À un peu moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le paysage politique français se fige dans une polarisation sans précédent, comme le révèle le sondage national d’Elabe publié ce samedi 11 juillet 2026. Portée par l’annonce de sa candidature dans la foulée de sa condamnation en appel le 7 juillet dernier, Marine Le Pen s’impose comme la force dominante incontestable du premier tour. Créditée de 34% à 35,5% des intentions de vote selon les configurations, la candidate du Rassemblement National creuse l’écart et contraint ses rivaux à une lutte acharnée pour obtenir le second ticket de finaliste.
Derrière cette hégémonie, la bataille pour la deuxième place fait rage au centre et à gauche. Dans le bloc central, Édouard Philippe tire son épingle du jeu et s’affiche comme le mieux placé pour se qualifier : s’il parvient à sceller une union de la majorité présidentielle avec la droite républicaine, il pourrait atteindre 25,5% des voix, contre 16,5% s’il fait cavalier seul face à une concurrence de droite. De leur côté, les principales forces de gauche se neutralisent dans un mouchoir de poche, où Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon se disputent le leadership, oscillant tous deux entre 11% et 13% des intentions de vote.
L’enseignement le plus marquant de cette enquête d’opinion réside toutefois dans les projections du second tour, qui placent pour la première fois Marine Le Pen en position de favorite face à l’ensemble de ses adversaires potentiels. Elle l’emporterait ainsi avec 54% des suffrages face à Gabriel Attal, et conserverait une avance de 52% contre 48% dans l’hypothèse d’un duel plus serré face à Édouard Philippe. Cette dynamique est largement favorisée par l’attitude des électeurs en cas de second tour opposant la droite traditionnelle au Rassemblement National, scénario dans lequel près de six sympathisants de gauche sur dix choisiraient l’abstention ou le vote blanc plutôt que d’exprimer un choix.
Flora HOUNSOUNOU
