Réunis ce samedi 25 juillet 2026 à Benin Royal Hotel à l’initiative de l’Amicale des Intellectuels Musulmans du Bénin (AIMB) et du Réseau des Associations et ONG Islamiques du Bénin (RAI-Bénin), chercheurs, experts et leaders religieux ont donné le coup d’envoi de la nouvelle édition du Débat de Cotonou, axée sur la contribution des acteurs musulmans face aux défis sécuritaires et extrémistes. Dans son discours d’ouverture, le Vice-Président du RAI-Bénin, Alhaji Kabirou Latoundji, a rappelé l’urgence d’une réponse collective face à la menace terroriste en Afrique de l’Ouest, tout en soulignant avec fermeté que ce fléau n’a ni religion ni nationalité et constitue une trahison des enseignements de l’Islam. Mettant en garde contre la stigmatisation et les amalgames qui alimentent les discriminations, l’intervenant a plébiscité une stratégie globale ne se limitant pas au seul volet militaire, mais englobant des leviers éducatifs, sociaux, économiques et spirituels pour éradiquer les causes profondes de la radicalisation. L’ambition affichée de cette rencontre internationale est de dépasser le cadre de la simple réflexion pour formuler des recommandations concrètes destinées à éclairer les politiques publiques et renforcer la stabilité de la région. Lire ci-dessous l’intégralité du discours.
Flora HOUNSOUNOU
CEREMONIE D’OUVERTURE
Allocution de Son Excellence Alhaji Kabirou LATOUNDJI, Vice-Président du Réseau des Associations et ONGs Islamiques du Bénin
Président de l’Organe de Conciliation et d’Arbitrage de l’Union Islamique du Bénin
COTONOU, BENIN ROYAL HOTEL : le 25 JUILLET 2026
Au nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.
Monsieur le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Vérifier sa présence),
Monsieur le Ministre du Tourisme, du Commerce extérieur, de l’Industrie et des Investissements privés,
Monsieur le Ministre délégué auprès du Président de la République chargé de la Défense nationale,
Monsieur le Président de l’Amicale des Intellectuels Musulmans du Bénin (AIMB),
Éminence, Monsieur le Président de l’Union Islamique du Bénin,
Madame la Première Adjointe au Maire de la ville de Cotonou,
Mesdames et Messieurs les Honorables Députés,
Leurs Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques,
Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations internationales et régionales,
Distingués Oulémas, Imams et Ministres du culte,
Mesdames et Messieurs les Présidents et responsables des Associations et ONG membres du Réseau des Associations et ONG Islamiques du Bénin (RAI-Bénin),
Distingués invités venus du Bénin, d’Afrique et d’ailleurs,
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,
Mesdames et Messieurs,
Chers frères et chères sœurs,
C’est avec une profonde gratitude envers Allah, Seigneur des Mondes, et un sentiment de responsabilité collective que je prends la parole ce matin au nom du Réseau des Associations et ONG Islamiques du Bénin (RAI-Bénin), partenaire de l’Amicale des Intellectuels Musulmans du Bénin dans l’organisation de cette importante rencontre internationale.
Permettez-moi, avant tout propos, d’exprimer notre sincère reconnaissance aux autorités de la République du Bénin pour leur disponibilité constante, leur accompagnement et leur engagement en faveur de la paix, de la sécurité, du dialogue et de la cohésion nationale.
Je voudrais également saluer l’engagement remarquable de l’Amicale des Intellectuels Musulmans du Bénin (AIMB), qui, année après année, s’impose comme un véritable laboratoire d’idées, de réflexion stratégique et de propositions au service de notre pays, de notre sous-région et de notre continent.
Mesdames et Messieurs,
Je garde encore un excellent souvenir des précédentes éditions du Débat de Cotonou, notamment celle consacrée à la lutte contre la corruption sous l’angle des valeurs spirituelles et éthiques, ouverte par Son Excellence Monsieur Abdoulaye BIO-TCHANÉ, alors Ministre d’État chargé de la Coordination de l’Action gouvernementale et aujourd’hui Président du Conseil Économique et Social de la République du Bénin.
Cette continuité dans le choix des thèmes témoigne de la volonté de l’AIMB de faire du Débat de Cotonou un espace permanent de réflexion sur les grands défis contemporains qui interpellent nos sociétés.
Le thème retenu cette année est particulièrement pertinent : « Unité et engagement pour la paix, la sécurité et la stabilité des États : responsabilité et contribution des intellectuels musulmans, des associations et ONG islamiques face aux défis du terrorisme. »
Ce thème n’est pas seulement d’actualité.
Il est d’une urgence absolue.
Le terrorisme constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces auxquelles sont confrontés nos États. Il menace la vie humaine, compromet le développement économique, fragilise les institutions, détruit les liens sociaux, provoque les déplacements de populations, compromet les investissements et remet en cause la souveraineté même des États, telle que consacrée par le droit international.
L’Afrique de l’Ouest n’est malheureusement plus épargnée. Elle apparaît au contraire, sur la scène internationale comme le théâtre actuel et moderne ou sévit ce fléau depuis surtout la chute de Moammar Khadhafi en 2012..
Les violences extrémistes ont progressivement gagné plusieurs pays de notre espace communautaire, avec des conséquences humaines, économiques et sécuritaires considérables.
Le Bénin, reconnu comme une terre de paix, de dialogue interreligieux et de coexistence harmonieuse, demeure vigilant face à ces défis.
Cette vigilance exige non seulement une réponse sécuritaire efficace, mais également une mobilisation intellectuelle, éducative, culturelle, religieuse et citoyenne.
Mesdames et Messieurs,
Créé en l’an 2000, le Réseau des Associations et ONG Islamiques du Bénin (RAI-Bénin) est né de la volonté des organisations islamiques de parler d’une même voix sur les questions d’intérêt national, de renforcer leur coordination et d’apporter leur contribution au développement de notre pays.
Depuis sa création, notre Réseau œuvre pour promouvoir :
-l’unité des organisations islamiques ;
-le dialogue interreligieux ;
-la paix sociale ;
-l’éducation ;
-la solidarité ;
-la bonne
gouvernance ;
-ainsi que la participation responsable des citoyens musulmans au développement national.
C’est pourquoi le RAI-Bénin soutient pleinement cette initiative de l’AIMB.
Nous sommes convaincus que les défis contemporains ne peuvent être relevés par les seuls gouvernements.
Ils exigent également l’engagement des universitaires, des chercheurs, des leaders religieux, des organisations de la société civile, des jeunes, des femmes, des médias et de tous les citoyens.
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi d’insister sur un point essentiel: le terrorisme ne possède ni religion, ni ethnie, ni nationalité.
Aucune religion révélée ne légitime le meurtre d’innocents.
L’Islam, dont le nom même dérive de la paix (As-Salam), condamne avec la plus grande fermeté toute forme de violence injuste, d’extrémisme et de terrorisme.
Allah le Très-Haut déclare dans le Noble Coran :
« Quiconque tue une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il avait fait vivre toute l’humanité. » (Sourate Al-Mâ’idah, verset 32).
Le terrorisme constitue donc une trahison des valeurs religieuses, humaines et universelles.
Nous devons également éviter toute généralisation abusive consistant à assimiler une religion, une communauté ou un peuple aux actes criminels commis par quelques individus.
Les amalgames nourrissent la stigmatisation.
La stigmatisation nourrit l’exclusion.
L’exclusion favorise les frustrations.
Les frustrations peuvent devenir un terrain fertile pour les discours extrémistes.
C’est pourquoi la lutte contre le terrorisme doit être globale.
Elle doit être sécuritaire, certes.
Mais également éducative, sociale, économique, culturelle, psychologique et spirituelle.
Elle doit s’attaquer aux causes profondes de la radicalisation : l’ignorance, la pauvreté, les inégalités, les injustices, l’exclusion sociale, les manipulations idéologiques, la désinformation et les discours de haine.
Mesdames et Messieurs,
Les travaux qui s’ouvrent aujourd’hui réunissent d’éminents universitaires, chercheurs, experts en sécurité, leaders religieux et acteurs de la société civile venus du Bénin, de l’Afrique de l’Ouest et d’autres régions du monde.
Je suis convaincu que leurs analyses permettront d’élaborer des recommandations pertinentes susceptibles d’éclairer les décideurs publics, les organisations communautaires et les partenaires techniques et financiers.
Notre ambition est que le Débat de Cotonou ne soit pas simplement un cadre de réflexion.
Il doit devenir un véritable espace de production de solutions, de formulation de politiques publiques et de renforcement de la résilience de nos sociétés.
Monsieur le Président de l’AIMB,
Je voudrais vous adresser, ainsi qu’à toute votre équipe, les sincères félicitations du RAI-Bénin pour cette initiative visionnaire.
Votre engagement constant démontre que les intellectuels musulmans entendent pleinement assumer leur responsabilité dans la construction d’un Bénin toujours plus uni, plus stable, plus prospère et plus solidaire.
Mesdames et Messieurs,
Je forme le vœu que les conclusions de cette importante rencontre inspirent durablement les politiques publiques, renforcent la coopération entre les États et consolident la contribution des organisations islamiques à la promotion de la paix, de la sécurité, de la justice et du développement durable.
Je prie Allah, Le Très-Haut, de bénir nos travaux, de préserver notre pays, le Bénin, ainsi que toute l’Afrique, des fléaux de l’extrémisme violent et du terrorisme, de raffermir les liens de fraternité entre nos peuples et de guider nos dirigeants dans leurs nobles responsabilités.
Je souhaite plein succès aux travaux du Débat de Cotonou 2026.
Je vous remercie de votre très aimable attention
