Reprise de l’affaire Dangnivo : Le procès renvoyé au 15 juillet (Le frère de la victime dénonce un « assassinat politique »)

Le feuilleton judiciaire entourant la disparition mystérieuse de Pierre-Urbain Dangnivo a connu un nouveau tournant décisif ce mercredi 8 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Après seize années d’attente et de zones d’ombre, l’audience a repris dans une atmosphère lourde, avant d’être finalement renvoyée au mercredi 15 juillet prochain pour la suite des procédures. Quelques heures seulement après l’ouverture des débats, le président de la juridiction a créé l’événement en donnant exceptionnellement la parole à Grégoire Dangnivo, le frère de la victime, dont la déposition explosive a profondément marqué l’assistance et balayé les anciennes versions officielles.

Prenant la parole avec gravité, Grégoire Dangnivo a profité de cette tribune pour clarifier définitivement la position de la famille et récuser fermement la thèse du simple drame familial, une version qui avait été véhiculée selon lui sous le régime de l’ancien président Boni Yayi. Pour le frère de la victime, il ne fait aucun doute que son aîné a été la cible d’un « assassinat politique » minutieusement orchestré. Il a affirmé face aux juges que son grand frère avait dû être placé sur écoute et que son élimination avait été froidement planifiée en exploitant ses problèmes personnels, avant d’exiger que les véritables commanditaires de ce crime assument enfin publiquement leurs actes.

L’un des moments les plus intenses de cette déposition a résidé dans la réaction de Grégoire Dangnivo face aux révélations récentes de l’ancien Directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, entendu comme témoin lors d’une audience précédente. Tout en reconnaissant l’importance capitale de ce témoignage, le frère du disparu a exprimé un profond regret face au calendrier de ces déclarations tardives, qualifiant le long silence de l’ex-patron de la police de « faute morale » ayant lourdement pesé sur le destin des accusés. Fort d’une certitude acquise dès le début de l’enquête après avoir lui-même interrogé Codjo Alofa, il a clamé haut et fort l’innocence totale de Codjo Alofa et Donatien Amoussou, soutenant qu’ils ne sont nullement mêlés à cette affaire malgré leurs seize années passées en détention.

À la suite de cette intervention percutante, le tribunal a poursuivi l’examen du dossier en procédant à la phase cruciale de présentation et de lecture des différentes pièces de la procédure. Une fois cette étape de vérification documentaire et les dépositions épuisées, le juge a prononcé le renvoi de l’affaire à la semaine prochaine. Le rendez-vous est donc pris pour le 15 juillet, une date où le tribunal devra aborder les étapes décisives de la procédure, notamment les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats, pour tenter de livrer enfin la vérité sur l’un des dossiers les plus politico-judiciaires du Bénin.

Flora HOUNSOUNOU

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