Le régime militaire du Niger a décrété le haoussa comme langue nationale et relégué le français, jusqu’ici langue officielle du pays, comme « langue de travail ». Dans la Constitution du 25 novembre 2010, le français était la langue officielle du Niger et toutes les langues parlées du pays avaient « statut de langues nationales ». La nouvelle « Charte de la refondation » (transition) qui a aussi valeur de Constitution, promulguée le 26 mars par le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire, modifie les langues du pays. Désormais, le français, anciennement langue officielle, perd ce statut pour devenir une simple langue de travail, tandis que le haoussa est désigné comme la seule langue nationale. Parlée par une large majorité de la population, cette langue prend ainsi une position dominante sur d’autres langues, comme le zarma-songhaï, utilisé par environ un quart des Nigériens. La charte mentionne également dix autres langues nationales, mais sans leur accorder le statut privilégié du haoussa. Il faut rappeler que, le Mali et le Burkina ont également relégué le français au rang de langue de travail, faisant des langues nationales leurs langues officielles.
Flora HOUNSOUNOU
