L’éphéméride de l’espoir : Le Président Hissène Habré

Hissène Habré, aussi connu comme Hissein Habré, né le 13 août 1942 à Largeau est un homme d’État tchadien. Il est président de la république du Tchad de 1982 à 1990. Il est issu de l’ethnie toubou. Intelligent, aidé par ses instituteurs, il étudie. Après l’indépendance, la politique d’africanisation des postes administratifs occupés jusque-là par des Français vaut à Hissène Habré d’être nommé sous-préfet de Moussoro par le président François Tombalbaye. La même année, il part étudier en France, à l’Institut des hautes études d’outre-mer, il s’attelle ensuite à des études de droit, fréquente l’Institut d’études politiques et fait son éducation politique en lisant Frantz Fanon, Che Guevara, et Raymond Aron. Après la fin de ses longues études en 1972, Hissène Habré repart au Tchad et rejoint le Frolinat, puis fonde les Forces armées nationales du Tchad (FANT), aujourd’hui disparues sous ce nom. Il rejoint les rebelles du Frolinat contre le gouvernement tchadien dominé par le sud dans la première guerre civile tchadienne. Le 21 avril 1974, dans la région du Tibesti, Hissène Habré et ses rebelles enlèvent un médecin allemand et l’archéologue française Françoise Claustre qui ne sera libérée que le 1er février 1977 en même temps que son mari Pierre Claustre, lui-même enlevé le 26 août 1975. Hissène Habré est tenu pour responsable de la torture et de l’exécution sommaire le 4 avril 1975 de l’émissaire envoyé par le gouvernement français pour négocier leur libération, le commandant Galopin. En raison d’une rupture avec Goukouni Oueddei, un autre commandant rebelle, Habré et son armée rebelle, les Forces armées du Nord (FAN), s’allient brièvement avec le gouvernement de Felix Malloum avant de se retourner contre ce dernier. Sous les termes des accords de Lagos en 1979, Malloum démissionne et Habré est nommé ministre de la Défense dans le Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) avec Oueddei comme président. Leur alliance s’est effondrée rapidement, menant à une deuxième guerre civile qui s’achève en 1982, quand les forces de Habré renversent Oueddei. Devenu le nouveau président du Tchad, Habré impose une dictature à parti unique gouvernée par son Union nationale pour l’indépendance et la révolution (UNIR), sous laquelle le pays éprouve une violation généralisée des droits de l’homme. Il reçoit le soutien de la France et des États-Unis tout au long de son régime en raison de son opposition au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Ià dirige le pays pendant le conflit tchado-libyen, aboutissant à la victoire en 1987 dans la guerre des Toyota avec le soutien français. Il est renversé en 1990 par un coup d’État fomenté par son ancien général Idriss Déby et s’enfuit en exil au Sénégal. Un décret tchadien de 1990 met en place une commission nationale d’enquête visant les crimes commis par l’ex-président, et ses complices. En mai 1992, cette commission publie un rapport d’après lequel le régime Habré aurait fait au moins 40 000 morts. En 2006, il est inculpé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture. Son procès, qui s’ouvre à Dakar en 2015, est la première utilisation de la compétence universelle sur le continent africain. Human Rights Watch affirme que 1 200 personnes ont été tuées et 12 000 torturées par son régime. Il est condamné à la prison à perpétuité en appel en 2017. Le 24 août 2021, alors qu’il est hospitalisé à Dakar pour des complications dues au Covid-19, l’ancien président Hissène Habré meurt, à l’âge de 79 ans. Il est enterré au cimetière musulman de Yoff deux jours plus tard.

Flora HOUNSOUNOU

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