À vingt-quatre heures de l’installation officielle de la première mandature du Sénat béninois, prévue ce jeudi 30 juillet 2026 à Porto-Novo, l’effervescence est à son comble dans la capitale administrative. Les derniers préparatifs s’achèvent pour cette cérémonie historique qui consacrera l’entrée en fonction de la deuxième chambre du Parlement, marquant ainsi une étape majeure dans la consolidation des institutions de la République et l’effectivité du bicamérisme au Bénin.
Au-delà du caractère solennel de l’événement, une interrogation monopolise les débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique : qui sera le premier président du Sénat de l’histoire du Bénin ?
Plusieurs scénarios alimentent les conversations. Le nom du président Patrice Talon est évoqué par certains observateurs, qui estiment qu’il pourrait, à l’issue de son mandat présidentiel, poursuivre son engagement au sommet des institutions en prenant la tête de la Haute Assemblée. D’autres regards se tournent vers l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, figure historique de la démocratie béninoise, dont l’expérience et le parcours d’homme d’État sont souvent cités parmi les atouts susceptibles de conférer un prestige particulier à cette nouvelle institution.
Une autre personnalité revient avec insistance dans les spéculations : Élisabeth Pognon, première présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin. Juriste respectée et pionnière des institutions démocratiques du pays, elle incarne, pour certains, le profil de sagesse, de neutralité et de compétence susceptible de présider aux destinées du Sénat.
À ce stade, aucune indication officielle ne permet toutefois de privilégier une hypothèse plutôt qu’une autre. Le choix du futur président dépendra des mécanismes prévus par les textes ainsi que des équilibres politiques qui se dessineront au sein de la nouvelle assemblée.
Parallèlement à ces spéculations, l’attention reste également focalisée sur la présence confirmée de l’ancien président Thomas Boni Yayi parmi les nouveaux sénateurs. Son entrée au Sénat constitue l’un des faits politiques majeurs de cette installation. Pour les uns, elle symbolise la continuité de l’expérience d’État au service des institutions ; pour les autres, elle ouvre une nouvelle séquence politique dont les implications restent à observer.
Dans les prochaines heures, Porto-Novo sera le théâtre d’un rendez-vous institutionnel inédit. Les membres de cette première mandature entreront officiellement en fonction avec la responsabilité de faire vivre cette nouvelle institution et d’en poser les premières traditions parlementaires. L’installation du Sénat ouvre ainsi une nouvelle page de l’histoire politique du Bénin, tandis que l’identité de son tout premier président demeure l’une des grandes inconnues de cette journée historique.
Flora HOUNSOUNOU
