Le Palais des Gouverneurs à Porto-Novo a été le théâtre d’une intense activité législative ce vendredi 10 juillet 2026. Réunis en séance plénière, les députés de l’Assemblée nationale ont acté la transformation du paysage institutionnel, administratif et financier du pays en adoptant coup sur coup quatre dossiers de grande envergure.
La première décision d’impact direct modifie la loi organique sur le Conseil économique et social (CES). Dans une logique de restructuration, cette réforme supprime le Médiateur de la République en tant qu’entité indépendante pour intégrer directement ses missions au sein du CES. Ces nouvelles charges politiques et sociales seront désormais pilotées par le premier vice-président de l’institution, dont la structure administrative générale demeure inchangée.
Dans la foulée, le Parlement a validé la révision de la loi portant création des ordres nationaux du Bénin. Ce texte combine pragmatisme économique et ambition corporatiste, puisqu’il doit permettre de réduire significativement les coûts de fabrication des médailles et distinctions honorifiques, tout en favorisant une meilleure harmonisation entre les différents secteurs de l’artisanat national.
Le point culminant et le plus politique de cette plénière est sans doute venu de la modification du Code électoral. Les députés ont voté la suppression provisoire de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Cette mise en veille stratégique de l’organe de gestion des élections prépare le terrain à une future refonte de l’architecture électorale, dont les modalités transitoires exactes seront définies plus tard par un décret pris en Conseil des ministres.
La séance s’est finalement close sur une note culturelle avec le feu vert accordé par l’hémicycle pour la ratification d’une convention de crédit majeure. Cet accord de financement, conclu entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (AFD), va permettre de débloquer les fonds nécessaires au lancement concret des travaux de construction du futur Musée d’art contemporain de Cotonou.
Flora HOUNSOUNOU
