Résultat de l’élection présidentielle au Gabon Le sacre de Brice Oligui Nguéma (Le Président de la transition remporte l’élection avec 90,35% des voix

Brice Clotaire Oligui Nguéma ou Clotaire Brice Oligui Nguéma dont les initiales ont permis de créer le slogan de campagne « C’BON » – un jeu de mots avec le mot français « c’est bon ».
Le Président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a remporté l’élection présidentielle de samedi avec 90,35 % des voix, selon les résultats provisoires publiés le dimanche 13 avril 2025 par le Ministère de l’intérieur de la République du Gabon.
Sa large victoire consolide son pouvoir près de deux (02) ans après le coup d’État contre l’ancien Président Ali Bongo Ondimba.
« Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguéma est élu Président à la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 575 222 voix », a annoncé le Ministre de l’intérieur, Hermann Immongault.
Le dernier Premier Ministre du Président Ali Bongo Ondimba, Alain Claude Bilie-by-Nze, son principal challenger, a obtenu 3,02 % des voix.
Le taux de participation est estimé à plus de 70,4 %, ce qui représente une forte baisse par rapport aux plus de 87 % annoncés juste après le scrutin de samedi.
Sur les 636 606 votants, 25859 bulletins blancs ou nuls ont été décomptés et 610 747 suffrages ont été valablement exprimés, selon le Ministère de l’intérieur.
Huit (08) candidats étaient en lice pour cette élection, dont une seule femme, Gninga Chaning Zenaba.
Parmi les autres prétendants à la présidence figuraient également deux (02) caciques du Parti démocratique du Gabon (PDG), ancien Parti au pouvoir, Stéphane Germain Iloko et Alain Simplice Boungouères.
Le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a donc été élu Président de la République avec 90,35 % des suffrages exprimés.
Plusieurs autorités et certains observateurs ont salué le bon déroulement du scrutin, bien que certains électeurs et certains opposants notamment le principal challenger, Alain Claude Bilie-by-Nze, se soient plaints de défaillances dans l’organisation.
Cette élection présidentielle marque officiellement la fin de la transition militaire, faisant entrer le Gabon dans sa cinquième République.
Le coup d’État du mois d’août 2023 a mis fin à près de six (06) décennies de règne de la famille Bongo, caractérisé par plusieurs maux que dénoncent les gabonais. Règne marqué, selon plusieurs observateurs, par des allégations de corruption, de mauvaise gouvernance, de détournement de fonds, de gabegie et d’autres maux.
Pendant la campagne électorale, Brice Clotaire Oligui Nguéma, âgé de 50 ans et ancien commandant de la Garde républicaine du Gabon, a promis de débarrasser le Gabon de ces vices qui ont terni l’image du pays.
Il faut signaler qu’avant les élections, certaines critiques ont affirmé que la constitution et le code électoral avaient été conçus pour offrir aux militaires une voie confortable vers le poste le plus élevé dans la hiérarchie républicaine.
Quelques 920 000 électeurs étaient appelés à voter dans 3 037 bureaux de vote, dont 96 à l’étranger. La confirmation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle est attendue dans les prochains jours.
Ce scrutin marque le retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’État d’août 2023 qui a mis fin au règne de la dynastie des Bongo, au pouvoir depuis plus de cinq (05) décennies.
Le Gabon est confronté à de multiples urgences : chômage élevé, coupures d’électricité, infrastructures en ruine, services publics fragiles et une dette publique estimée à 73,3 % du PIB.
Ce pays d’Afrique centrale, riche en pétrole et en bois, ne compte que 2,5 millions d’habitants. Malgré ses ressources, environ 35 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté de 2 $ (1,50 £) par jour.
Qui est le Président élu du Gabon ?
Brice Clotaire Oligui Nguéma était très proche du Président Omar Bongo, qu’il a servi jusqu’à sa mort en 2009. Il est né dans la province du Haut-Ogooué. Cette région est un fief de la famille Bongo et certains disent même que le tout nouveau Président est le cousin du Président Ali Bongo Ondimba.
Le général Nguéma a suivi les traces de son père et a poursuivi une carrière militaire. Très jeune, il a rejoint la puissante unité de la Garde républicaine du Gabon, après avoir été formé à la prestigieuse académie militaire du Maroc. Ambitieux, il a rapidement attiré l’attention des hauts gradés de l’armée et est devenu l’assistant du Président, Omar Bongo alors Président de la République du Gabon.
Lorsque Ali Bongo a succédé à son père en 2009, le Général Nguéma a été démis de ses fonctions. Il a commencé ce que les médias locaux ont décrit à l’époque comme un « exil », en servant pendant près de dix 10 ans comme attaché aux ambassades du Gabon au Maroc et au Sénégal.
Un an après l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) du Président Ali Bongo Ondimba survenu à Ryad en Arabie Saoudite en octobre 2018, le colonel Brice Clotaire Oligui Nguéma est rappelé au Gabon où il remplace un autre colonel, un demi-frère du – Frédéric Bongo – à la tête du service de renseignement de la Garde Républicaine : la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS).
Après seulement six (06)mois à ce poste, Brice Oligui Nguéma a été promu à la tête de la Garde républicaine.
Aux commandes de la Garde républicaine, il impulse des réformes en vue de la rendre plus efficace dans l’une de ses missions fondamentales : le maintien du régime. Pour cela, il renforce le dispositif de protection du Président Ali Bongo, mais sa réforme la plus marquante est sans doute le développement de la Section des Interventions Spéciales , une unité spéciale placée sous l’autorité directe de Ali Bongo.
Il fait passer les effectifs de cette unité d’une trentaine d’éléments à plus de 300 (avec près de 100 tireurs de précision ), qu’il dote d’équipements de pointe et dont il compose même le chant dont une des paroles phare est : « Je défendrais mon Président avec honneur et fidélité ».
Nommé chef de la transition au Gabon après la prise de pouvoir par l’armée à l’issue d’une élection présidentielle contestée en août 2023, le général Brice Clotaire Oligui Nguéma a déclaré au journal français « Le Monde que les Gabonais en avaient assez du régime du Président Ali Bongo Ondimba et qu’il n’aurait pas dû briguer un troisième mandat.
« Tout le monde en parle, mais personne ne prend ses responsabilités », avait-t-il déclaré. « L’armée a donc décidé de tourner la page. »
Le nouveau Président restera surtout pour les gabonais comme l’homme qui a  » tourné la page des Bongo ».

Mick de BADAR

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