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Pour n’avoir pas informé préalablement et suite à ses attaques contre son prédécesseur : Le Ministre Akpona limogé (Il bat le record des Ministres éphémères du gouvernement du Président Patrice Talon)

Le gouvernement du Président Talon n’a pas varié et est resté droit dans ses bottes. En effet, la discipline et la cohésion restent des axes non négociables de l’action publique. Le Ministre Paulin Akpona l’a appris à ses dépens. Il a été très imprudent avec sa sortie médiatique et ses déclarations incendiaires à Parakou. Ceci vient de lui coûter sa place au sein du gouvernement. Sa sortie est alarmante d’autant plus qu’il a dénoncé publiquement des malversations présumées sous le Ministre Samou Adambi et cela a fait un très mauvais effet dans les rangs de la majorité. Devant une foule mobilisée, dans le fief même de l’ex-Ministre Adambi, il dénonce une gestion défaillante du Ministère, évoque des détournements de fonds à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, et insinue que le Président Talon n’en savait rien. De plus, il a martelé que des ressortissants de la localité ont géré le portefeuille censé résoudre les problèmes d’eau et d’électricité. Avec ces propos, le Ministre Paulin Akpona a alimenté la frustration populaire et a donné volontairement ou non, des armes à l’opposition et aux adversaires du régime. Une grave faute politique et une erreur stratégique. Les conséquences ont été immédiates et le gouvernement n’a pas tardé à trancher. Paulin Akpona a été démis de ses fonctions, et son Ministère confié au Ministre José Tonato, titulaire du Cadre de vie et des transports.
En décidant de ce limogeage, le gouvernement assume une volonté farouche de préserver la stabilité, éviter la politisation de la parole ministérielle, et garantir une gouvernance axée sur la responsabilité collective. L’exécutif veut éviter les règlements de comptes publics qui alimentent les clivages, affaiblissent la confiance, et détournent l’administration de ses priorités.
Les déclarations du Ministre Paulin Akpona est perçue comme une attaque frontale. Elle est orientée non seulement contre un ancien membre du gouvernement, mais aussi contre un allié de la même famille politique. Le signal est clair : la liberté d’expression ne peut s’exercer au détriment de la solidarité gouvernementale. La critique peut être légitime, mais dans un cadre structuré au même titre que l’exécutif, elle doit passer par les voies internes. Révéler publiquement des soupçons de malversations, sans preuve formelle, ni consultation préalable, revient à désavouer ses collègues, et par ricochet, le gouvernement dans son ensemble y compris le chef de l’État.
Mieux, dans un contexte politique où l’unité des formations alliées est essentielle, cette sortie a été perçue comme une profonde trahison de la famille politique et gouvernementale. Paulin Akpona est membre du Bloc Républicain, sa formation politique. En exposant les failles supposées de la gestion passée sans concertation, il fragilise non seulement l’action gouvernementale, mais aussi la cohérence interne de la mouvance présidentielle.
La liberté de parole ne dispense pas de loyauté, et la responsabilité individuelle s’exerce dans le respect de la ligne commune. Le Ministre Paulin Akpona a appris, à corps défendant, que dans la maison Talon, on ne joue pas contre son propre camp.

Mesmin Afanou

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