L’éphéméride de l’Espoir : Le président Gaafar al-Nimeiri

Gaafar Mohammed an-Nimeiry, né le 1er janvier 1930 à Omdourman est un militaire et homme d’État du Soudan, pays qu’il dirige de 1969 à 1985. Gaafar Nimeiry est affilié à la tribu Danagla, une tribu arabe nubienne originaire du nord du Soudan. Son père s’appelle Mohammed Mohammed Nimeiry et sa mère s’appelle Zainab Arbab Nimeiry. Son père fut soldat dans la Force de défense du Soudan, mais après son mariage, il quitta l’armée et se mit à travailler comme coursier dans une entreprise automobile. Nimeiry étudia à l’école Al-Hijrah d’Omdourman, à l’école élémentaire et au collège Al-Amiriya de Wad Madani et au lycée masculin Hantoub de Wad Madani, avant de s’inscrire à l’université de Khartoum mais, faute de moyens financiers suffisants, il finit par rejoindre le collège de guerre soudanais en 1950 dont il sort diplômé en 1952. En 1966, il obtient une maîtrise en sciences militaires du Command and General Staff College de Fort Leavenworth dans le Kansas aux États-Unis. Il occupa différents postes au sein de l’armée soudanaise au Nord comme au Sud. Il est accusé d’avoir participé à une tentative de coup d’État contre le gouvernement du condominium anglo-égyptien en 1955, mais, en raison du manque de preuves, il n’est pas inquiété. Il arrive au pouvoir par un coup d’État militaire en 1969. Établissant un État à parti unique, consacré par la constitution de mai 1973 qui fait de l’Union socialiste soudanaise la seule entité politique autorisée dans le pays, il poursuit un programme nationaliste arabe et socialiste, en étroite collaboration ses voisins septentrionaux : la République arabe unie de Nasser et la République arabe libyenne de Kadhafi. En juillet 1971, il survit à une tentative de coup d’État pro-soviétique, après quoi il s’allie avec les deux principaux rivaux de l’URSS, à savoir la Chine maoïste et les États-Unis. En 1972, il signe l’accord d’Addis-Abeba, un compromis qui aboutit à la fondation d’une région autonome du Soudan du Sud, mettant ainsi fin à la première guerre civile soudanaise (500 0003 à 1 million de morts) et ouvrant la voie à une décennie de paix relative. Ses dernières années au pouvoir sont marquées par la restauration du droit pénal musulman (abandonné lors de la colonisation), la révocation de l’autonomie du Soudan du Sud et le déclenchement de la seconde guerre civile soudanaise (près de deux millions de morts). En 1985, il est évincé par un coup d’État et s’exile à Héliopolis en Égypte. Il revient au Soudan en mai 1999, après 14 ans d’exil et se présente à l’élection présidentielle l’année suivante mais obtient de piètres résultats (9,6 % des voix). En 2000, il se présente à l’élection présidentielle contre le président sortant Omar el-Bechir (au pouvoir depuis un Coup d’État en 1989), mais ne recueille qu’un peu moins d’un dixième des suffrages au cours d’un scrutin boycotté par l’opposition et accusé d’irrégularités. En 2005, la nouvelle formation politique de Nimeiry, l’Alliance des forces de travail populaires, signe un accord de fusion avec le parti au pouvoir, le Congrès national, qui venait de négocier un accord de paix global mettant fin à la seconde guerre civile soudanaise. Il décède le samedi 30 mai 2009 à l’âge de 79 ans d’une longue maladie non précisée, a annoncé la présidence dans un message relayé par la télévision nationale. Des dizaines de milliers de personnes assistent à ses funérailles officielles, y compris des membres des formations politiques qui s’étaient opposées à sa présidence.

Flora HOUNSOUNOU

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