L’éphéméride de l’Espoir : Le Président Samora Machel

Samora Moisés Machel, né le 29 septembre 1933 à Madragoa (actuellement Chilembene) au Mozambique est un homme politique mozambicain, membre du Frelimo et premier Président de la république populaire du Mozambique indépendante entre 1975 et 1986. Il est considéré comme le père de l’indépendance du Mozambique. Issu d’une famille d’agriculteurs. Machel a commencé à étudier les soins infirmiers dans la capitale de Lourenço Marques (aujourd’hui Maputo ), à partir de 1954. Peu de temps après, l’un de ses frères a été tué dans un accident minier. Incapable de terminer sa formation officielle à l’hôpital Miguel Bombarda de Lourenço Marques, il a trouvé un emploi d’aide-soignant dans le même hôpital et a gagné suffisamment pour poursuivre ses études à l’école du soir. Il a travaillé à l’hôpital jusqu’à ce qu’il quitte le pays pour rejoindre la lutte nationaliste mozambicaine en Tanzanie voisine. Attiré par les idéaux anticoloniaux, Machel débuta ses activités politiques à l’hôpital Miguel Bombarda de Lourenço Marques, où il protesta contre le fait que les infirmières noires étaient moins bien payées que les infirmières blanches exerçant le même métier. Machel décida de quitter Lourenço Marques ( Maputo ) lorsqu’un antifasciste blanc, le représentant pharmaceutique João Ferreira, l’avertit qu’il était surveillé par la police politique portugaise, la PIDE. Il franchit discrètement la frontière et rejoignit le FRELIMO à Dar es Salaam, via le Swaziland, l’Afrique du Sud et le Botswana. Au Botswana, il embarqua dans un avion transportant des recrues du Congrès national africain (ANC) d’Afrique du Sud vers la Tanzanie. Impressionné par le jeune Mozambicain, un haut responsable de l’ANC, JB Marks fit descendre l’une des recrues de l’ANC du vol pour laisser Machel monter à bord. À Dar es Salaam, Machel se porta volontaire pour le service militaire et fit partie du deuxième groupe de guérilleros du FRELIMO envoyé en formation en Algérie. De retour en Tanzanie, il fut nommé responsable du camp d’entraînement du FRELIMO, à Kongwa. Il gravit rapidement les échelons, devenant secrétaire du département de la défense avant d’entrer au comité central du Frelimo. Par la suite, il prend les rênes de l’organisation après la réorganisation du mouvement. C’est dans les maquis que ce leader de tendance marxiste et ses compagnons de lutte organisent la résistance armée. Lorsque le pays accède à l’indépendance, le 25 juin 1975, Samora Machel devient le premier Président et instaure un État socialiste. Il pousse au développement d’une société socialiste et rejoint le bloc soviétique. La situation régionale est compliquée : le Mozambique abrite les bases arrière des mouvements armés de libération sud-africain (l’ANC) et rhodésien (la ZANU). De leurs côtés, l’Afrique du Sud, toujours sous le régime d’apartheid, et le gouvernement blanc de Rhodésie soutiennent financièrement et logistiquement la ReNaMo, un mouvement armé qui s’attaque à l’infrastructure mozambicaine. Économiquement, l’aide de l’Union soviétique ne suffit pas et les relations économiques et politiques avec les deux voisins du sud sont des plus tendues. Néanmoins, Machel réussit à rester populaire parmi la population. En 1979, la Renamo est affaiblie quand son chef est abattu. En 1980, le soutien de la Rhodésie au Renamo cesse avec l’avènement à sa place du Zimbabwe. Mais la guerre civile continue, coupant le pays en deux. Dès 1980, Samora Machel se rend compte aussi de l’inefficacité de sa politique économique et en 1983 se tourne vers le FMI. Le pays connaît aussi depuis le début des années 1980 une sécheresse sans précédent, et la famine couplée à la guerre civile contribue à faire du Mozambique un des pays les plus pauvres du monde. En 1984, les difficultés économiques le contraignent à se rapprocher de l’Afrique du Sud. Il signe l’accord de Nkomati avec le président Pieter Botha prévoyant que les sud-africains cessent de soutenir la Renamo contre le retrait du soutien mozambicain à l’ANC et aux mouvements anti-apartheid établis sur son sol. L’accord n’est finalement pas respecté de part et d’autre en dépit des relations sereines établies au niveau des ministères respectifs des deux pays. Le 19 octobre 1986, Samora Machel s’envole pour la Zambie pour discuter de la situation avec les présidents zambien, angolais et zaïrois. Le même 19 octobre 1986 dans l’après-midi, Machel revient en avion du sommet de Lusaka, d’où avaient été discutées avec les pays régionaux des mesures communes à adopter contre le régime sud-africain, quand son Tupolev 134 s’écarte soudainement de 34° de sa trajectoire et s’écrase en Afrique du Sud sur les flancs des montagnes Lebombo, à 300 mètres de la frontière mozambicaine, près de Mbuzini, non loin de Komatipoort. Machel et 24 autres occupants meurent dont son attaché de presse, le poète Gulamo Khan et neuf (09) survivent. Des unités d’élites de l’armée sud-africaine et des membres de l’exécutif, dont le ministre de la Défense Magnus Malan, se rendent immédiatement sur place et entreprennent de fouiller l’appareil afin d’y trouver des documents diplomatiques. Le Mozambique n’est informé que dix heures plus tard du crash et de son emplacement.

Flora HOUNSOUNOU

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