Le projet de création d’une devise sous-régionale entre dans une phase opérationnelle décisive. Les instances de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont confirmé l’accélération des travaux techniques et institutionnels afin d’assurer l’avènement de l’Eco à l’horizon 2027.
Cette dynamique renforcée fait suite aux récentes concertations des chefs d’État et des gouverneurs des banques centrales de la région. Pour concrétiser cette feuille de route, l’organisation privilégie une approche pragmatique axée sur la convergence macroéconomique progressive. Ainsi, seuls les pays respectant strictes exigences budgétaires et monétaires — notamment un déficit inférieur ou égal à 3 % du PIB et une inflation contenue sous les 10 % — lanceront la monnaie unique dans un premier temps.
Au-delà de l’aboutissement juridique lié au dépôt officiel du nom « Eco » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), plusieurs chantiers techniques majeurs restent en cours de finalisation. Les travaux portent activement sur le choix du régime de change (arbitrage entre parité fixe et taux flexible), la structuration de la future Banque centrale fédérale et la prise en compte du poids économique prépondérant du Nigeria. Pour les pays de la zone UEMOA, ce passage à l’Eco matérialisera également la fin définitive de la tutelle financière historique du Franc CFA.
Le succès de cette transition monétaire s’avère stratégique pour consolider l’autonomie financière de l’espace ouest-africain, fluidifier les échanges commerciaux intrarégionaux et réduire les coûts de transaction pour les acteurs économiques. En maintenant ce cap avec fermeté, la CEDEAO réaffirme sa volonté politique de parachever l’intégration économique de la sous-région.
Marie Immaculée VODOUNSI
