Le Mali a traversé une journée de haute tension samedi, marquée par une série d’attaques coordonnées d’une envergure exceptionnelle. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche d’Al-Qaïda au Sahel, a revendiqué une offensive d’envergure touchant plusieurs points névralgiques du pays, tandis que les Forces armées maliennes (FAMa) affirment avoir repris l’ascendant après des combats acharnés.
Dans un communiqué diffusé via ses canaux de propagande, l’organisation jihadiste a déclaré avoir visé des symboles forts de l’État, notamment la résidence du président de la transition, le général Assimi Goïta, le siège du ministère de la Défense dirigé par le général Sadio Camara, ainsi que l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako. Au-delà de la capitale, le mouvement prétend avoir pris le contrôle de Mopti et de positions stratégiques à Sévaré, Gao et Kati. Fait marquant de cette offensive, le JNIM revendique également la prise de Kidal en coordination avec le Front pour la Libération de l’Azawad (FLA). Le groupe a par ailleurs réitéré sa volonté de cibler les partenaires russes des FAMa, conditionnant une cessation des hostilités au retrait de ces derniers.
Face à ces déclarations, l’état-major général des armées a répliqué par une communication ferme, annonçant qu’une vaste opération de ratissage est actuellement en cours dans les localités touchées. Les autorités militaires font état de la neutralisation de plusieurs centaines de combattants terroristes et saluent la réaction vigoureuse des troupes au sol. Tout en précisant que les évaluations humaines et matérielles se poursuivent, l’état-major assure que la situation est désormais « totalement sous contrôle » et exhorte les populations à la vigilance face à la désinformation.
L’onde de choc de ces événements a immédiatement dépassé les frontières maliennes. Alors que l’ambassade des États-Unis appelait ses ressortissants à restreindre leurs mouvements, la communauté internationale a multiplié les condamnations. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, a exprimé sa vive préoccupation face à des actes menaçant la stabilité régionale. Malgré le retrait du Mali de la CEDEAO, l’organisation régionale, ainsi que des pays voisins comme le Bénin, le Sénégal et la Mauritanie, ont fermement dénoncé cette flambée de violence, réaffirmant leur solidarité avec le peuple malien dans cette épreuve sécuritaire majeure.
Au cours de ces malheureux événements, le ministre malien de la défense a trouvé la mort.
Flora HOUNSOUNOU
