Le gouvernement béninois a déployé deux mesures phares visant à transformer le secteur de la santé et à garantir le bien-être sanitaire de tous les citoyens. Ces réformes ambitieuses s’attaquent simultanément à la digitalisation administrative et à l’amélioration de la qualité des services dans les centres hospitaliers publics. La première innovation majeure est la mise en place de guichets de services d’identification au sein même des hôpitaux. En collaboration avec l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), dix grands hôpitaux, stratégiquement répartis entre le Nord et le Sud du pays, abritent désormais des guichets dédiés. Cette initiative rapproche l’administration des citoyens en facilitant l’enregistrement des actes d’état civil, notamment la déclaration immédiate des naissances et l’enrôlement au Registre des Actes de Volontariat pour l’Identification des Personnes (Ravip). Les citoyens peuvent également y mettre à jour des données essentielles (numéro de téléphone, photo, signature). Cette mesure met fin aux longues et coûteuses démarches qui obligeaient les populations, notamment en zones rurales, à parcourir des kilomètres et à patienter dans les mairies. Elle allège ainsi les files d’attente, réduit les cas d’oubli ou de retard de déclaration, et renforce par conséquent la fiabilité de la chaîne statistique nationale. Parallèlement à la digitalisation, une seconde réforme cible la réorganisation des centres hospitaliers de référence (CNHU de Cotonou, hôpitaux de Parakou, Porto-Novo, Bohicon, Natitingou, etc.). Ces établissements sont identifiés comme des pôles de services modernisés, dans le but d’améliorer l’accessibilité des soins de qualité sur l’ensemble du territoire. Cette réorganisation s’accompagne d’une lutte sans merci contre les pratiques jugées en discordance avec la mission du secteur de la santé. Le gouvernement entend décourager fermement le mauvais accueil, le rançonnement, la vente illicite de médicaments et autres dérives nuisant à la confiance des populations. Cette politique requiert de nouvelles compétences au sein du personnel, une meilleure coordination avec l’Anip, et une transparence accrue pour garantir des services de santé plus accessibles et de meilleure qualité. Ces mesures viennent compléter un éventail d’actions déjà engagées, telles que la dotation des hôpitaux d’équipements de pointe, la construction de nouvelles infrastructures comme le CHIC d’Abomey-Calavi, l’amélioration des conditions d’accouchement (lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales) et la formation du corps médical. Malgré les défis persistants, ces politiques ambitieuses témoignent de la volonté du gouvernement de restructurer durablement le système sanitaire du pays, en misant sur la modernisation et une procédure clairement inclusive.
Flora HOUNSOUNOU
