La junte militaire au pouvoir au Mali a promulgué ce mardi 13 mai la loi supprimant la charte des partis politiques, renforçant l’inquiétude de ces derniers qui craignent que cela n’ouvre la voie à leur dissolution. Ce projet de loi a été voté par 130 voix pour, 2 contre et 0 abstention par les membres de l’organe législatif. Cette charte, inscrite dans la loi en août 2005, fixait le cadre moral et juridique des partis, leur fonctionnement, leur formation, leur création et leur mode de financement. Néanmoins cette décision provoque une forte contestation de la part de l’opposition malienne, qui y perçoit une manœuvre à peine dissimulée visant à dissoudre les partis politiques. Des conférences de presse et des manifestations ont eu lieu à Bamako pour condamner ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire et réclamer un prompt retour à un régime constitutionnel normal. Les opposants accusent la junte de restreindre davantage l’espace démocratique. L’ancien ministre de la Justice, Me Mamadou Ismaïla Konaté, a vivement réagi à travers une tribune au ton acerbe. Il qualifie la mesure de « coup d’État juridique » et de « forfaiture politique », estimant qu’il ne s’agit en aucun cas d’une réforme, mais d’un « rapt » de la démocratie malienne.
Flora HOUNSOUNOU
