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 Affaire Pierre-Urbain Dangnivo : Le principal accusé Codjo Alofa est décédé (Il s’est éteint en détention, le procureur confirme un décès par AVC)

L’histoire judiciaire de l’affaire Pierre-Urbain Dangnivo vient de connaître un tournant inattendu. Codjo Alofa, principal accusé et figure centrale de ce dossier tentaculaire qui a secoué le Bénin pendant plus d’une décennie, est décédé en détention. L’information, rapportée par les services pénitentiaires, a été officiellement confirmée par le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou dans un communiqué rendu public ce lundi 26 octobre 2026. Selon l’autorité judiciaire, le détenu a succombé à un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu après son évacuation d’urgence vers le Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga. Le parquet a indiqué que les procédures administratives et légales adéquates sont en cours.

Ce décès remet en mémoire les soubresauts d’une affaire qui a profondément marqué la chronique nationale. Le nom de Codjo Alofa était indissociable de la mystérieuse disparition, survenue le 17 août 2010, de Pierre-Urbain Dangnivo, fonctionnaire au ministère des Finances et syndicaliste réputé pour sa liberté de ton. Quelques semaines après ce drame, la découverte d’un corps exhumé à Womey, dans la commune d’Abomey-Calavi, avait propulsé le défunt au cœur de l’instruction, ce dernier étant alors passé aux aveux avant de se rétracter ultérieurement en invoquant des pressions. Jalonnée par de multiples rebondissements, incluant des expertises médico-légales aux conclusions divergentes et une évasion spectaculaire en 2015, la procédure judiciaire s’était poursuivie jusqu’à de récentes décisions impliquant de lourdes condamnations et des acquittements.

La disparition de Codjo Alofa éteint l’un des principaux acteurs directs de ce feuilleton judiciaire, refermant de fait un chapitre marquant des annales criminelles béninoises. Si la justice apporte ainsi un épilogue biologique et procédural à ce lourd dossier, la mort du principal mis en cause laisse derrière elle un ensemble de zones d’ombre persistantes et de questions non résolues sur les circonstances exactes de cette affaire qui a tenu en haleine l’opinion publique nationale et internationale.

Marie-Immaculée VODOUNS