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L’éphéméride de l’Espoir : Lalla Fatma N’Soumer

Née en 1830 dans le village de Ouerja, en Grande Kabylie, Lalla Fatma N’Soumer s’impose dès son jeune âge comme une figure mystique et politique incontournable de la résistance algérienne. Dotée d’une grande érudition religieuse et d’un charisme exceptionnel, elle refuse le destin traditionnel qui lui est assigné et se consacre à l’instruction, à la prière et à la défense de sa région. Lorsque l’armée coloniale française intensifie son offensive dans le Djurdjura au milieu du XIXe siècle, elle prend la tête de la résistance armée aux côtés du chérif Boubaghla, galvanisant les combattants Kabyles par son autorité spirituelle et son courage stratégique.

Néanmoins confrontée à une supériorité numérique et matérielle écrasante, elle mène des batailles mémorables, notamment à Haut-Sebaou et à Tachekkirt en 1854, où ses troupes infligent un revers majeur à l’armée française. Surnommée la « Jeanne d’Arc du Djurdjura » par ses adversaires en raison de sa poigne et de son aura, elle parvient à unifier les tribus montagnardes face à l’avancée ennemie.

Capturée en juillet 1857 après l’encerclement de son campement par les troupes du maréchal Randon, elle est placée en résidence surveillée dans le Tablat. Elle s’éteint en captivité en 1863, à seulement 33 ans, laissant le souvenir indélébile d’une héroïne de la liberté et d’un symbole universel de la résistance anticoloniale.

Flora HOUNSOUNOU