MONDESPORT

Les propositions de réforme du président de la FIFA pour le football africain

Le président de la FIFA à l’issue du Séminaire sur le développement des compétitions et des infrastructures en Afrique, organisé conjointement par la CAF et la FIFA à Salé, a fait une proposition de réforme du football africain. En effet, il propose de jouer la Coupe d’Afrique des nations tous les quatre ans.

Les propositions de Gianni Infantino, président de la FIFA pour la reforme du football africain se résument en deux mots: argent et aide. Lors du Séminaire sur le développement des compétitions et des infrastructures en Afrique, il a tenu à se prononcer en présence des membres de la confédération africaine de Football (CAF) le 1er février 2020. « Ça ne m’intéresse pas de développer le football en Afrique. Ce que je veux, c’est projeter le football africain dans l’élite mondiale, a-t-il débuté. Ça fait 50 ans, 40 ans, 30 ans, qu’on parle de son développement »!

« Pelé prédisait un avenir incroyable au football africain, a-t-il rappelé. Il a déclaré qu’avant l’an 2000, une équipe africaine allait gagner la Coupe du monde. On est en 2020 et, non seulement aucune équipe africaine n’a gagné la Coupe du monde, mais on a l’impression qu’on fait marche arrière » ! Il a de même juger défavorablement le faible résultat des compétitions africaines.

« Je constate qu’on organise des choses, des championnats, des compétitions d’équipes nationales, la Coupe d’Afrique des nations, le CHAN… Tout le monde y participe. Mais ça n’a pas vraiment l’impact qu’on aimerait que ça ait ». Il poursuit en attaquant la Coupe d’Afrique des nations. « On joue la CAN tous les deux ans depuis des décennies. Est-ce qu’on voit un développement des infrastructures et des revenus du football africain ?

La CAN génère aujourd’hui vingt fois moins que l’Euro. J’ai voyagé dans 41 pays et ce que j’ai vu n’était pas vraiment une explosion de stades modernes, a-t-il lâché, presque goguenard. Ce que je vous demande – mais c’est votre décision – c’est de discuter et de réfléchir au fait de passer la Coupe d’Afrique des nations à tous les quatre ans, au lieu de tous les deux ans. Bien sûr, à condition que les revenus qu’on perd soient compensés. Mais on s’occupe de ça. Si on travaille ensemble, on ne va pas seulement doubler les revenus d’une CAN.

On va les multiplier par quatre ou par six, en présentant un produit pas seulement à destination de l’Afrique mais du monde entier. […] Il faut faire en sorte que la Coupe d’Afrique des nations soit un événement mondial incontournable et qui rentre dans le calendrier international ». Egalement, Gianni Infantino demande de miser doublement sur les compétitions féminines, juvéniles et de clubs. « On va proposer de créer une ligue mondiale des équipes nationales pour le football féminin, afin de permettre à toutes les équipes de pouvoir jouer avec continuité, a-t-il annoncé. Et on va aussi investir en augmentant le nombre de participants pour les compétitions de jeunes filles, pour faire en sorte qu’il y ait davantage de compétitions ».

Tenir compte des classes d’âge en procédant à une organisation de sorte qu’on ait des tournois U16, U18 et U20 serait davantage profitable au football africain. Une compétition propre à l’Afrique à propos des coupes interclubs serait également la bienvenue. « Créer une vraie ligue panafricaine des clubs. Une ligue qui couvrirait tout le continent, avec 20 à 24 clubs. Avec, peut-être, au maximum deux équipes par pays.

EREVAN

Ces équipes continueraient à évoluer dans leurs championnats nationaux en parallèle. De cette façon, à l’issue de la saison, nous pourrions couronner le champion d’Afrique. […] Une superligue africaine pourrait générer du jour au lendemain au moins 200 millions de revenus commerciaux par an. » Mais, avant la mise en œuvre des réformes proposées, Gianni Infantino affirme que la priorité est d’investir dans les infrastructures, la construction des stades notamment. « Quand on regarde des matches de compétitions africaines à la télévision, il y a des personnes partout, des voitures à l’intérieur du stade, des spectateurs assis mais on ne comprend pas ce qu’il se passe, a-t-il taclé. 

Le match, qui devait commencer à 20h, débute à 20h10. Ou alors il ne commence pas parce qu’il a été repoussé aux jours suivants mais personne n’est au courant. Ce sont des situations qui affectent évidemment l’image du football africain. C’est pourquoi il faut investir dans les infrastructures ». Des banques de développement viendront en appui à ce projet d’investissement qui est évalué à un milliard de dollars.

« Nous élaborons un projet […] pour générer et mobiliser 1 milliard de dollars qui seront investis dans les infrastructures en Afrique, pour construire au moins un stade de top classe dans chaque pays africain, a-t-il affirmé. « Mon objectif est qu’il y ait dans chacun des 54 pays d’Afrique au moins un stade de top classe. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, pour plus de la moitié des pays du continent. Lorsque l’équipe nationale joue, ça doit être une fierté pour toute la nation. Mais comment pouvez-vous être fier dans un stade qui a été construit 50 ou 60 ans plus tôt et qui s’écroule » ?

Le troisième point des réformes suggérées porte sur l’arbitrage. « Malheureusement, nous avons eu des preuves qu’il y a des situations qui affectent l’arbitrage en Afrique, qui mènent à la corruption, a-t-il pointé du doigt, tout en soulignent que ces dérives ont lieu partout dans le monde. Nous allons simplement prendre les vingt meilleurs arbitres d’Afrique et les professionnaliser […] en leur donnant un contrat pro. Ce seront des arbitres FIFA totalement employés de la FIFA. […]

Les arbitres doivent être au-dessus de tous soupçons. Et pour cela, nous devons les protéger. C’est notre devoir ».

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