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Algérie : Saïd Bouteflika, ex-« homme de l’ombre » du régime, condamné à quinze ans de prison

Le frère cadet d’Abdelaziz Bouteflika était jugé pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat ».

Un tribunal militaire algérien a condamné à quinze ans de prison Saïd Bouteflika, frère du président déchu Abdelaziz Bouteflika, jugé pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat », a rapporté mercredi 25 septembre Algérie Presse Service (APS), l’agence de presse officielle. Le frère cadet du président déchu était devenu « régent » de fait à partir de 2012, en raison de la maladie du chef de l’Etat.

Outre Saïd Bouteflika, d’autres personnages importants de l’issaba (la « bande »), selon le nom donné au clan Bouteflika par le général Ahmed Gaïd Salah, figuraient sur le banc des accusés dans ce procès tenu à huis clos au tribunal militaire de Blida, à 50 kilomètres au sud d’Alger.

Huis clos

L’ex-général de corps d’armée, Mohamed Médiène, dit « Toufik », qui a dirigé les services secrets algériens – le département du renseignement et de la sécurité – de 1990 à 2015, si puissant qu’il avait été affublé du qualificatif de « Rab Dzayer » (Le « dieu de l’Algérie »), et son successeur, le général à la retraite Athmane Tartag, dit « Bachir », ont été condamnés, eux, à quinze ans de prison, selon APS. Même peine pour Louisa Hanoune, secrétaire générale d’une petite formation politique, le Parti des travailleurs (trotskiste).

Enfin, le tribunal a également condamné à vingt ans de prison par contumace l’ancien ministre de la défense et ex-chef d’état-major de l’armée Khaled Nezzar, son fils Lotfi, ainsi que Farid Benhamdine, gérant de la Société algérienne de pharmacie, tous trois en fuite à l’étranger.

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Vague d’arrestations

Ce procès emblématique a lieu après une vague d’arrestations massives dans l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission au début d’avril après des mois d’un mouvement de contestation inédit.

A la fin de mars, le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, longtemps fidèle à Bouteflika, le lâche brusquement. Il réclame la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution prévoyant l’empêchement du président pour raisons de santé.

Saïd Bouteflika tente alors d’organiser une transition dirigée par l’ancien chef de l’Etat, le général Liamine Zéroual. Deux réunions sont organisées à cet effet entre les membres du groupe. Mais Liamine Zéroual, venu le 30 mars de Batna à Alger, à la demande du général « Toufik », décline l’offre qui lui est faite.

Ces ultimes tentatives de gérer la sortie du président exaspèrent le chef de l’armée. Le 2 avril, multipliant les gestes censés satisfaire la population, il dénonce publiquement des « réunions suspectes » destinées à « comploter contre les revendications du peuple et adopter des pseudosolutions en dehors du cadre de la Constitution afin d’entraver les démarches de l’Armée nationale populaire ». Abdelaziz Bouteflika démissionne le jour même après deux décennies au pouvoir. Les semaines et mois qui suivent sont marqués par une vague d’arrestations.

Des enquêtes judiciaires avaient ensuite été ouvertes sur des faits présumés de corruption visant d’ex-hauts responsables politiques et des hommes d’affaires, accusés d’avoir profité de leurs liens privilégiés avec le régime de M. Bouteflika. Le frère du président déchu et les deux ex-patrons du renseignement ont été incarcérés le 5 mai. Louisa Hanoune, chef du parti trotskiste, a été placée en détention provisoire quatre jours plus tard.

Source: Internet

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