L’éphéméride de l’Espoir : Le Président Ketumile Masire

Ketumile Joni Masire dit Quett Masire, né le 23 juillet 1925 à Kanye au sud du protectorat du Bechuanaland, est un homme d’État botswanais, membre du Parti démocratique du Botswana. Issu d’une famille d’agriculteurs, il est éventuellement élevé comme garçon de troupeau. Dans une époque où il était attendu des jeunes qu’ils traversent la frontière pour devenir ouvriers en Afrique du Sud, Ketumile Joni Masire est une exception et y obtient plutôt une bourse dans une institution d’enseignement sud-africaine où il y décroche plus tard un diplôme d’enseignant. Après la mort de ses parents, il revient au Bechuanaland en 1950 et contribue à la fondation d’une école secondaire dans la réserve de Banwaketse. C’est en travaillant comme journaliste qu’il rencontrera Seretse Khama. Lors de l’indépendance du Botswana le 30 septembre 1966, le Parti démocratique du Botswana a constitué le premier gouvernement, avec Seretse Khama à sa tête. Dès cette date, Quett Masire a occupé le poste de vice-président, et ce jusqu’au décès de Khama le 13 juillet 1980. À partir de 1967, Masire a cumulé les fonctions de ministre des Finances et de ministre de la Planification du développement. Son passage au gouvernement a été marqué par une forte croissance économique du pays, principalement grâce à l’exploitation minière et diamantifère. Considéré comme un technocrate pragmatique, Quett Masire était vu comme le successeur naturel de Khama à sa mort. Il a effectivement pris sa succession, d’abord par intérim, avant d’être élu par le Parlement le 18 juillet suivant. Durant son mandat présidentiel, Quett Masire a mis l’accent sur la coopération internationale, notamment dans un contexte régional tendu, marqué par l’apartheid en Afrique du Sud, l’occupation sud-africaine de la Namibie et la guerre civile en Angola. Farouchement opposé à l’apartheid, il a dû faire face aux pressions de son voisin sud-africain, tant économiques que militaires, comme lors de l’attaque éclair de juin 1985 contre le bureau du Congrès national africain à Gaborone par les forces sud-africaines. Masire a également occupé le poste de vice-président de l’Organisation de l’unité africaine et a été membre du groupe des Nations unies pour le développement de l’Afrique. Sous sa direction, le Botswana a poursuivi sa croissance économique et sa stabilité politique. Réélu en 1984, 1989 et 1994, il a démissionné le 31 mars 1998, laissant la place à son vice-président, Festus Mogae. Après avoir œuvré comme médiateur entre les rebelles de la Renamo et l’armée au Mozambique, Ketumile Masire a continué son engagement dans la résolution de conflits après sa présidence. Il a notamment joué un rôle de médiateur lors de la seconde guerre civile en République démocratique du Congo et dans des conflits au Kenya et au Lesotho. De plus, il a fait partie d’un groupe chargé d’enquêter sur les événements qui ont conduit au génocide rwandais. De 2009 à 2016, il a assumé la fonction de chancelier de l’université du Botswana, un rôle qu’il avait déjà occupé de 1982 à 1998. Après une semaine d’hospitalisation pour une opération et un séjour en soins intensifs, Ketumile Masire meurt le 22 juin 2017 à Gaborone (Botswana), à l’âge de 91 ans.

Flora HOUNSOUNOU

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