Justice et Affaire Dangnivo : 30 ans de réclusion requis contre Codjo Alofa (avant un nouveau renvoi du procès)

Les rouages de l’institution judiciaire s’ajustent face à l’un des dossiers criminels les plus complexes de l’histoire contemporaine du Bénin. C’est désormais officiel : le ministère public, représenté par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, a présenté ses réquisitions ce mercredi 15 juillet 2026, réclamant une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Codjo Alofa, principal accusé dans l’affaire de la disparition du syndicaliste Pierre Urbain Dangnivo.

Cette prise de position fait suite à une longue série d’audiences et à un coup de théâtre procédural marqué par la requalification des faits initialement reprochés aux prévenus. Le procureur Olushègun Tidjani Serpos a en effet demandé à la cour de retenir la complicité de meurtre avec coauteurs contre Codjo Alofa, assortie d’une amende de 150 millions de francs CFA, tout en sollicitant la restitution tant attendue des restes de la dépouille de la victime à sa famille ; quant au coaccusé Donatien Amoussou, le parquet a requis une requalification en escroquerie assortie d’une peine de 60 mois de prison ferme.

La résolution de ce procès hors norme revêt une importance capitale pour mettre un terme à seize années de mystères et de tensions politiques. L’audience a cependant été suspendue et renvoyée suite à la vive protestation des avocats de la défense, qui, s’estimant surpris par cette requalification de dernière minute, ont exigé un délai de 48 heures pour réorganiser leur plaidoirie, menaçant de se retirer purement et simplement du procès en cas de refus du tribunal.

Marie Immaculée VODOUNSI.

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