Radié de la liste électorale pour avoir perdu la nationalité ivoirienne, Tidjane Thiam, Président du PDCI-RDA, voit sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025 complètement compromise. Pendant que ses partisans contestent une décision qu’ils qualifient de politique, certains spécialistes de droit exploitent les raisons qui ont motivé ces prises de décisions. C’est le cas de Dr Kévin Dizo, docteur en droit à l’Université de Nantes, qui explique les ressorts juridiques de cette exclusion. Il était l’invité d’Africa Radio ce jeudi 24 avril 2025.
Le Président du principal parti d’opposition PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a été radié mardi 22 avril de la liste électorale par la justice qui a estimé qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne. Une décision qui ferme la porte à sa candidature à la présidentielle du 25 octobre 2025. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a appelé les Ivoiriens à manifester ce jeudi 24 avril 2025 devant les tribunaux. « Partout sur toute l’étendue du territoire national, chaque Ivoirien là où il se trouve va marcher devant le palais de justice de sa région, de sa ville. », avait alors exprimé, mercredi 23 avril, Simon Doho, Honorable Député de Bangolo et Président du Groupe parlementaire du PDCI-RDA.
« Il n’y a pas de paix en Côte d’Ivoire, il y a une situation de tension, il y a une situation antidémocratique, il y a un déni de démocratie », avait-t-il affirmé un peu plus tard dans la journée dans une vidéo.
À Abidjan, la capitale économique du pays, la marche est prévue jeudi à 09H00 (locales et GMT), de la permanence du Parti dans le quartier des affaires du Plateau jusqu’au tribunal voisin.
En Côte d’Ivoire, les manifestations sont libres et démocratiques. Elles peuvent avoir lieu avec une autorisation de la police, mais sont presque systématiquement refusées au regard de la situation qui prévaut. « Le désordre ne sera pas toléré, ce n’est pas une menace, on peut considérer que c’est un conseil », a souligné le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, à l’issue du conseil des Ministres.
Cette radiation est fondée sur la loi au regard de la la perte de nationalité ivoirienne. En effet, le Mardi 22 avril 2025, le tribunal d’Abidjan a pris la décision de faire radier Tidjane Thiam de la liste électorale, estimant qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne. Cette décision, qui ne peut faire l’objet d’aucun recours, compromet définitivement sa candidature à la présidentielle.
Né en Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam avait acquis la nationalité française en 1987, à laquelle il a officiellement renoncé en mars 2025 pour se conformer aux critères d’éligibilité, interdisant la binationalité.
Malgré cette situation pour le moins difficile, Tidjane Thiam affirme rester combatif : « C’est moi ou personne, nous ne présenterons pas d’autre candidat », a-t-il déclaré à l’AFP, dénonçant une décision « mauvaise pour la Côte d’Ivoire »
L’opposition, réunie au sein de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), crie à l’exclusion politique et aux dérives autoritaires, accusant le pouvoir de chercher à verrouiller l’élection. Mais les déboires judiciaires continuent pour Tidjane Thiam : un autre procès pourrait décider de sa révocation à la tête du PDCI, sa nationalité étant à nouveau au cœur du débat.
Le Parti au pouvoir, de son côté, n’a pas encore désigné de candidat. Un congrès prévu en juin pourrait officialiser la position du sortant, Alassane Ouattara.
Visiblement Tidjane Thiam est en difficulté et arrive en fin de parcours pour son rêve présidentiel. Avec cette double radiation qui se profile à l’horizon, il n’a aucune chance de se présenter à cette élection encore moins de la gagner. Un rêve qui risque fortement de rester à l’étape de revenir, sauf extraordinaire.
Mick de BADAR
