Le pape Léon XIV a entamé ce mardi 21 avril la dernière étape de son périple africain en foulant le sol de la Guinée équatoriale pour un séjour de trois jours. Accueilli à Malabo avec les honneurs militaires par le président Teodoro Obiang Nguema, le souverain pontife marque ainsi l’histoire en effectuant la première visite papale dans ce pays depuis celle de Jean-Paul II en 1982. Dans cet État où près de 75 % des deux millions d’habitants se revendiquent catholiques, l’enjeu de ce déplacement dépasse la simple sphère religieuse pour toucher aux fondements sociaux et politiques de la nation. Le programme du Saint-Père prévoit d’ailleurs des moments forts, notamment des visites dans un établissement psychiatrique et dans une école dédiée à la mémoire de son prédécesseur, le pape François, disparu il y a exactement un an.
Dès son arrivée, Léon XIV a profité d’une allocution en espagnol devant les hauts dirigeants pour appeler à une traduction concrète des aspirations populaires en matière de liberté, de justice et de dignité. Dans un discours empreint de subtilité face à un pouvoir exécutif à la longévité exceptionnelle, il a souligné l’urgence de réduire le fossé béant qui sépare une infime minorité privilégiée de la vaste majorité des citoyens vivant dans la précarité. En évoquant la nécessité de lutter contre la corruption, le pape a posé un regard lucide sur les réalités du pays, alors même que le vice-président Teodorin Obiang, figure controversée du régime, assistait au protocole. Au-delà des cercles officiels, c’est au contact de la foule, lors d’une traversée à pied du centre de Malabo sous haute sécurité, que le visage du pontife s’est véritablement éclairé, témoignant de la ferveur des fidèles. Les jours à venir, rythmés par des rencontres avec la société civile et le monde culturel, permettront d’évaluer l’impact réel de ces messages de réforme dans un contexte social particulièrement sensible.
Flora HOUNSOUNOU
