africains.
Le 03 avril 1984, à la prise du pouvoir par l’armée Guinéenne, deux (02) éléments ont lourdement pesé en faveur de la grande popularité du CMRN, tombeur du régime du PDG (Parti démocratique de la Guinée) et affecté négativement l’image du feu Président Ahmed Sekou Touré, décédé le 26 mars 1984 et qui venait de bénéficier des obsèques dignes des grands Hommes du siècle : la répression des complots réels ou supposés contre le Parti-Etat et l’accusation d’enrichissement personnel portée contre le père de l’indépendance Guinéenne, ses compagnons politiques et les membres de sa famille.
Pour un Homme, qui a toujours voulu se donner l’image d’un dirigeant totalement détaché de l’argent, du bien matériel, ce chef d’accusation était particulièrement accablant, de quoi déconstruire toute une œuvre. Bref, c’était la vraie mort politique du Président Ahmed Sékou Touré après sa disparition physique.
Une écrasante majorité de Guinéens et de la communauté internationale ont adhéré à ces accusations réitérées durant de nombreuses années par les nouveaux Maîtres de Conakry et relayées à travers le monde lors des sommets internationaux ou lors des visites officielles des dignitaires du CMRN dans les pays étrangers. Durant de nombreuses années, le Guinéen et l’étranger ont eu le sentiment que les déclarations patriotiques et même panafricanistes du Président Ahmed Sékou Touré n’étaient que de simples discours sans conviction, et que la vérité ou la réalité était que l’Homme du 28 Septembre 1958 a régné d’une main de fer, éliminé ses adversaires réels ou inventés que pour se servir à satiété des ressources du pays, enrichir sa famille et que lui-même possédait des Comptes bancaires et des biens immobiliers dans de nombreux pays du monde.
Aujourd’hui, 40 ans après sa mort et bien avant, les Guinéens, qui ont le sens de l’observation et du discernement, semblent avoir compris et ont une toute autre lecture du Président Ahmed Sekou Touré. A ce jour en effet, aucun élément, aucun indice – petit soit il- n’a permis de donner un début de commencement de preuve, n’est venu étayer cette caricature des militaires du 03 avril 1984 accusant le Président Ahmed Sékou Touré d’enrichissement illicite. Tout au contraire, même quelques membres du CMRN ont eu l’honnêteté de l’avouer plus tard, les nombreuses enquêtes menées en Guinée et ailleurs, depuis les lendemains du 03 avril 1984, n’ont laissé transparaître aucune trace d’enrichissement personnel ni du Président Ahmed Sekou Touré ni de sa Famille. Il n’avait ni compte bancaire ni bien immobilier à l’étranger. Des relations, oui nombreuses et très solides, mais des biens personnels, aucune trace jusqu’à ce jour.
Il est aussi important de noter, au moment où le régime CNRD parle de récupération des biens immobiliers, le Président Ahmed Sékou Touré n’a jamais permis à un dignitaire de son régime même de rêver s’approprier un patrimoine bâti ou non de l’Etat dont le caractère souverain était sacré.
Autre symbole d’intégrité, les Guinéens, qui ont connu cette époque, se remémorent que les enfants du Président Ahmed Sekou Touré, comme ceux du Guinéen ordinaire, n’ont fréquenté que les écoles Guinéennes parfois à l’intérieur du pays du primaire à l’université, aucun d’entre eux n’a bénéficié d’une bourse d’état pour l’étranger. Alors que de milliers de jeunes Guinéens issus de familles modestes et inconnues ont bénéficié des formations dans des illustres universités et écoles supérieures à travers les bourses que de nombreux pays africains, asiatiques, européens ou américains offraient à la Guinée, parfois directement au Président Ahmed Sékou Touré à titre personnel.
Sur le plan de la Gouvernance, plus de 60 ans après l’accession du pays à l’indépendance, le Président Ahmed Sekou Touré et son régime sont, pour les Guinéens, les acteurs de la fondation de l’Etat Guinéen et artisans des grandes infrastructures publiques existantes à ce jour : Palais du peuple, Palais des Nations, Cité des Nations, Stade du 28 Septembre en désuétude et les stades régionaux aujourd’hui préfectoraux abandonnés, les Hopitaux nationaux et régionaux, l’université Gamal Abdel Nasser (l’unique digne de ce nom à ce jour), les facultés dans chaque région ou Prefecture du pays, les unités industrielles. L’école obligatoire jusque dans les villages les plus reculés.
Si l’école était obligatoire, l’emploi était garanti à tous les diplômés des établissements techniques et universitaires. Tous les services de l’Etat présents partout dans le pays: Justice, Police, Gendarmerie, Travaux Publics, PTT etc. La sécurité garantie partout sur le territoire national. La moralisation de la vie publique, le caractère sacré des ressources et biens publics n’étaient pas un slogan, le détournement d’un centime de fonds publics était considéré comme un crime et sanctionné comme tel.

Autres temps, autres moeurs. Les entreprises et sociétés comme FRIGUIA, CBG, OBK, la SOGUIFAB, ENTA, LA SOGUILUBE, L’USINE DE TEXTILE DE SANOYAH, LA SCIERIE DE MACENTA, L’USINE DE THE DE MACENTA, LA C0NSERVERIE DE MAMOU, L’USINE DE JUS DE FRUIT DE MAFERINYA, L’USINE DE THÉ DE MACENTA, LA SUCRERIE DE KOBA, LA COMPAGNIE AÉRIENNE AIR GUINÉE, L’HUILERIE DE DABOLA ET KASSA et bien d’autres étaient aussi la preuve éloquente de l’attachement et de l’intérêt du Responsable Suprême pour l’économie et le bien être des populations du pays au service duquel il a dédié sa vie. Tout a été malheureusement bradé. Aucune trace aujourd’hui de ces unités industrielles victimes du bradage, du pillage, du cannibalisme, de la course à l’enrichissement personnel sur le dos du pays engagé par des vereux cadres et prédateurs dits hommes d’affaires qui ont bénéficié de la confiance des tombeurs du régime de Sékou Touré.
Le ridicule ne tue pas, ce sont bien les accusateurs du Président Ahmed Sékou Toure qui se sont rués sur le peu de biens et patrimoines publics acquis sous son régime, à travers des systèmes de magouilles qui méritent d’être élucidés un jour, afin de remettre à l’endroit ce qui a été mis à l’étroit.
Et pourtant avec la nouvelle option libérale du CMRN, ces unités industrielles pouvaient être sauvées. Surtout que celles de l’intérieur du pays avaient aussi l’avantage de maintenir les jeunes dans leur localité.
C’est bien le Président Ahmed Sékou Touré qui a créé l’Armée, la Gendarmerie, la Police Guinéennes.
Avec une véritable politique sportive, les compétitions sportives et culturelles (inter-quartiers, inter-sections, inter-régions ou inter écoles) étaient régulièrement organisées et sur toute l’étendue du territoire national.
Sur la scène internationale, la stature et la posture du Président Ahmed Sékou Touré ont imposé le rayonnement et le respect de la Guinée dans le monde. Le Président de l’assemblée Nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, a dans une interview, en 2005, remercié le Président Ahmed Sékou Touré pour lui avoir permis de prier sur la tombe du Prophète Mahomet ( Paix et Salut Sur Lui) à la Mecque. Habib Chatty, ancien Secrétaire Général de la Ligue Islamique a témoigné dans une parution de JA sur “l’absolu respect” et la grande influence dont avait le Président Ahmed Sékou Touré au sein de la UMMA Islamique et des pays arabes. Selon cet hebdomadaire Africain, rangé dans le camp de ses farouches et irréductibles adversaires, le Président Ahmed Sékou Touré, peu avant sa mort et en moins d’un an, a obtenu des pays Arabes ce que tous les pays réunis d’Afrique de l’ouest n’ont pas eu pendant dix (10) ans. Où sont passés ces fonds ? Une grande question en effet !
D’autre part, à la faveur d’une tournée dans les années 70 dans les pays du Golfe, une délégation Guinéenne conduite par le Premier Ministre, Dr Lansana Béavogui a récolté des millions de dollars mais reçu aussi des mains du Roi d’Arabie Saoudite un don personnel sous forme de chèque offert au Président Ahmed Sékou Touré. Le jour du compte rendu public des retombées de cette mission de levée de fonds au Palais du peuple retransmis en direct par la Radiodiffusion Nationale, le Président Ahmed Sékou Touré a ordonné que les millions de dollars collectés ainsi que les 10 millions de dollars offerts par le Monarque Saoudien soient intégralement versés dans les Comptes du Trésor Public. Ils ont servi à la construction de nombreuses unités industrielles réalisées en son temps et qui sont vraisemblablement sans traces aujourd’hui.
L’homme était totalement désintéressé de la jouissance personnelle du Pouvoir.
Malheureusement, et sur le plan local et sur la scène internationale, aucun de ses successeurs, n’a encore pu faire mieux pour la grandeur internationale de la Guinée. C’est du moins l’amer constat des Guinéens qui observent ou subissent l’évolution de leur pays.
En résumé, le Président Ahmed Sekou Touré, pour les Guinéens qui l’ont connu, était un Homme intégré dans la vie de son pays qu’il parcourait à longueur d’année infiniment beaucoup plus que tous ses successeurs.
L’élection de sa fille feue Mme Aminata Touré à la Mairie de Kaloum résulte aussi de l’image que les populations de cette Commune retiennent finalement du Président Ahmed Sékou Touré qui a été lui-même Maire de la presqu’île dans les années 50.
En ce qui concerne la cruciale problématique des droits humains, de celles et ceux qui ont malheureusement perdu la vie durant les 26 ans de la première République, le regret, et il est profond, est que les militaires du CMRN qui ont renversé le régime du Président Ahmed Sékou Touré n’ont jamais initié les enquêtes sur les arrestations, emprisonnements et tueries enregistrés durant le règne qu’ils ont incriminé eux-mêmes dans la déclaration de prise du pouvoir et qu’ils n’ont cessé d’indexer.
Pas plus que les régimes suivants n’ont voulu ou pu engager le débat sur cette épineuse situation afin de situer les responsabilités et assurer à ces différentes personnalités une sépulture dont elles ont été privées par la première République.
Cependant, et même si le temps a prouvé que le Président Ahmed Sekou Touré ne s’est jamais enrichi sur la tête d’un de ses anciens compagnons disparus sous son règne, il aurait été infiniment mieux que le Responsable Suprême adopte une posture de tolérance envers ceux qui ont été accusés, à tors ou à raison, de complot ou de trahison, d’autant que la vie humaine a un caractère sacré.
Vrai ou faux, les complots ne pourront jamais justifier les répressions meurtrières. On peut rejoindre à ce niveau, tous ceux, notamment le professeur Almamy Oumar Traore, qui n’ont pas le même jugement sur le premier Président de la République de Guinée.
Mais, ce point, que ses successeurs ont lentement et inexorablement laissé enfouir avec la mort de presque tous les acteurs et témoins des faits, constitue la tâche sur le bilan d’un Président qui a profondément aimé la Guinée et défendu de toutes ses forces ses intérêts, un leader Africain qui, mieux que quiconque, s’est affirmé dans la lutte pour la libération totale, l’unité et l’émancipation du Continent. Il a fait de son pays, la Guinée, la base des mouvements de libération des pays non seulement africains mais des autres continents sous domination coloniale.
Et comme reconnaissait l’un de ses plus ardents adversaires-critiques, le premier Président Sénégalais, feu Léopold Sedar Senghor, “le Président Ahmed Sékou Touré a été un patriote Guinéen et Africain”.
En ce 26 mars 2024, coïncidant au milieu du mois Saint de Ramadan, daigne Dieu, accepter les Prières pour le repos éternel de l’âme du Président Ahmed Sékou Touré ainsi celles de ses compagnons de l’indépendance, ses collaborateurs, les disparus sous son régime.
Sékou Touré doit être réhabilité totalement dans son pays et au plan africain. Il a beaucoup donné de lui même pour la Guinée et pour l’Afrique. La tâche noire liée aux droits de l’homme fait suite aux réalités politiques de l’époque et surtout presque à ce qu’on pourrait appeler une légitime défense du régime PDG face la colère de la France à la suite du NON de la Guinée à l’occasion du référendum du 28 septembre 1958.

Mick de BADAR
( Sources : Internet)

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